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Jean-Kévin Duverne fait ses débuts avec le KAA Gent

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Dimanche 14 septembre 2025 était une date importante pour Jean-Kévin Duverne : l’international haïtien a disputé son premier match officiel sous les couleurs du KAA Gent, et ce, dans le cadre de la 7ᵉ journée de la première division belge. L’adversaire ? Le Royal Antwerp – une épreuve de taille.

Duverne est entré en jeu dès la 21ᵉ minute, remplaçant Samuel Kotto, expulsé dès la 14ᵉ minute. Dès son entrée, il fallait gérer la pression : défendre, organiser, impulser. Gent s’en est bien sorti puisqu’ils ont remporté le match 2-1 sur la pelouse adverse.

Le Grenadier a été actif. Il a touché 32 ballons, ce qui montre qu’il n’a pas été mis à l’écart malgré le contexte difficile. Son taux de passes réussies : environ 86 % (3 passes ratées sur 21 tentées). Il a gagné deux duels, effectué deux longues passes correctes (avec ~67 % de réussite), réussi sept dégagements, et fait un tacle. Mais pas de match parfait : il a perdu trois ballons et a commis deux fautes.

Avec cette victoire, Gent prend trois points précieux face à un concurrent du haut du classement. Actuellement, l’équipe occupe la 11ᵉ place en D1 belge, avec huit points au compteur.

Le prochain rendez-vous se profile déjà : Gent affrontera Dender, le 19 septembre.

Mardoché D’Août

Massacre à Labodrie : le gouvernement et encore ses promesses de ripostes

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Après trois jours de silence, à la suite du massacre de près d’une cinquantaine de personnes dans la localité de Labodrie, à l’Arcahaie, le 11 septembre 2025, le gouvernement a enfin brisé son mutisme. Une réaction tardive qui se traduit encore par des promesses de réplique, alors que les critiques fusent sur ce silence jugé trop long.

Alors que des voix se sont élevées, que des appels à l’aide se sont multipliés, rien n’a empêché ce nouveau carnage. Les attaques menées par les hommes armés de Cabaret contre la population de Labodrie sont survenues en représailles après la mort de leur chef, Vladimir alias Vlad, abattu le 7 septembre par la Police nationale d’Haïti (PNH).

Les habitants, accusés d’être des informateurs, ont été la cible de représailles sanglantes : plus d’une cinquantaine de personnes ont péri entre le 11 et le 12 septembre.

Face aux critiques, la Primature a publié ce 15 septembre un communiqué intitulé « L’État mobilisé contre la terreur des gangs ». Le gouvernement dit avoir convoqué d’urgence le Haut commandement de la PNH et assure avoir donné des instructions fermes pour sécuriser la zone, traquer les bandes armées responsables et porter assistance aux familles victimes.

« Ces criminels, qui s’en prennent lâchement à des familles entières, ne triompheront pas : la République ne cédera jamais face à la barbarie », peut-on lire dans ce communiqué relayé sur les réseaux sociaux de la Primature.

Le texte promet le déploiement d’unités spécialisées, un renforcement du quadrillage sécuritaire autour de Cabaret et de l’Arcahaie, ainsi que des opérations de traque pour neutraliser les assaillants. La Primature affirme aussi que chaque institution de l’État est engagée dans cette bataille et que « les gangs ne seront jamais plus puissants que la République ».

Mais au-delà des mots, c’est l’efficacité des actions annoncées qui sera scrutée par une population de plus en plus meurtrie et désabusée face à la répétition des tragédies.

La rédaction

Massacre de Cabaret: Duckenson Lorthe Blema indigné face à la barbarie du gang Viv Ansanm

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PORT-AU-PRINCE.— La population haïtienne est de nouveau frappée par une tragédie. À Cabaret, le groupe criminel «Viv Ansanm» a perpétré un massacre d’une rare cruauté, emportant dans la violence aveugle des vies innocentes: femmes, enfants et familles entières. Un acte qualifié d’odieux, inhumain et révoltant par l’ancien ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Duckenson Lorthe Blema, qui appelle à briser le silence et à exiger justice.

