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Me Camille Occius salue l’accession de Jacques Desrosiers à la présidence du CEP

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Suite à une élection organisée au sein du conseil électoral provisoire en début week-end, le représentant de la presse, Jacques Desrosiers accède à la présidence du CEP. Une élection qui est saluée par le directeur exécutif de l’observatoire des citoyens pour une nouvelle Haiti.

Dans une déclaration publiée sur son compte X, Me Camille Occius se félicite de la mise en place du nouveau bureau administratif du CEP, issu d’un scrutin tenu le 19 septembre. Toutefois, il avertit que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour assurer la réussite des prochaines élections.

«Je salue le Conseil Électoral Provisoire (CEP) qui s’est doté d’un nouveau bureau administratif. Le représentant du secteur de la presse, Monsieur Jacques Desrosiers, a été élu à la présidence du Conseil, ce vendredi 19 septembre 2025», a écrit M Occius.

Il a, en ce sens, profité pour faire des propositions pour la bonne réussite des prochaines élections.

«​Bien que le CEP progresse sur le plan technique, d’autres conditions sont nécessaires pour garantir la réussite du processus électoral. Il est impératif de : « Garantir un climat de sécurité stable; ​Faciliter l’accès aux documents d’identité; ​Procéder à la relocalisation des électeurs déplacés; ​Établir un accord politique entre le gouvernement et les partis politiques», a conclu le juriste.

Me Occius encourage les dirigeants et les politiques à tout mettre en vue d’éviter toute crise électorale.

Gedeon Delva

Nomination du nouveau directeur de la Douane: Me Evel FANFAN prend fait et cause pour Gérald Remplais

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PORT-AU-PRINCE.— Le gouvernement a annoncé la nomination de Gérald Remplais au poste de Directeur Général de l’Administration Générale des Douanes (AGD). Remplaçant Julcène Édouard, il sera installé, ce lundi, dans ses fonctions.

Tout de suite après l’annonce de nomination, sur les réseaux sociaux, des accusations ont fusé de toutes parts concernant son implication dans le dossier de découverte d’une cargaison d’armes de l’église Epicospale d’Haiti.

Selon Me Evel Fanfan Gérald Remplais a été mis hors de cause à partir d’une ordonnance. D’ailleurs le dossier est actuellement à la cour d’appel.

Se présentant publiquement, foi d’avocat; parlant au nom de l’histoire et de la vérité, Me Fanfan « persiste et signe « que le Monsieur Gérard Remplais qui vient d’être nommé Directeur Général de la douane de Port-au-Prince est l’un des fonctionnaires le plus HONNÊTE que l’administration publique Haitienne n’a jamais connu durant les 30 dernieres années ».

C’est pour cela, il invite, donc, les détracteurs d’aller se renseigner sur l’honeteté, la compétence et le serieux du nouveau directeur général de la douane.

Un parcours fondé sur l’expérience et la rigueur

Spécialiste en législation douanière, commerce international et logistique, Gérald Remplais s’est distingué par l’introduction de systèmes modernes de gestion des données au sein de l’AGD, contribuant à renforcer la transparence et l’efficacité des contrôles. Son expertise lui a également valu d’être sollicité comme consultant par plusieurs ambassades étrangères et organisations internationales.

De l’Inspection générale aux directions de contrôle et de facilitation, il a occupé diverses fonctions stratégiques qui lui confèrent une connaissance approfondie de l’appareil douanier et des enjeux liés à la sécurisation des recettes publiques.

Une mission stratégique

La nomination de Gérald Remplais intervient dans un contexte où l’Administration Générale des Douanes demeure un acteur central de la souveraineté économique du pays. Sa feuille de route s’annonce ambitieuse: renforcer la gouvernance, moderniser les procédures et améliorer la performance opérationnelle de l’institution.

Selon plusieurs de ses collaborateurs, son profil incarne le choix naturel pour conduire l’AGD vers une crédibilité renouvelée et répondre aux défis d’un secteur marqué par la nécessité de conjuguer rigueur dans le contrôle, lutte contre la fraude et facilitation des échanges.

Jean Mapou

Guerre à Gaza : des milliers de Palestiniens fuient, la diplomatie piétine

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Par Jean Wesley Pierre

Un tournant diplomatique majeur s’esquisse dans le conflit israélo-palestinien. Dix (10) pays, dont la France, ont annoncé leur intention de reconnaître officiellement un État palestinien lors d’une conférence qui se tiendra lundi 22 septembre 2025, à New York, en marge de la 80eme Assemblée générale de l’ONU.

Cette initiative, révélée par l’Élysée, intervient alors que l’armée israélienne mène une offensive d’une intensité inédite sur la ville de Gaza, provoquant de nouveaux déplacements massifs de population.

Une reconnaissance coordonnée

Selon un conseiller du président Emmanuel Macron, les pays signataires de cette décision sont la France, l’Andorre, l’Australie, la Belgique, le Canada, le Luxembourg, le Portugal, Malte, le Royaume-Uni et Saint-Marin.

Paris, à l’origine de cette initiative, insiste sur le caractère « non hostile » de ce geste envers Israël. « Reconnaître la Palestine n’est pas un acte contre Israël, mais une étape pour relancer une solution à deux États et isoler le Hamas », a déclaré Emmanuel Macron dans une interview accordée à une chaîne israélienne. Le chef de l’État a par ailleurs averti que toute annexion de la Cisjordanie par Israël constituerait une « ligne rouge claire ».

