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Une rentrée scolaire sous haute tension

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À l’approche de la rentrée scolaire prévue pour octobre 2025, Haïti se trouve confrontée à un double défi : d’une part, la réhabilitation urgente de nombreux établissements scolaires délabrés, en particulier dans des zones vulnérables telles que le Nord, le Sud et certains quartiers populaires comme Cité Soleil ; d’autre part, l’accompagnement indispensable des parents et des élèves dans un contexte économique, social et sécuritaire difficile. La problématique centrale demeure la suivante : comment coordonner efficacement l’ensemble des acteurs – gouvernement, ministère de l’Éducation nationale (MENFP), syndicats d’enseignants, maisons d’édition et associations de parents – pour assurer une rentrée scolaire inclusive, matérielle et pédagogique ?

L’engagement affiché par le FNE

Invitée récemment à l’émission Le Point sur Télé Métropole, la directrice générale du Fonds national pour l’éducation (FNE), Sterline Civil, a apporté des précisions sur les actions en cours. Elle révèle que plusieurs instances du gouvernement planchent afin de définir des stratégies pour accompagner les parents, les élèves et les écoles dans la perspective de cette rentrée. Concrètement, plus d’une centaine d’écoles sont en cours de réhabilitation à travers le pays.

Vers une rentrée solidaire et coordonnée

Au-delà des travaux d’infrastructures, d’autres actions sont indispensables pour accompagner les familles. D’abord, la question des manuels scolaires demeure une priorité. Le gouvernement envisage de travailler de concert avec les maisons d’édition locales afin de négocier des prix réduits, voire d’obtenir des subventions pour rendre les ouvrages accessibles aux parents, particulièrement ceux issus des milieux les plus vulnérables.

Cette coopération permettrait aussi de diversifier les ressources pédagogiques mises à disposition, en intégrant du matériel didactique adapté et des supports innovants.

Ensuite, les associations de parents seront appelées à jouer un rôle central. Elles devront participer activement à la gestion scolaire et être impliquées dans des ateliers d’information visant à sensibiliser les familles sur les droits et les opportunités offertes en matière d’aide scolaire. Cette démarche favorisera une gouvernance plus proche des réalités locales et contribuera à responsabiliser la communauté éducative.

Parallèlement, les syndicats d’enseignants seront intégrés à la planification de la rentrée. Leur implication permettra de traiter en amont des préoccupations majeures, telles que la surcharge des classes, les conditions de travail ou encore la sécurité dans les établissements. Un effort particulier sera également consenti pour garantir un accompagnement salarial et logistique aux enseignants, afin de stabiliser le personnel et d’assurer une reprise sans interruption.

Enfin, le MENFP, en coordination avec le FNE, devra veiller à harmoniser les réhabilitations physiques avec les besoins pédagogiques. Cela suppose aussi de mettre à disposition des kits scolaires pour les élèves, afin de leur offrir le minimum nécessaire — cahiers, fournitures et outils de travail — pour commencer l’année dans de meilleures conditions.

Une rentrée décisive pour l’avenir

La rentrée scolaire 2025 représente un moment charnière pour l’éducation en Haïti. Toutefois, la réussite de ce chantier dépendra de la capacité des différents acteurs – gouvernement, maisons d’édition, syndicats, associations de parents – à travailler ensemble et à mettre en œuvre des solutions concrètes.

Dans un contexte où chaque famille lutte pour offrir un avenir meilleur à ses enfants, l’école doit rester un espace d’espoir et de reconstruction. La coordination des efforts, l’accompagnement des parents et le soutien aux enseignants seront donc les clés pour que chaque élève puisse retrouver le chemin de l’école, dans la dignité et avec les outils nécessaires pour apprendre.

La nature réelle des gangs de VIV ANSANM en Haiti (Live 185)

La mauvaise utilisation de l’unité SWAT prouve que les dirigeants haïtiens ne comprennent même pas la nature du problème auquel le pays est confronté. Le SWAT team ne peut pas être efficace en terrain ouvert.

C’est une unité spécialisée, conçue aux Etats-Unis à partir de 1960, pour attaquer des cibles fixes dans le cadre des scénarios de prises d’otage, de braquage de banque, etc.