Un crime contre la nation

Pour Dr Lorthe Blema, il ne s’agit pas seulement d’un crime contre des individus, mais d’une attaque directe contre «la nation, notre humanité et notre avenir». Dans une déclaration solennelle, il interpelle la société haïtienne et la communauté internationale :

«Jusqu’à quand allons-nous tolérer que la terre de nos ancêtres soit souillée par la peur, la terreur et le sang?»

Refus de la banalisation

L’ancien ministre dénonce la passivité collective et le silence complice qui contribuent à l’enracinement de la violence en Haïti. «Nous disons NON à la banalisation de la violence NON à la complicité par le silence, NON à l’abandon des plus vulnérables», a-t-il martelé.

Pour lui, chaque vie arrachée par la barbarie de Viv Ansanm constitue une blessure infligée à tout un peuple, une atteinte à sa dignité et à sa cohésion sociale.

Appel à la justice et à l’action collective

La déclaration insiste sur la nécessité d’une réponse ferme: « Les responsables doivent être traduits en justice. La population civile doit être protégée. »

La mobilisation nationale et internationale doit devenir une urgence, selon les termes employés dans cette note. «À toutes les victimes de Viv Ansanm, nous ne vous oublierons pas. Votre sang crie justice, et votre douleur est celle de tout un peuple en quête de paix, de sécurité et de respect», pouvait-on lire

Un devoir de mémoire et de résistance

L’ancien ministre se veut également porteur d’un message d’espoir et de résistance: «Haïti ne mourra pas. La mémoire est une arme, l’indignation est un devoir, et l’action collective est la seule voie vers la libération», a écrit l’ancien ministre concluant sa note de dénonciation par un appel à l’unité et à l’action cotoyenne: «Nou tout nou kab vin viktim. Men ansanm nou kapab leve, kanpe, defann sa ki jis».

Jean Mapou

Barbarie à Cabaret: une cinquantaine de personnes dénombrées. Le secrétaire général de l’ONU choqué

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Faisant l’objet de menaces de la part des membres de la coalition criminelle armée Viv Ansanm depuis plusieurs semaines, les habitants de la commune de Cabaret dans le département de l’ouest, ont finalement été attaqués par les caïds du gang 5 secondes.

Arrivés par voie maritime en pleine nuit, les bandits ont incendié plusieurs maisons au niveau de la section communale de Labodri, et ont exécuté plus d’une cinquantaine de personnes, notamment des enfants, des femmes et de vieillards.

Face à l’ampleur du drame, des organisations locales de la communes, et d’autres voix indignées, consternées, et revoltées suite à ces series d’assassinats crapuleux, ont appellé les plus hautes autorités du pays à agir de manière urgente afin de contrer les actions des bandits, qui menacent de prendre le contrôle total de Cabaret

Les autorités locales continuent de solliciter l’accompagnement des unités spécialisées de la Police Nationale d’haïti et de la MMSS.

Réactions de l’international

Le drame de Labodri n’a pas laissé indifférent le secrétaire général des Nations Unies et l’ambassade Américaines à Port au Prince, qui ont condamné les exactions commises par Viv Ansanm dans la nuit du 11 septembre dernier à Cabaret.

Dans une publication sur son compte officiel facebook, l’ambassade a présenté ses sympathies aux parents et familles des personnes assassinées, et souhaité que des actions urgentes et concrètes soient posées pour securiser la population civile face à ces criminels.

Une alerte a été activée par les Nations Unies aux autorités haïtiennes, suite aux attaques perpétrées sur la population civile à Cabaret. Se disant indigné et consterné devant ce drame le sécrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres,

Dans sa prise de position sur ce drame crapuleux qui a coûté la vie à des Femmes, des enfants, et également des personnes âgées, Antonio Guterres a lancé un vibrant appel aux différents états membres afin d’accentuer les dispositions pouvant transformer la MMAS en une force qui devrait être dotée de moyens logistiques adéquats, du personnel, ainsi que les moyens financiers nécessaires, afin de permettre à ladite mission de lutter contre l’insécurité et le grand banditisme, qui enfonce le pays de plus en plus.

Dans son intervention Gutierrez a salué la mémoire des victimes, et également présenté ses condoléances émues aux familles et prôches de ces derniers, au Gouvernement, et plus particulièrement au peuple haïtien.

Préoccupé face à l’escalade de la violence dans le pays, le secrétaire Général des Nations Unies a exigé que les auteurs, et toutes personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces violations de droit humains flagrantes contre la population civile, soient poursuivies et traduites par devant les autorités judiciaires.

