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Clôture de la série d’exercices de simulation nationale 2025 dans le Sud-Est

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JACMEL, Haïti.— La Direction générale de la Protection civile (DGPC) a, officiellement, clôturé, le lundi 8 septembre 2025, la série d’exercices de simulation nationale sur les risques hydrométéorologiques dans le département du Sud-Est. L’initiative, lancée le 3 septembre, a mobilisé les communes de Bainet, Marigot et Jacmel, avec la participation active des comités territoriaux et des brigades communales de protection civile.

Plusieurs partenaires internationaux, dont OCHA, le PNUD, l’OIM et le PAM, y ont apporté leur appui technique et logistique, selon un rapport de la DPC. Ces exercices visaient à évaluer et renforcer les capacités opérationnelles des acteurs locaux face aux menaces cycloniques et à améliorer les dispositifs de réponse communautaire.

Début des activités

Destiné au comité départemental de gestion des risques et désastres du Sud-Est, deux exercices avancés ont été réalisés à Marigot et Bainet le samedi 6 septembre, à l’aide d’un bac à sable permettant de simuler la gestion d’un ouragan majeur. Ces simulations ont testé la coordination des interventions, l’optimisation des ressources et le renforcement de la gouvernance locale.

Le lundi 8 septembre, l’exercice final a mobilisé quatre centres d’opérations d’urgence, dont le niveau national. Il a permis d’évaluer l’efficacité des brigades récemment formées, la coordination entre autorités locales et nationales, ainsi que la maîtrise des gestes de premiers secours, de sauvetage et de gestion d’incidents complexes. La continuité des soins a également été intégrée grâce à la participation des acteurs pré hospitaliers et hospitaliers.

Un engagement salué par les communautés locales

Les habitants et les autorités locales ont salué le réalisme des exercices et l’engagement des brigadiers. Les maires ont souligné leur professionnalisme, leur discipline et leur détermination, tandis que les volontaires ont réaffirmé leur volonté de protéger leurs communautés et de contribuer activement à la gestion des risques.

Vers une résilience renforcée

À travers cette série d’exercices, la DGPC confirme sa volonté de consolider un réseau de volontaires formés, encadrés et équipés. Elle entend poursuivre une stratégie de préparation proactive afin de réduire l’impact des catastrophes naturelles sur les populations vulnérables.

Par ces initiatives, la DGPC réaffirme son rôle central au sein du Système national de gestion des risques et désastres (SNGRD), en œuvrant pour une meilleure coordination et une réactivité accrue face aux urgences. Objectif: garantir une protection optimale des populations et accroître la résilience des communautés face aux aléas climatiques.

Jean Mapou

Odsonne Édouard choisit Haïti : un renfort majeur avant la fin des qualifications du Mondial 2026

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L’équipe nationale haïtienne de football s’apprête à accueillir un renfort de premier plan. Selon un communiqué publié par Dynamique Info Sport, l’attaquant du RC Lens, Odsonne Édouard, a donné son accord pour rejoindre la sélection haïtienne avant la fin des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026.

Âgé de 27 ans, Odsonne Édouard a été formé au Paris Saint-Germain (PSG) avant de poursuivre sa carrière en Écosse avec le Celtic Glasgow, où il s’est imposé comme l’un des meilleurs buteurs du championnat. Il a ensuite évolué en Premier League avec Crystal Palace, avant de rejoindre récemment le RC Lens en Ligue 1.

Reconnu pour son sens du but, sa puissance et son expérience au haut niveau européen, Édouard représente un renfort offensif considérable pour les Grenadiers. Son arrivée est perçue comme un véritable coup de pouce dans la quête d’Haïti pour une qualification historique au Mondial 2026.

Le communiqué précise que l’intégration du joueur est imminente, même si la date exacte n’a pas encore été dévoilée. La Fédération Haïtienne de Football (FHF) devrait rapidement officialiser les démarches administratives afin de lui permettre de porter les couleurs haïtiennes dans les prochaines rencontres décisives.

Avec Édouard dans ses rangs, la sélection nationale gagne non seulement en efficacité offensive, mais également en profondeur d’effectif. Les supporters haïtiens nourrissent désormais de grands espoirs, convaincus que son arrivée pourrait peser lourd dans la balance pour décrocher un billet en vue du Mondial nord-américain.