Même quand on l’utilise parfois en position défensive comme escorte, la mission principale des SWAT reste l’attaque de cibles fixes. Donc, sa contribution dans la guerre actuelle contre les gangs de la coalition VIV ANSANM devrait être l’attaque des bâtiments où les chefs de gangs sont localisés, mais non pour mener des guerres de tranchées dans les forêts ou dans la jungle.

Les combats contre des groupes de guérilleros de VIV ANSANM en milieu rural (Mirebalais, Artibonite, Kenscoff) doivent être menés avec des unités militaires spécialisées accompagnées de groupes d’autodéfense dans chaque section communale, renforcés par des agents du BSAP. Il faut une occupation du terrain et un effet de nombre.

Utiliser des policiers SWAT dans ce genre d’opérations ne peut pas engendrer de résultats durables.
Si l’élite qui dirige ce pays au niveau du gouvernement ou de la police n’arrive pas à comprendre la nature des gangs et comment adapter la force publique à la situation, le peuple haitien doit conclure qu’il ne peut rien attendre des dirigeants actuels.

Car, il est impossible de gagner une guerre contre-insurrectionnelle avec des leaders incompétents et corrompus.

Si les Etats-Unis n’ont pas atteint leurs objectifs en Afghanistan, c’est parce qu’ils avaient comme partenaires des dirigeants locaux corrompus qui détournaient les ressources fournies.

C’est tellement difficile et complexe de reprendre le contrôle d’un territoire contrôlé si longtemps par des groupes de civils armés, affiliés à des organisations criminelles internationales, que le facteur premier de toute réussite est d’avoir des dirigeants assez compétents pour faire un bon diagnostique et honnêtes pour mettre en place une gouvernance capable de rétablir la confiance et la légitimité de l’Etat.

(Cyrus Sibert, Ajanda Lakay)

Le Collectif Kenbe Kapò w dénonce la situation chaotique à la douane du Cap-Haïtien

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Le Collectif Kenbe Kapò w tire la sonnette d’alarme face au dysfonctionnement de la douane du Cap-Haïtien, devenue, selon lui, « l’un des symboles les plus criants de l’injustice économique en Haïti ».

Dans un communiqué rendu public, le collectif exprime sa profonde inquiétude quant à la dérive d’une institution qui, au lieu de jouer son rôle de moteur de croissance, « s’est transformée en un véritable goulet d’étranglement qui asphyxie la classe moyenne et fragilise la population ».

Des citoyens contraints d’abandonner leurs biens

Selon Kenbe Kapò w, la situation a atteint un tel niveau que de nombreux citoyens, incapables de supporter les frais « injustes et exorbitants », sont contraints de laisser à la douane leurs voitures, conteneurs ou cargaisons entières. Une réalité qui, selon le collectif, illustre la logique d’enrichissement personnel ayant pris le pas sur la mission première de l’administration douanière.

Appel à des réformes profondes

Le Collectif réclame des mesures urgentes pour replacer la douane dans son rôle central de levier économique. Il propose notamment :
• l’instauration de tarifs clairs, transparents et justes, accessibles à tous les citoyens ;
• la mise en place d’une gestion équitable et responsable ;
• et la redéfinition de l’institution douanière comme pilier de relance au service de l’économie nationale, plutôt qu’outil de spoliation.

Un pilier à reconstruire

« La douane du Cap-Haïtien ne doit pas être un lieu de souffrance pour la population, mais un pilier de relance et d’espoir », insiste Kenbe Kapò w. Le collectif souligne que le respect des citoyens et la justice économique constituent des conditions incontournables pour restaurer la confiance et bâtir un avenir meilleur.

Haiti/Table Sectorielle sur la Sécurité : remise d’un rapport aux autorités par le CARDH

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Le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) a remis, le 2 septembre 2025 à l’hôtel Karibe, le rapport issu de la première série de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) au Conseil présidentiel de transition et aux partenaires impliqués dans la sécurité en Haïti.