Les Nations Unies comptent toujours sur les autorités haitiennes pour arriver à créer des conditions devant aboutir à l’instauration d’un climat de sécurité en Haïti. Soixante douze heures après le massacre, la population de Cabaret et des zones avoisinantes, est encore sous le choc. Qui pis est, livrée à elle-même, elle ne pense qu’à fuir.

Jacques Innocent

Journée mondiale des Premiers secours : le Centre ambulancier national s’en souvient

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Le Centre ambulancier national (CAN) a marqué ce 13 septembre la Journée mondiale des Premiers secours. Dans une activité rassemblant différentes personnalités haïtiennes et étrangères, le CAN a pu remettre au représentant du CP Louis Gérald Gilles un document cadrant le CAN.

Sous la houlette du directeur général, Me Renand Aristide, cette journée a pu mettre en avant le rôle des premiers secours dans la vie quotidienne, notamment en Haïti.

Étaient présents à l’activité, Dr Harry Eloi, président du conseil d’administration ; des représentants de Médecins sans frontières ; des représentants du programme HERO ; Mozart Clérisson, secrétaire d’État à l’alphabétisation ; l’ambassadeur de Taïwan en Haïti ; le chef de cabinet du Conseiller-Président Louis Gérald Gilles, Brad Bartholy Cadet ; et tant d’autres personnes.

Sous le thème annuel « Premiers secours et changements climatiques », cette journée a permis de reconnaître que chaque geste peut sauver. Instituée depuis 2000 par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, chaque 2e samedi du mois de septembre, cette journée est célébrée, d’où cette année un encouragement à l’apprentissage des gestes qui sauvent face aux enjeux climatiques actuels.

Dans l’activité, on a eu la présentation du programme HERO, né du constat d’un manque criant dans le domaine des secours après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti. Cette initiative avec ses partenaires offre ses services avec des matériels sophistiqués dont des aéronefs, ambulances entre autres, et assure même le transfert de certains cas à l’étranger.

Puis, la présentation de la Direction des soins d’urgence (DSU) par Mme Albertha Mervil. Elle a présenté les différents services ainsi que les matériels entrant dans le processus de prise en charge des premiers secours de la DSU du CAN.

Dans son discours de circonstance, le directeur, Me Aristide, a mis en exergue le courage des employés du CAN indistinctement, qui malgré les vents et marrée ne cessent de sauver des vies partout en Haïti. Citant les chauffeurs, infirmières, brancardiers, secouristes, tous qui participent aux lourdes tâches de sauvetage. Il a aussi mis en avant les efforts effectués et a promis d’apporter des améliorations.

Différentes personnalités ont été honorées pour les valeureux travaux effectués, dont deux chauffeurs dans le Grand Nord et une ménagère de la direction à Port-au-Prince, entre autres. Puis, le directeur général et le président du conseil d’administration ont remis au représentant du conseiller Louis Gérald Gilles le document du plan national de réponse du CAN aux urgences sanitaires.

Haïti est souvent frappée par des catastrophes causant morts et blessés. Les prises en charge ne sont toutefois pas si accessibles, vu que certaines zones sont inaccessibles, ne permettant pas la libre circulation, même pour les ambulances. C’est dans ce même cadre que même les MSF, organisation non gouvernementale, ont cessé leurs actions à Port-au-Prince, afin de montrer la précarité dans le secteur de la prise en charge rapide des gens dans le besoin.

La rédaction

Justice et dignité humaine : Quand les magistrats plaident pour l’effectivité des garanties judiciaires

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Les 9 et 10 septembre 2025, à l’hôtel Karibe, l’Association Professionnelle des Magistrats (APM) a tenu un atelier, consacré aux garanties judiciaires en matière pénale. Sous le regard du nouveau Code de procédure pénale, magistrats, officiers de police judiciaire et partenaires techniques ont confronté un double défi : celui d’une justice qui cherche à s’affirmer dans ses principes et celui d’une pratique trop souvent minée par les dérives autoritaires, les violations des droits fondamentaux et la méfiance de la population.