Mardoché D’Août

𝐌𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞́𝐫𝐞́𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐦𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞

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𝑃𝑜𝑒̀𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Elle, c’est mon pays qui se redresse
pleine de soleil, de cocotier et de rivage,
avec des rires qui font la ronde,
avec ses courbes qui me sourient.

Je dis : ses hanches sont collines.
Je dis : ses collines sont rivières.
Je dis : ses rivières sont promesses.
Et les promesses battent dans ma gorge.

Mon paysage préféré, ses yeux :
marge ouverte sur mes horizons,
piment brûlant mon feu d’amour
sucre de canne dansant dans l’aube.

Quand elle marche, les saisons marchent.
Quand elle respire, les arbres soupirent.
Quand elle rit, les dieux se penchent.

Elle est marché tous mes matins,
un cri d’oiseaux réveillant Dieu.
Quand l’homme en moi titube un peu,
elle est parfum de drap mouillé :
de sueurs, de chants et de mes rêves

Comme mon pays, elle a son ciel.
Comme mon pays, elle a ses sources.
Elle est mon hymne, comme mon pays.

Ma chanson préférée est sa voix :
baguette qui guette
tambour de foudre,
souffle qui brise, souffle qui relève.

Mon pays préféré est ma femme.
Pas besoin de drapeau,
pas besoin de frontière.
Je suis un sédentaire !


Chicago, 10 septembre 2025

𝐌𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞́𝐫𝐞́𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐦𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞

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𝑃𝑜𝑒̀𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Elle, c’est mon pays qui se redresse
pleine de soleil, de cocotier et de rivage,
avec des rires qui font la ronde,
avec ses courbes qui me sourient.

Je dis : ses hanches sont collines.
Je dis : ses collines sont rivières.
Je dis : ses rivières sont promesses.
Et les promesses battent dans ma gorge.

Mon paysage préféré, ses yeux :
marge ouverte sur mes horizons,
piment brûlant mon feu d’amour
sucre de canne dansant dans l’aube.

Quand elle marche, les saisons marchent.
Quand elle respire, les arbres soupirent.
Quand elle rit, les dieux se penchent.

Elle est marché tous mes matins,
un cri d’oiseaux réveillant Dieu.
Quand l’homme en moi titube un peu,
elle est parfum de drap mouillé :
de sueurs, de chants et de mes rêves

Comme mon pays, elle a son ciel.
Comme mon pays, elle a ses sources.
Elle est mon hymne, comme mon pays.

Ma chanson préférée est sa voix :
baguette qui guette
tambour de foudre,
souffle qui brise, souffle qui relève.

Mon pays préféré est ma femme.
Pas besoin de drapeau,
pas besoin de frontière.
Je suis un sédentaire !


Chicago, 10 septembre 2025

La «IAPA» condamne les menaces contre le journaliste haïtien Joseph Guyler C. Delva

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MIAMI, Etats-Unis.— L’Association interaméricaine de la presse (IAPA) a, fermement condamné, mardi, les menaces visant le journaliste haïtien Joseph Guyler C. Delva, défenseur de la liberté de la presse et secrétaire général de l’organisation SOS Journalistes Haïti.

Delva, également vice-président régional de la «IAPA» au Comité pour la liberté de la presse et de l’information, fait l’objet depuis début août d’un harcèlement persistant et de menaces de mort proférées par des individus non identifiés.

Ces intimidations l’ont contraint à suspendre ses activités professionnelles et à se retirer temporairement de l’émission sociopolitique Matin Caraïbes qu’il coanimait sur Radio Caraïbes.

Le journaliste a en outre révélé une tentative visant à l’associer faussement à des gangs armés, un projet abandonné par les autorités haïtiennes en raison de son potentiel de discrédit pour la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Appel à la protection des journalistes

Dans un communiqué, le président de la IAPA, José Roberto Dutriz, directeur de La Prensa Gráfica au Salvador, a exprimé sa solidarité avec Delva et dénoncé «un climat de harcèlement et de menaces qui illustre la vulnérabilité des journalistes en Haïti et constitue une atteinte grave à la liberté de la presse».

De son côté, Martha Ramos, présidente du Comité pour la liberté de la presse et de l’information de la IAPA et directrice éditoriale de l’Organización Editorial Mexicana (OEM), a lancé un appel urgent aux autorités haïtiennes.