Une cérémonie officielle s’est tenue pour la remise des Actes des réunions et conférences de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS). Organisée par le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH), cette initiative vise à rassembler divers acteurs, institutions publiques, forces de sécurité, magistrats, organisations de la société civile et experts des droits humains, afin de discuter des défis sécuritaires en Haïti et de formuler des recommandations concrètes.

Le CARDH, créé en 2008, est une organisation haïtienne de la société civile dont la mission est de promouvoir et de défendre les droits humains dans le pays. Il bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations Unies et utilise la TSS comme plateforme pour améliorer la gouvernance et renforcer le respect de l’État de droit.

La Table Sectorielle sur la Sécurité a tenu sa première série de réunions et conférences du 17 décembre 2024 au 28 août 2025. Les discussions ont porté sur la sécurité publique et les problématiques connexes et ont permis de formuler des recommandations à l’attention du gouvernement, des forces de sécurité, des organisations de défense des droits humains, de la société civile et des partenaires internationaux.

Parmi les personnalités présentes à la cérémonie figuraient Berson Soljour, représentant le Directeur de la Police Nationale d’Haïti, Frinel Joseph, Conseiller-Président du Conseil présidentiel de transition, Roosevelt Cadet, nouveau commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, ainsi que des représentants de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) et d’autres acteurs clés du secteur sécuritaire.

Le CARDH a remercié toutes les parties prenantes pour leur participation, les organisations de défense des droits humains, les acteurs judiciaires pour leur analyse des défis sécuritaires sous l’angle du droit, les forces publiques pour leur contribution technique, la MMAS pour son soutien et son éclairage sur les opérations, ainsi que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) pour son appui technique constant.

Ce document constitue une feuille de route précieuse pour renforcer la sécurité, l’État de droit et la coopération entre les différents acteurs nationaux et internationaux.

Ce rapport de la TSS, fruit de ces échanges, a été officiellement reçu par Frinel Joseph, membre du Conseil présidentiel de transition (CPT), et aussi aux représentants des forces de l’ordre ainsi qu’aux partenaires internationaux impliqués dans la lutte contre l’insécurité en Haïti.

La rédaction

Quand les blindés s’éclipsent et les gangs paradent : l’expression d’un État complice

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Par Jean Wesley Pierre

Ce lundi 1er septembre 2025 restera comme un nouveau symbole de l’effondrement sécuritaire en Haïti. Dans une vidéo devenue virale, Krisla, chef du gang qui contrôle Ti Bwa, Carrefour et leurs environs, a fait circuler son cortège de plus d’une douzaine de véhicules dans les rues de Port-au-Prince, sans être inquiété.

Plus choquant encore : quelques minutes avant son passage, des véhicules blindés de la police, pourtant postés sur ces mêmes axes routiers, avaient mystérieusement quitté les postes.

Une scène qui interroge

Pour beaucoup, ce spectacle n’est pas un hasard mais la preuve flagrante d’une collusion entre certains secteurs de l’État et les groupes armés. Élie, habitant de Carrefour, ne cache pas son indignation : « Ce n’est pas la première fois que la police et les hauts gradés nous montrent qu’ils sont complices des gangs. »

Marcelline, déplacée de Carrefour-Feuilles, abonde dans le même sens : « Se akoz de yo si jodi a mwen pa lakay mwen, se yo ki bay bandi zòn nan. » Derrière ces témoignages, c’est toute une population meurtrie qui crie sa colère et son sentiment d’abandon.

L’État absent ou complice ?

Laisser un chef de gang défiler en plein jour, au nez et à la barbe des forces de l’ordre, relève soit de l’incompétence, soit d’une complicité active. Dans un contexte où les déplacés internes se comptent par centaines de milliers et où des quartiers entiers vivent sous la loi des caïds, l’État semble avoir abdiqué son rôle régalien.

Pire encore, de nombreux citoyens perçoivent la police comme un acteur participant à la mise en scène de cette violence, que ce soit par sa passivité, ses connivences ou ses propres exactions.

Une population prise en étau

Le peuple haïtien vit désormais entre trois feux : la barbarie des gangs, la brutalité des forces de l’ordre et le cynisme de dirigeants qui instrumentalisent la terreur.