Le cœur de la justice : Protéger même l’accusé

La notion de garanties judiciaires dépasse le formalisme juridique. Elle constitue, selon le président de l’APM, Marthel Jean Claude, « un socle éthique et légal que ni les magistrats ni la police ne peuvent ignorer ».

Concrètement, il s’agit de rappeler que l’État ne peut poursuivre un citoyen que dans le respect de sa dignité. Être accusé d’un crime ou d’un délit, même grave, n’annule pas le statut d’être humain porteur de droits.

Parmi ces droits figurent : l’assistance d’un avocat dès le premier interrogatoire, l’interdiction de contraindre un individu à témoigner contre lui-même, et l’obligation de traiter toute personne privée de liberté avec respect. Ce sont des garde-fous essentiels contre les abus, les aveux extorqués et les procédures arbitraires.

Entre textes et réalités : le gouffre haïtien

Mais en Haïti, ces principes restent trop souvent théoriques. Dans les commissariats, l’accès à un avocat demeure une exception, un luxe ; les détentions préventives prolongées, comme l’a si bien mentionné le professeur Paul Eronce Villard en affirmant que seulement 10 % des prisonniers sont jugés et que 90 % sont en détention préventive prolongé, cela illustre chaque jour le non-respect des délais légaux ; et de nombreux citoyens accusés n’ont aucune idée des droits que la loi leur reconnaît.

C’est ce constat qu’a voulu corriger l’APM en organisant cet atelier. L’objectif : passer de la lettre de la loi à sa mise en œuvre réelle. Le représentant résident adjoint du PNUD, Xavier Michon, a d’ailleurs insisté : « Les textes ne sont pas suffisants, il faut que les acteurs s’en imprègnent et les appliquent. Ce que nous voulons, c’est passer de la rhétorique à la pratique. »

Des obligations déontologiques, des sanctions disciplinaires

L’atelier a mis en lumière une dimension souvent négligée : le respect des garanties judiciaires n’est pas une faveur, mais une obligation déontologique. En d’autres termes, c’est le cœur même du métier de magistrat et d’officier de police judiciaire.

Les violations à ces principes peuvent et doivent donner lieu à des sanctions disciplinaires. Cette affirmation est fondamentale dans un système où l’impunité fragilise non seulement la justice, mais aussi l’autorité de l’État tout entier.

Une justice décrédibilisée par ses propres manquements

La crédibilité de l’institution judiciaire se joue ici. Chaque arrestation arbitraire, chaque détention abusive, chaque procès mené sans avocat contribue à creuser le fossé entre la justice et le peuple. Dans une société où la défiance vis-à-vis des institutions est profonde, garantir les droits fondamentaux des justiciables n’est pas un luxe juridique : c’est un acte de survie pour l’État de droit.

Du symbole à la pratique : un chantier à poursuivre

Les échanges de Karibe ont permis de rappeler l’évidence : un pays ne peut aspirer à la démocratie en négligeant la justice. Mais l’enjeu reste la mise en pratique. Sans mécanismes de contrôle efficaces, sans volonté politique réelle, sans ressources, sans moyens adéquat pour garantir la présence d’avocats, l’atelier risque de n’être qu’un exercice rhétorique de plus.

Pourtant, le signal envoyé est important : Magistrats et partenaires internationaux semblent décidés à transformer le discours en actes. Si cette dynamique se poursuit, elle pourrait contribuer à redonner à la justice haïtienne un peu de cette légitimité qu’elle a largement perdue.

Jean Wesley Pierre

Rentrée Scolaire 2025-2026: Le MENFP annonce des décisions pour garantir la réussite de l’année

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Lors d’une conférence de presse ce vendredi 12 septembre 2025, le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle a annoncé un ensemble de mesures en vue de la rentrée la scolaire pour l’année académique 2025-2026.

Le MENFP se dit mobilisé pour assurer une bonne réouverture des classes pour cette nouvelle année académique. Dans cette perspective, de nombreuses décisions ont été prises pour faciliter le retour des élèves dans les salles de classe.

Ces mesures concernent et les parents, les établissements scolaires, les élèves ainsi que les professeurs.

En ce qui a trait aux parents et familles, des accompagnements financiers sont annoncés. À travers le programme cash-transfert, le MENFP de concert avec le ministère des affaires sociales et du travail, compte supporter plus 240 mille parents.