«Nous demandons des mesures immédiates et efficaces pour garantir la sécurité physique de Joseph Guyler C. Delva et permettre à tous les journalistes d’Haïti d’exercer leur métier», a-t-elle dit, soulignant que les menaces contre un journaliste sont des menaces contre la société tout entière.

Un climat délétère pour la presse

Delva et l’organisation SOS Journalistes ont par ailleurs dénoncé des pratiques discriminatoires, notamment leur exclusion récente d’une initiative de soutien à la presse locale.

Haïti demeure confrontée à une violence endémique, une instabilité politique et une insécurité généralisée, des conditions qui entravent sérieusement le travail des médias. Le Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a qualifié le pays de «l’environnement le plus difficile pour la liberté de la presse dans l’hémisphère».

Jean Mapou

Haïti : Quarante ans d’illusions démocratiques et de prédation politique

Introduction : l’espérance trahie

Le 7 février 1986, le peuple haïtien croyait ouvrir la porte d’un matin neuf. Jean-Claude Duvalier quittait le pouvoir et, derrière lui, on rêvait d’un pays réconcilié avec ses enfants. La Constitution de 1987, brandie comme une “Bible républicaine”, devait devenir le socle d’un nouvel avenir.

Quarante ans plus tard, l’histoire s’écrit autrement : non comme une marche vers la lumière, mais comme une longue errance au bord de l’abîme. Les promesses d’hier se sont muées en illusions répétées, les institutions en coquilles vides, et la démocratie en paravent pour des ambitions privées.

Une élite en recyclage permanent

Les mêmes visages hantent la vie publique depuis quatre décennies. Tantôt ministres, tantôt législateurs, parfois ambassadeurs ou propagandistes, ils traversent les régimes en se maintenant dans les cercles du pouvoir. Ils orchestrent des coups d’État, influencent des élections, négocient des postes dans la pénombre des ministères.

Ils proposent sans cesse les mêmes remèdes : nouvelle Constitution, référendum, élections, comme si l’avenir du pays pouvait tenir dans cette litanie. Ce refrain est devenu une berceuse politique, un chant monotone qui endort la nation et l’empêche d’imaginer d’autres horizons.

Le paradoxe constitutionnel

La Constitution de 1987 fut une promesse d’État de droit. Mais très vite, elle fut accusée de tous les maux. On l’amenda pour calmer la tempête ; la tempête redoubla.

Ce paradoxe illustre ce que Pierson (2000) appelle la path dependence : des choix initiaux qui enferment un pays dans une trajectoire rigide, même lorsqu’elle conduit à l’échec. Haïti a pris un chemin circulaire, une spirale où chaque amendement, loin d’ouvrir des horizons, resserre la cage institutionnelle (Fatton, 2014).

Une jeunesse déjà compromise

On espérait que la jeunesse romprait le cercle. Mais elle s’y est engouffrée. Plus avide parfois que ses aînés, elle reproduit les gestes d’hier : corruption, clientélisme, incompétence. La relève est souvent un miroir fragmenté, reflétant les mêmes travers sous des visages nouveaux.

Ainsi s’effondre la confiance civique (Putnam, 1993) : les citoyens les plus sincères, écœurés, se retirent du combat. La politique devient un théâtre déserté par les idéalistes, abandonné aux cyniques.

Quarante ans de paupérisation

Dans ce théâtre, le décor est cruel : la majorité survit sans eau, sans soins, sans école, tandis qu’une minorité accumule villas, voitures et terres. C’est l’illustration d’une économie d’extraction (Acemoglu & Robinson, 2012), où l’État se réduit à un guichet de privilèges.

Pendant que le peuple s’appauvrit, ceux qui prétendaient bâtir la démocratie se bâtissent des empires privés. La République se vide, les palais particuliers s’élèvent.

Conclusion : rompre le cycle des illusions

Le 7 février 2026 ne sera pas seulement une date : ce sera une cicatrice de quarante ans. Une cicatrice qui dit l’échec d’une génération de gouvernants incapables d’imaginer autre chose que ce qu’ils ont déjà détruit.

Mais reconnaître cet échec n’est pas renoncer. C’est faire un pas vers la lucidité. Car Haïti ne se relèvera pas avec un énième référendum ni avec une Constitution réchauffée. Elle se relèvera si une autre voix, encore inaudible mais nécessaire, ose proposer un horizon différent.

Peut-être qu’alors, après quarante ans d’illusions, viendra enfin le temps d’une espérance véritable.