Les habitants fuient leurs maisons, trouvent refuge dans des camps insalubres, et subissent en plus les raquettes et abus des brigades censées les protéger. Comment parler encore de « lutte contre l’insécurité » quand les blindés disparaissent opportunément avant l’arrivée d’un cortège criminel ?

Le prix du silence

L’indifférence ou la complicité des autorités ne sont pas seulement une faillite morale, elles représentent aussi une stratégie politique. Le chaos sécuritaire profite à ceux qui veulent un peuple affaibli, soumis et incapable de réclamer ses droits.

Tant que la peur régnera dans les quartiers, tant que les déplacés seront entassés dans des conditions indignes, la population aura d’autres priorités que de demander des comptes sur la corruption, la misère ou la gestion du pays.

Une urgence nationale

Haïti ne pourra se relever tant que la gangstérisation du système restera une réalité tolérée, voire organisée. Les images de Krisla paradant librement de Fontamara à Canaan sont bien plus qu’une humiliation : elles incarnent le pacte tacite entre dirigeants et criminels, où le peuple n’est qu’un dommage collatéral.

Tant que cette complicité ne sera pas rompue, parler de « sécurité » ne sera qu’un leurre de plus dans un pays pris en otage.

Accident mortel impliquant la MMSS à Pèlerin: l’Ambassade américaine exprime sa tristesse

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PÉTION-VILLE.— Un grave accident est survenu dans la soirée du dimanche 31 août 2025 à Pélerin 9. L’un des véhicules blindés de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), engagé dans un convoi revenant d’une mission à Kenscoff, a perdu le contrôle à la suite d’une défaillance des freins lors d’une descente. Le bilan provisoire fait état de trois morts, dont deux policiers kényans, ainsi que plusieurs blessés graves.

Une tragédie révélatrice des risques opérationnels

Cet incident dramatique survient dans un contexte où la MMAS tente d’intensifier ses opérations conjointes avec la Police nationale d’Haïti (PNH) afin de réduire l’influence croissante des gangs armés, de la coalition Viv Ansanm. Déployés dans des zones à forte instabilité, les contingents étrangers se heurtent non seulement aux menaces sécuritaires, mais aussi à des défis logistiques majeurs.

Les routes dégradées et inadaptées aux engins lourds constituent un facteur aggravant qui complique davantage les interventions.

La réaction des États-Unis

Peu après l’accident, l’Ambassade des États-Unis en Haïti a publié un message de condoléances sur le réseau social X. «Les États-Unis sont profondément attristés par l’accident du véhicule de la MMAS survenu ce soir à Kenscoff. Nos pensées et nos prières vont aux familles et amis des personnes décédées, et nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés», a indiqué la représentation diplomatique, réaffirmant ainsi son soutien aux forces internationales engagées pour la stabilisation du pays.

Les causes exactes de la défaillance technique demeurent incertaines. Une enquête a été ouverte afin de déterminer si l’accident résulte d’un défaut mécanique ou de l’état dégradé des infrastructures routières. Dans l’attente des conclusions, les autorités haïtiennes et la MMAS sont appelées à renforcer les mesures de sécurité et de maintenance des véhicules blindés, afin de prévenir de nouveaux drames.

Jean Mapou

Haiti/Table Sectorielle sur la Sécurité : remise d’un rapport aux autorités par le CARDH

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Le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) a remis, le 2 septembre 2025 à l’hôtel Karibe, le rapport issu de la première série de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) au Conseil présidentiel de transition et aux partenaires impliqués dans la sécurité en Haïti.

Une cérémonie officielle s’est tenue pour la remise des Actes des réunions et conférences de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS). Organisée par le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH), cette initiative vise à rassembler divers acteurs, institutions publiques, forces de sécurité, magistrats, organisations de la société civile et experts des droits humains, afin de discuter des défis sécuritaires en Haïti et de formuler des recommandations concrètes.

Le CARDH, créé en 2008, est une organisation haïtienne de la société civile dont la mission est de promouvoir et de défendre les droits humains dans le pays. Il bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations Unies et utilise la TSS comme plateforme pour améliorer la gouvernance et renforcer le respect de l’État de droit.