« Avant le premier octobre des parents recevront des cash à travers les réseaux moncash ou Natcash un support aux fins de leur permettre de mieux préparer la rentrée», a déclaré le Directeur général du ministère, Yves Roblin.

Des milliers de bons d’achat seront distribués aux parents a fait savoir la Directrice générale du FNE, Sterline Civil, présente à la conférence de presse conjointe. Des livres et des kits scolaires seront également distribués. De concert avec le programme de cantines scolaires, des plats chauds seront distribués dans plusieurs écoles du pays au profit des élèves.

En ce qui concerne les écoles, si l’on veut croire les dires de la directrice du FNE, 118 établissements scolaires dans le grand Nord et du grand sud sont déjà subventionnés. Une somme de 450 millions de gourdes décaissées pour assurer la rentrée.

Selon Mme Civil, 110 millions de gourdes en faveur des universités du grand Nord et du grand sud; 58 millions pour le Nord et 52 millions faveur des établissements universitaires du sud.

Pour les écoles du grand Nord et du grand sud, 170 million de gourdes sont débloquées. Le FNE annonce également le réhabilitation de plusieurs infrastructures scolaires à travers tout le pays.

Les professeurs auront également des accompagnements. Un chèque de 60 mille gourdes leur sera remis en lieu et place de la carte de débit. Cette somme est équivalente à 4 mois. Soit 15 mille gourdes par mois qui devraient être déposés sur la carte de débit.

Encore cette année, le MENFP maintient le même thème: restaurer l’autorité de l’école. Et, c’est le département du Nord-est qui a accueillera le lancement, a annoncé le ministre de l’éducation nationale, Augustin Antoine. Plus de 4 millions d’élèves attendent la réouverture des classes sur tout le territoire national.

Gedeon Delva

Ouverture des assises criminelles sans jury le lundi 15 septembre 2025 à Port-au-Prince

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Par Jean Wesley Pierre

Après de longues attentes, la justice haïtienne, par la voix du magistrat Roosevelt Cadet, commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, a annoncé la tenue, dès lundi prochain, des assises criminelles sans assistance de jury. Une nouvelle qui en réjouit plus d’un.

Depuis plusieurs années, les assises criminelles se faisaient rares en Haïti, paralysées par l’insécurité, le manque de moyens financiers et les difficultés logistiques. L’annonce du commissaire Roosevelt Cadet marque, donc, un tournant, attendu dans le fonctionnement du système judiciaire haïtien, miné par la surpopulation carcérale et la détention préventive prolongée.

Ces assises permettront de juger un certain nombre de dossiers criminels accumulés, offrant ainsi à de nombreux détenus la possibilité d’être, enfin, fixés sur leur sort.

C’est quoi sans assistance de jury ?

C’est une audience devant un tribunal composé uniquement de magistrats, qui juge des affaires criminelles graves. Ce type de procès notamment en Haïti, vise à accélérer la justice et à résorber la surpopulation carcérale en jugeant plus d’affaires criminelles.

Ce que confirme l’ancien commissaire du gouvernement, Paul Éronce Villard, professeur d’université, interrogé par notre rédaction. Villard a rappelé la composition et le rôle central de ce type de tribunal.

« Lorsque le procès se déroule sans jury, le commissaire du gouvernement représente la société dans les procès. C’est lui qui poursuit tous les criminels; et les crimes qu’il défendra viseront à exiger l’application de la loi et à les prendre comme exemple afin que d’autres ne commettent pas les mêmes crimes », avance Me Villard, comme un postulat.

Aux côtés du commissaire, se retrouvent les avocats de la défense, le président du tribunal, choisi par le doyen, et éventuellement la partie civile, lorsqu’une victime réclame dommages et intérêts.

La formule « sans assistance de jury », selon Villard, présente l’avantage de la rapidité. Cela permet de traiter davantage de dossiers en un temps réduit, contrairement aux procès avec jury, plus lourds et plus médiatisés.

Équilibre du tribunal

Mais l’ancien chef du parquet met en garde : « L’un des plus grands risques, c’est l’impartialité du juge. Si les magistrats ne sont pas impartiaux, s’ils ne sont pas éthiques, c’est un grand risque pour l’accusé, car il est toujours présumé innocent jusqu’à ce que la décision finale soit rendue. »

L’équilibre entre efficacité et garanties judiciaires demeure donc un enjeu crucial pour la crédibilité de ces assises.