Yves Lafortune

Références

Acemoglu, D., & Robinson, J. A. (2012). Why Nations Fail: The Origins of Power, Prosperity, and Poverty. Crown Publishing Group.

Fatton, R. Jr. (2013). Haiti: Trapped in the Outer Periphery. Lynne Rienner Publishers.

Pierson, P. (2000). Increasing Returns, Path Dependence, and the Study of Politics. American Political Science Review, 94(2), 251–267.

Pressman, J. L., & Wildavsky, A. B. (1973). Implementation: How Great Expectations in Washington Are Dashed in Oakland. University of California Press.

Putnam, R. D. (1993). Making Democracy Work: Civic Traditions in Modern Italy. Princeton University Press.

Wanderson Zamy, tué devant le ministère, figure parmi les admis au Baccalauréat 2025

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Les résultats officiels du baccalauréat 2025 sont désormais connus. Parmi les candidats admis figure le nom de Wanderson Zamy, le jeune élève du collège Canado-
Haïtien, tragiquement abattu devant le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) lors d’une manifestation d’enseignants.

Wanderson n’aura malheureusement jamais l’occasion de savourer le fruit de sa réussite. Élève de NS4, il n’a pu partager avec ses camarades ni avec sa famille la joie d’un tel accomplissement.

Sa mort brutale continue de révolter la jeunesse haïtienne, qui réclame justice. Le présumé meurtrier a déjà été interpellé et se trouve actuellement à la DCPJ, où il est entendu dans le cadre de l’enquête en cours.

En parallèle, le MENFP a annoncé un taux national de réussite de 63,32 %. Les épreuves, organisées du 23 au 27 juillet, ont réuni environ 39 195 élèves de classe terminale.

Selon les documents officiels publiés par le ministère, près de 15 945 candidats n’ont pas été admis, soit environ 40 % d’échecs au niveau national.

JI

La «IAPA» condamne les menaces contre le journaliste haïtien Joseph Guyler C. Delva

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MIAMI, Etats-Unis.— L’Association interaméricaine de la presse (IAPA) a, fermement condamné, mardi, les menaces visant le journaliste haïtien Joseph Guyler C. Delva, défenseur de la liberté de la presse et secrétaire général de l’organisation SOS Journalistes Haïti.

Delva, également vice-président régional de la «IAPA» au Comité pour la liberté de la presse et de l’information, fait l’objet depuis début août d’un harcèlement persistant et de menaces de mort proférées par des individus non identifiés.

Ces intimidations l’ont contraint à suspendre ses activités professionnelles et à se retirer temporairement de l’émission sociopolitique Matin Caraïbes qu’il coanimait sur Radio Caraïbes.

Le journaliste a en outre révélé une tentative visant à l’associer faussement à des gangs armés, un projet abandonné par les autorités haïtiennes en raison de son potentiel de discrédit pour la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Appel à la protection des journalistes

Dans un communiqué, le président de la IAPA, José Roberto Dutriz, directeur de La Prensa Gráfica au Salvador, a exprimé sa solidarité avec Delva et dénoncé «un climat de harcèlement et de menaces qui illustre la vulnérabilité des journalistes en Haïti et constitue une atteinte grave à la liberté de la presse».

De son côté, Martha Ramos, présidente du Comité pour la liberté de la presse et de l’information de la IAPA et directrice éditoriale de l’Organización Editorial Mexicana (OEM), a lancé un appel urgent aux autorités haïtiennes.

«Nous demandons des mesures immédiates et efficaces pour garantir la sécurité physique de Joseph Guyler C. Delva et permettre à tous les journalistes d’Haïti d’exercer leur métier», a-t-elle dit, soulignant que les menaces contre un journaliste sont des menaces contre la société tout entière.

Un climat délétère pour la presse

Delva et l’organisation SOS Journalistes ont par ailleurs dénoncé des pratiques discriminatoires, notamment leur exclusion récente d’une initiative de soutien à la presse locale.

Haïti demeure confrontée à une violence endémique, une instabilité politique et une insécurité généralisée, des conditions qui entravent sérieusement le travail des médias. Le Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a qualifié le pays de «l’environnement le plus difficile pour la liberté de la presse dans l’hémisphère».