La Table Sectorielle sur la Sécurité a tenu sa première série de réunions et conférences du 17 décembre 2024 au 28 août 2025. Les discussions ont porté sur la sécurité publique et les problématiques connexes et ont permis de formuler des recommandations à l’attention du gouvernement, des forces de sécurité, des organisations de défense des droits humains, de la société civile et des partenaires internationaux.

Parmi les personnalités présentes à la cérémonie figuraient Berson Soljour, représentant le Directeur de la Police Nationale d’Haïti, Frinel Joseph, Conseiller-Président du Conseil présidentiel de transition, Roosevelt Cadet, nouveau commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, ainsi que des représentants de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) et d’autres acteurs clés du secteur sécuritaire.

Le CARDH a remercié toutes les parties prenantes pour leur participation, les organisations de défense des droits humains, les acteurs judiciaires pour leur analyse des défis sécuritaires sous l’angle du droit, les forces publiques pour leur contribution technique, la MMAS pour son soutien et son éclairage sur les opérations, ainsi que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) pour son appui technique constant.

Ce document constitue une feuille de route précieuse pour renforcer la sécurité, l’État de droit et la coopération entre les différents acteurs nationaux et internationaux.

Ce rapport de la TSS, fruit de ces échanges, a été officiellement reçu par Frinel Joseph, membre du Conseil présidentiel de transition (CPT), et aussi aux représentants des forces de l’ordre ainsi qu’aux partenaires internationaux impliqués dans la lutte contre l’insécurité en Haïti.

La rédaction

Réforme constitutionnelle: le Barreau de Port-au-Prince alerte sur une «fraude constitutionnelle»

PORT-AU-PRINCE.— Dans un climat politique marqué par l’incertitude et la méfiance citoyenne, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a reçu, à sa résidence officielle, une délégation du Barreau de Port-au-Prince conduite par le bâtonnier Me Patrick Pierre-Louis. La rencontre, tenue autour de l’avant-projet de Constitution, récemment remis au Conseil Présidentiel de Transition, visait à intégrer l’avis de la corporation des avocats dans le processus de réforme.

Les informations circulant autour de cette rencontre ont fait état des tensions qui ont marqué les échanges. Alors que la position officielle du gouvernement a soulevé le contraire.

En effet, selon un communiqué de la Primature, le chef du gouvernement a salué «la contribution du Barreau à ce débat d’intérêt national», réaffirmant la volonté de l’Exécutif de «placer la réforme constitutionnelle au rang de ses priorités».

L’objectif affiché reste de renforcer les institutions et de rassembler les forces vives du pays autour d’un projet de refondation.

De l’autre côté, Le rapport accablant du Barreau

Mais le ton du rapport remis par le Barreau tranche avec l’optimisme gouvernemental. Les juristes dénoncent une initiative entachée «d’irrégularité juridique et d’illégitimité», qualifiant l’avant-projet de «fraude constitutionnelle».

Selon eux, aucune des conditions fondamentales pour ouvrir un véritable processus constituant rupture de l’ordre juridique, consensus national, ou changement de régime validé par un plébiscite n’a été réunie.

Le texte, élaboré par un Comité de Pilotage à huis clos, est jugé vicié sur la forme et sur le fond. «Les autorités de transition, liées par leur serment de respecter la Constitution de 1987, ne peuvent initier un acte constituant originaire sans rupture préalable de l’ordre juridique», rappelle le rapport.

Un processus jugé opaque et frauduleux

Le Barreau conteste également la «prétendue Conférence nationale» censée légitimer le processus, affirmant qu’elle n’a jamais eu lieu. Pour ses membres, l’ensemble de la démarche s’apparente à une manœuvre frauduleuse et une tentative d’imposture visant à tromper la Nation.

En l’absence de Parlement fonctionnel et de mécanismes légitimes de révision constitutionnelle, toute tentative de ce type serait, selon eux, juridiquement nulle et politiquement risquée.

Le projet constitutionnel, remis officiellement le 28 août au Conseil Présidentiel de Transition, continue de diviser la société haïtienne. Si certains y voient une opportunité de refondation, d’autres, comme le Barreau de Port-au-Prince, y perçoivent une menace pour l’ordre constitutionnel et la stabilité politique.