Des défis encore à surmonter

Au-delà des aspects juridiques, l’organisation d’une assise criminelle reste un défi logistique et financier. Comme l’explique Villard, l’État doit assurer le transport des détenus, leur alimentation, la sécurité des lieux, l’hébergement du personnel mobilisé, sans oublier l’approvisionnement en carburant pour le fonctionnement du tribunal.

Trop souvent, les fonds ne sont pas débloqués à temps, entraînant des reports ou des annulations. À cela s’ajoute le problème récurrent du manque d’espaces adaptés, le tribunal de Port-au-Prince fonctionnant dans des locaux exigus et mal équipés.

Mais pour l’ancien commissaire, au-delà des contraintes, ces assises représentent « un moment pour montrer la compétence du parquet » et surtout une étape indispensable dans la lutte contre la détention préventive prolongée, fléau majeur du système carcéral haïtien. « La prison est réservée aux condamnés, mais aujourd’hui, près de 90 % de ceux qui y sont emprisonnés ne sont pas condamnés », déplore-t-il.

L’organisation régulière des assises criminelles, même sans jury, apparaît ainsi comme une nécessité pour restaurer un minimum de justice et d’équilibre social.

Reste que le véritable défi dépasse le cadre de ces audiences. Comme le souligne Villard, le problème central demeure la confiance de la population : « Le plus gros problème du système judiciaire haïtien, c’est la confiance. La population ne lui fait pas confiance. Mais s’ils constatent qu’il n’y a pas de parti pris, que les coupables sont condamnés et les innocents libérés, alors la justice pourra reprendre toute sa valeur. »

En ce sens, l’initiative de Roosevelt Cadet, bien qu’imparfaite et contrainte, est perçue comme un signal positif : une justice qui tente, malgré les obstacles, de répondre à ses obligations envers les citoyens.

Ouverture des assises criminelles sans jury le lundi 15 septembre 2025 à Port-au-Prince

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Par Jean Wesley Pierre

Après de longues attentes, la justice haïtienne, par la voix du magistrat Roosevelt Cadet, commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, a annoncé la tenue, dès lundi prochain, des assises criminelles sans assistance de jury. Une nouvelle qui en réjouit plus d’un.

Depuis plusieurs années, les assises criminelles se faisaient rares en Haïti, paralysées par l’insécurité, le manque de moyens financiers et les difficultés logistiques. L’annonce du commissaire Roosevelt Cadet marque, donc, un tournant, attendu dans le fonctionnement du système judiciaire haïtien, miné par la surpopulation carcérale et la détention préventive prolongée.

Ces assises permettront de juger un certain nombre de dossiers criminels accumulés, offrant ainsi à de nombreux détenus la possibilité d’être, enfin, fixés sur leur sort.

C’est quoi sans assistance de jury ?

C’est une audience devant un tribunal composé uniquement de magistrats, qui juge des affaires criminelles graves. Ce type de procès notamment en Haïti, vise à accélérer la justice et à résorber la surpopulation carcérale en jugeant plus d’affaires criminelles.

Ce que confirme l’ancien commissaire du gouvernement, Paul Éronce Villard, professeur d’université, interrogé par notre rédaction. Villard a rappelé la composition et le rôle central de ce type de tribunal.

« Lorsque le procès se déroule sans jury, le commissaire du gouvernement représente la société dans les procès. C’est lui qui poursuit tous les criminels; et les crimes qu’il défendra viseront à exiger l’application de la loi et à les prendre comme exemple afin que d’autres ne commettent pas les mêmes crimes », avance Me Villard, comme un postulat.

Aux côtés du commissaire, se retrouvent les avocats de la défense, le président du tribunal, choisi par le doyen, et éventuellement la partie civile, lorsqu’une victime réclame dommages et intérêts.

La formule « sans assistance de jury », selon Villard, présente l’avantage de la rapidité. Cela permet de traiter davantage de dossiers en un temps réduit, contrairement aux procès avec jury, plus lourds et plus médiatisés.