Jean Mapou

Mercredi Noir : la France paralysée entre colère sociale et crise politique

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Par Jean Wesley Pierre

La France traverse une période d’instabilité profonde, où la crise institutionnelle se superpose à une mobilisation sociale de grande ampleur. L’opération baptisée « Bloquons tout » de ce mercredi 10 septembre 2025, qui s’annonce comme le début d’une longue série, illustre cette colère diffuse qui s’exprime dans les rues comme dans les débats parlementaires.

Elle ne se limite plus à des revendications sectorielles mais traduit une remise en cause globale de la gouvernance d’Emmanuel Macron, de son choix des Premiers ministres successifs et du rapport de force entre l’exécutif et le législatif.

Le blocage des grandes places publiques, la paralysie des axes routiers et l’occupation de la place du Châtelet témoignent de la détermination des manifestants, mais soulèvent aussi des interrogations sur l’efficacité réelle d’une telle stratégie.

La dimension institutionnelle de la crise est majeure. La nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre, après la chute successive de Michel Barnier puis de François Bayrou, est perçue comme une provocation. Le président de la République persiste à imposer des personnalités issues de son cercle rapproché, malgré la perte de sa majorité parlementaire à la suite de la dissolution de 2024.

L’opposition, conduite par Manuel Bompard et les députés de La France insoumise, exige que Lecornu engage sa responsabilité dès l’ouverture de la session parlementaire par un vote de confiance. Faute de quoi, une motion de censure sera déposée au titre de l’article 49.2 de la Constitution. Le risque d’un nouveau bras de fer institutionnel est donc imminent, et il accentue le sentiment de blocage politique.

Les discours des différentes figures politiques révèlent un clivage profond. Manuel Bompard dénonce un « déni de démocratie » et rappelle que l’Assemblée nationale a déjà renversé deux Premiers ministres en moins d’un an.

Louis Boyard souligne, quant à lui, le sentiment d’impuissance qui traverse la population : manifestations ignorées, pétitions balayées, réformes imposées par le 49-3. Dans son analyse, la seule issue crédible réside dans la démission du président ou la convocation d’une nouvelle élection présidentielle.

À l’opposé, l’éditorialiste Charles Consigny appelle à une politique de rigueur et critique la récupération des colères sociales par la gauche radicale. Pour lui, la France doit accepter des réformes douloureuses afin d’éviter la dégradation des retraites, du logement étudiant et du financement des services publics.

Ce contraste de positions illustre la fracture politique entre une partie du pays qui demande plus de redistribution et une autre qui insiste sur l’austérité budgétaire.

Sur le plan social, la colère est alimentée par un profond sentiment d’injustice. Les propos de François Bayrou désignant les retraités comme responsables de la dette publique ont indigné une génération déjà fragilisée par la hausse du coût de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat. Les jeunes, quant à eux, se sentent abandonnés face à une précarité croissante, des loyers inaccessibles et des perspectives d’emploi limitées.

Dans ce contexte, « Bloquons tout » devient un catalyseur des frustrations, un mouvement qui unit temporairement des générations et des classes sociales autour d’un rejet commun des institutions actuelles.

Les conséquences économiques des blocages commencent à se faire sentir. Les paralysies de circulation entraînent des pertes pour les entreprises, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique et du commerce. Les livraisons retardées désorganisent les chaînes d’approvisionnement, ce qui alimente à son tour une hausse des prix et accentue l’inflation.

Dans certaines zones, les commerçants dénoncent une baisse de fréquentation et craignent pour la survie de leurs activités si le mouvement s’installe dans la durée. Pour l’État, cette agitation sociale fragilise davantage la confiance des marchés financiers et pourrait compliquer le financement de la dette publique. L’impact budgétaire d’un tel climat de tension est d’autant plus préoccupant que la France fait face à des déficits persistants.

Le résultat de « Bloquons tout » reste incertain. Si le mouvement parvient à maintenir une pression constante, il pourrait forcer Emmanuel Macron à accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de l’opposition, ce qui ouvrirait la voie à une recomposition institutionnelle.

À l’inverse, si la mobilisation s’essouffle ou se radicalise, elle risque de provoquer une lassitude dans l’opinion publique, alimentant le discours selon lequel la France serait condamnée au désordre permanent. Dans ce cas, le pouvoir exécutif pourrait, paradoxalement, en sortir renforcé en jouant sur le rejet de la « paralysie du pays ».