La prise de position du Barreau de Port-au-Prince, à la fois symbolique et juridiquement argumentée, ouvre un nouveau front dans le débat autour de la réforme constitutionnelle. Elle oblige désormais le gouvernement et le Conseil de Transition à composer avec une opposition institutionnelle plus structurée, décidée à défendre la Constitution de 1987 et à contester toute tentative jugée illégitime de refonte de la Loi mère.

Jean Mapou

Un nouveau contingent de Marines américains en Haïti pour renforcer la sécurité diplomatique

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TABARRE, Haïti.— Les États-Unis ont annoncé, ce dimanche 31 août 2025, le déploiement d’un nouveau contingent de Marines en Haïti. Cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par l’aggravation de l’insécurité et les menaces persistantes qui pèsent sur les missions diplomatiques étrangères, notamment à Port-au-Prince.

Selon un communiqué de l’Ambassade des États-Unis, cette mesure a été prise en coordination avec le gouvernement haïtien et à la demande de la représentation diplomatique américaine. Les Marines fraîchement déployés ont, pour première mission, de renforcer la protection des installations et du personnel diplomatique. Ce déploiement s’accompagne également d’une rotation des troupes déjà présentes sur le terrain.

Au-delà de la sécurisation de l’ambassade, Washington a précisé que ses forces contribueront indirectement aux efforts de stabilisation, en soutenant la Police Nationale d’Haïti (PNH) et la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS). L’objectif est de consolider les capacités locales et internationales face à la montée en puissance des gangs armés et à la dégradation généralisée des conditions de sécurité.

L’ambassade a également signalé que ce contingent est en mesure de mener des opérations d’urgence, en fonction de l’évolution de la situation. Cette ouverture traduit la volonté américaine de jouer un rôle actif, non seulement dans la protection de ses intérêts, mais aussi dans l’assistance humanitaire et la stabilisation du pays.

Ce déploiement traduit une nouvelle étape dans l’engagement américain en Haïti. Toutefois, il ravive le débat sur la présence militaire étrangère dans le pays et sur l’efficacité de ces interventions face à une crise multiforme. La communauté internationale, déjà attentive aux résultats de la MMSS, suivra de près l’impact de cette initiative sur l’équilibre sécuritaire et politique local.

Jean Mapou

Le Collectif Kenbe Kapò w dénonce la situation chaotique à la douane du Cap-Haïtien

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Le Collectif Kenbe Kapò w tire la sonnette d’alarme face au dysfonctionnement de la douane du Cap-Haïtien, devenue, selon lui, « l’un des symboles les plus criants de l’injustice économique en Haïti ».

Dans un communiqué rendu public, le collectif exprime sa profonde inquiétude quant à la dérive d’une institution qui, au lieu de jouer son rôle de moteur de croissance, « s’est transformée en un véritable goulet d’étranglement qui asphyxie la classe moyenne et fragilise la population ».

Des citoyens contraints d’abandonner leurs biens

Selon Kenbe Kapò w, la situation a atteint un tel niveau que de nombreux citoyens, incapables de supporter les frais « injustes et exorbitants », sont contraints de laisser à la douane leurs voitures, conteneurs ou cargaisons entières. Une réalité qui, selon le collectif, illustre la logique d’enrichissement personnel ayant pris le pas sur la mission première de l’administration douanière.

Appel à des réformes profondes

Le Collectif réclame des mesures urgentes pour replacer la douane dans son rôle central de levier économique. Il propose notamment :
• l’instauration de tarifs clairs, transparents et justes, accessibles à tous les citoyens ;
• la mise en place d’une gestion équitable et responsable ;
• et la redéfinition de l’institution douanière comme pilier de relance au service de l’économie nationale, plutôt qu’outil de spoliation.

Un pilier à reconstruire

« La douane du Cap-Haïtien ne doit pas être un lieu de souffrance pour la population, mais un pilier de relance et d’espoir », insiste Kenbe Kapò w. Le collectif souligne que le respect des citoyens et la justice économique constituent des conditions incontournables pour restaurer la confiance et bâtir un avenir meilleur.