Équilibre du tribunal

Mais l’ancien chef du parquet met en garde : « L’un des plus grands risques, c’est l’impartialité du juge. Si les magistrats ne sont pas impartiaux, s’ils ne sont pas éthiques, c’est un grand risque pour l’accusé, car il est toujours présumé innocent jusqu’à ce que la décision finale soit rendue. »

L’équilibre entre efficacité et garanties judiciaires demeure donc un enjeu crucial pour la crédibilité de ces assises.

Des défis encore à surmonter

Au-delà des aspects juridiques, l’organisation d’une assise criminelle reste un défi logistique et financier. Comme l’explique Villard, l’État doit assurer le transport des détenus, leur alimentation, la sécurité des lieux, l’hébergement du personnel mobilisé, sans oublier l’approvisionnement en carburant pour le fonctionnement du tribunal.

Trop souvent, les fonds ne sont pas débloqués à temps, entraînant des reports ou des annulations. À cela s’ajoute le problème récurrent du manque d’espaces adaptés, le tribunal de Port-au-Prince fonctionnant dans des locaux exigus et mal équipés.

Mais pour l’ancien commissaire, au-delà des contraintes, ces assises représentent « un moment pour montrer la compétence du parquet » et surtout une étape indispensable dans la lutte contre la détention préventive prolongée, fléau majeur du système carcéral haïtien. « La prison est réservée aux condamnés, mais aujourd’hui, près de 90 % de ceux qui y sont emprisonnés ne sont pas condamnés », déplore-t-il.

L’organisation régulière des assises criminelles, même sans jury, apparaît ainsi comme une nécessité pour restaurer un minimum de justice et d’équilibre social.

Reste que le véritable défi dépasse le cadre de ces audiences. Comme le souligne Villard, le problème central demeure la confiance de la population : « Le plus gros problème du système judiciaire haïtien, c’est la confiance. La population ne lui fait pas confiance. Mais s’ils constatent qu’il n’y a pas de parti pris, que les coupables sont condamnés et les innocents libérés, alors la justice pourra reprendre toute sa valeur. »

En ce sens, l’initiative de Roosevelt Cadet, bien qu’imparfaite et contrainte, est perçue comme un signal positif : une justice qui tente, malgré les obstacles, de répondre à ses obligations envers les citoyens.

Brésilienne : 27 ans et 3 mois de prison pour l’ancien président Jair Bolsonaro

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Par Jean Wesley Pierre

Tentative de coup d’État, manipulation du système électoral et incitation à la violence contre les institutions démocratiques brésiliennes, tels sont les chefs d’accusation pour lesquelles est jugé l’ancien président Brésilien. Il vient d’être déclaré coupable. Selon le dossier de la Cour suprême, Jair Bolsonaro et ses complices ont orchestré un plan visant à renverser le résultat des élections de 2022, qu’il avait perdu face à Luiz Inácio Lula da Silva, avec l’appui de réseaux internes et externes.

Les réactions au Brésil et dans le monde ne se sont pas fait attendre. Au Brésil, la décision a été accueillie par des manifestations de soutien à la démocratie, tandis que des partisans de Bolsonaro exprimaient leur colère dans plusieurs villes.

À l’international, la sentence a été saluée comme un signal fort en faveur de l’État de droit et de l’indépendance judiciaire, notamment dans les pays d’Amérique latine confrontés à des dérives autoritaires.

Pour les analystes politiques, cette décision marque un tournant majeur dans l’histoire politique du Brésil. « C’est un message clair : personne n’est au-dessus de la loi, pas même un ancien président. La démocratie brésilienne vient de montrer sa résilience face aux tentatives de déstabilisation », commente Maude Chirio, historienne et spécialiste du Brésil.

Le procès, largement suivi par les médias nationaux et internationaux, a mis en lumière les liens entre le gouvernement de Bolsonaro et certains cercles politiques et économiques américains. La proximité affichée avec Donald Trump, notamment lors de plusieurs rencontres publiques et échanges diplomatiques, est désormais scrutée à la lumière de cette condamnation, laissant planer des questions sur l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures du Brésil.

Alors que la Cour suprême a précisé que la peine de 27 ans et trois mois sera purgée dans des conditions strictes, le pays se prépare à un impact politique durable.

Cette affaire risque d’alimenter le débat sur la réforme du système électoral brésilien, la surveillance des anciens dirigeants, et la responsabilité pénale des figures publiques dans les démocraties modernes.