La situation actuelle met en lumière un dilemme majeur : soit les mobilisations débouchent sur un compromis politique structuré capable de redonner une légitimité aux institutions, soit elles s’enlisent dans une spirale de blocages et de tensions sans issue claire.

L’opération « Bloquons tout » est donc à la fois un cri d’alerte et un test pour la démocratie française. Elle révèle que les citoyens ne se contentent plus de protester contre des mesures isolées, mais qu’ils contestent le système politique dans son ensemble.

Le succès ou l’échec de cette mobilisation déterminera en grande partie l’avenir de la vie démocratique dans les mois à venir.

DUVALIÉRISME ET CORRUPTION : UNE HISTOIRE QUI CONTINUE D’EMPOISONNER HAÏTI

Par Pierre Josué Agénor CADET

La corruption est l’un des maux les plus corrosifs qui minent la société haïtienne depuis des décennies. Elle sape les institutions, fragilise l’économie et détruit la confiance entre l’État et la population. Sous le régime du président à vie François Duvalier (22 octobre 1957- 21 avril 1971), ce fléau prit une dimension institutionnelle et systémique. Au-delà de la dictature, c’est la corruption érigée en mode de gouvernance qui a contribué à l’affaiblissement durable de l’État et à la déstructuration de la société haïtienne. Cet article propose un éclairage sur les mécanismes de la corruption durant cette période et leurs conséquences néfastes sur l’économie et la stabilité du pays.

Dès son arrivée au pouvoir, François Duvalier entreprit de consolider son autorité en créant un réseau de clientélisme et de loyautés personnelles. Dans son obsession de contrôler toutes les sphères de la vie nationale et d’anéantir ses opposants, il ouvrit de véritables « couloirs de corruption » au bénéfice de ses collaborateurs les plus fidèles. Les surfacturations, les détournements de fonds, les pots-de-vin, les subventions fictives et autres formes d’enrichissement illicite devinrent pratiques courantes au sein de l’administration publique.

Le dictateur lui-même, loin de lutter contre ces dérives, les encourageait en exigeant directement de ses ministres et hauts fonctionnaires de fortes sommes en espèces. Le cas de Joseph Châtelain, directeur de la Banque de la République d’Haïti, est révélateur : refusant de se plier à ce chantage indécent, il dut s’exiler précipitamment avec sa famille après avoir trouvé refuge à l’ambassade des États-Unis.

Parfois, la corruption prenait des proportions tellement scandaleuses que le président à vie était contraint de sanctionner certains collaborateurs. Un ministre, par exemple, fut renvoyé pour détournements de fonds provenant d’une aide américaine. Pourtant, ce « remercié » continua à bénéficier des privilèges du régime, preuve que la lutte contre la corruption n’était qu’une façade.

La stratégie de Duvalier ne se limitait pas à son entourage immédiat. Il sut aussi utiliser la corruption comme une arme politique. Syndicalistes, leaders d’organisations sociales, dirigeants de partis et même certains opposants furent achetés à coup « d’enveloppes cachetées ». Cette politique d’achat des consciences neutralisa une partie de la contestation sociale et permit au régime de se maintenir par un mélange de répression et de corruption.

Mais ce système eut des conséquences dramatiques. L’économie, saignée par les détournements et l’absence d’investissements productifs, s’enfonça dans une crise structurelle. À un moment donné, l’État fut incapable d’assurer régulièrement le paiement de ses propres employés, signe manifeste d’une faillite administrative et financière. La corruption, au lieu d’être un accident ou une dérive, était devenue le moteur du système politique, transformant l’État en machine au service d’intérêts particuliers au détriment de la collectivité.

L’exemple du régime de François Duvalier illustre comment la corruption, lorsqu’elle est institutionnalisée, peut ruiner un pays et détruire la confiance dans l’État. Ce fléau a contribué à l’appauvrissement de la société, à l’affaiblissement des institutions et à la fragilisation de la démocratie. L’héritage de cette époque pèse encore lourdement sur la gouvernance haïtienne contemporaine, où la corruption continue d’être un obstacle majeur au développement. Comprendre ces pratiques du passé est essentiel pour construire une culture de transparence et de responsabilité capable de sortir Haïti du cercle vicieux de la prédation politique et administrative.

(Extrait du 35ème livre « Histoire politique d’Haïti de 1804 à 2025 ou Mémoire d’un État capturé », de Pierre Josué Agénor Cadet, à paraître prochainement)