Pour Elias Sanbar, il s’agit d’« une reconnaissance historique ». Il insiste : « Quand vous reconnaissez un pays, vous ne le reconnaissez pas comme un espace vide, vous reconnaissez un espace occupé par son peuple, et donc son existence. »
De son côté, le député israélien Habib a mis en garde la France contre les conséquences d’une telle décision : « Si jamais il y a une reconnaissance d’un État palestinien, Israël ne restera pas les bras croisés ! La réponse principale sera d’étendre la souveraineté juive. Je n’aime pas parler d’annexion. Israël n’annexe pas la Judée, la Judée est une terre juive depuis près de 3 000 ans. »

Intensification des combats à Gaza

Sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer. L’armée israélienne affirme avoir entamé une offensive « d’une force sans précédent » sur la ville de Gaza, le plus grand centre urbain de l’enclave palestinienne. Elle appelle la population à évacuer, estimant qu’environ 480 000 personnes ont déjà fui depuis la fin août.

La Défense civile de Gaza, sous l’autorité du Hamas, avance un bilan légèrement différent, évoquant 450 000 déplacés. Samedi, au moins 92 Palestiniens ont été tués, dont 70 dans la ville de Gaza, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. L’ONU fait état de 442 décès liés à la faim depuis le début de l’offensive, dont 147 enfants, faute d’accès suffisant à l’aide humanitaire.

Blocage diplomatique à l’ONU

Malgré l’ampleur de la catastrophe humanitaire, le Conseil de sécurité de l’ONU reste paralysé. Jeudi, les États-Unis ont opposé un sixième veto à une résolution réclamant un cessez-le-feu immédiat et l’entrée d’une aide humanitaire d’urgence. « Le monde regarde. Les pleurs des enfants devraient nous percer le cœur », a dénoncé l’ambassadeur pakistanais Asim Iftikhar Ahmad, exprimant la frustration de la majorité des membres du Conseil.

Le représentant d’Israël à l’ONU a, pour sa part, accusé certains pays de transformer la séance en « spectacle ». « Merci d’avoir fait preuve de leadership en opposant un droit de veto à cette résolution biaisée », a-t-il déclaré, tout en attaquant l’Algérie : « L’Algérie préfère miser sur le spectacle que sur la vérité, l’Algérie préfère le spectacle au progrès véritable. »

Il n’a pas mâché ses mots, qualifiant de « théâtre » les initiatives algériennes en faveur de Gaza et accusant Alger de « protéger le Hamas », organisation que le gouvernement israélien qualifie de terroriste.

L’Algérie a vivement réagi, dénonçant des accusations « infondées » qui témoigneraient, selon elle, du mépris d’Israël pour les pays opposés à ce qu’elle qualifie de génocide. Son représentant a rappelé que la résolution était parrainée par les dix membres élus du Conseil et soutenue par quatorze des quinze membres, « représentant l’immense majorité de l’humanité ».

Les États-Unis, seul pays à voter contre, ont estimé que la résolution « ne reconnaît pas le droit d’Israël à se défendre ». La représentante américaine l’a même accusée de « légitimer à tort la propagande du Hamas », le groupe responsable de l’attaque du 7 octobre 2023, à l’origine du conflit actuel. « Cette guerre pourrait prendre fin aujourd’hui si le Hamas libérait les otages et déposait les armes », a affirmé Washington, accusant le mouvement de détourner l’aide humanitaire et « d’instrumentaliser la vie des civils à Gaza afin de détruire Israël ».

La position américaine a été vivement critiquée après le vote. Plusieurs membres du Conseil ont dénoncé les conséquences du veto. Le Royaume-Uni a souligné qu’« un cessez-le-feu est plus que jamais nécessaire », déplorant que « l’expansion téméraire de l’opération militaire israélienne nous éloigne d’un accord qui pourrait ramener les otages chez eux et mettre fin aux souffrances à Gaza ».

Pour sa part, Riyad Mansour, représentant permanent de la Palestine, a accusé Israël de commettre un génocide. « Israël n’a pas le droit de massacrer les Palestiniens. Israël n’a pas le droit de commettre un génocide. Israël n’a pas le droit de procéder à un nettoyage ethnique. Israël n’a pas le droit d’affamer un peuple », a-t-il martelé. Il a jugé que le « silence du Conseil » avait « un coût immense pour sa crédibilité », le veto américain empêchant l’organe d’assumer son rôle de protection des civils.

La France, une décision qui divise

La décision de la France de reconnaître un État palestinien suscite des réactions contrastées. Des organisations juives françaises, dans une lettre ouverte, ont exhorté Emmanuel Macron à conditionner cette reconnaissance à la libération des otages encore détenus par le Hamas.

Parallèlement, plusieurs mairies françaises prévoient de hisser le drapeau palestinien dès lundi, une initiative qui provoque déjà des recours en justice au nom de la neutralité des services publics.

Un geste diplomatique sous haute tension

Alors que les bombardements se poursuivent et que les négociations sont dans l’impasse, la reconnaissance coordonnée de la Palestine par dix pays occidentaux représente un signal politique fort. Reste à savoir si ce geste suffira à relancer le processus de paix, ou s’il accentuera au contraire les tensions avec Israël, qui a déjà mis en garde contre d’éventuelles représailles, notamment en Cisjordanie.

L’Assemblée générale de l’ONU, qui réunira la semaine prochaine plus de 140 chefs d’État et de gouvernement, devrait être dominée par cette annonce, dans un contexte où Gaza reste le théâtre d’une crise humanitaire et diplomatique sans précédent depuis 2023.

Le Ballon d’or, c’est demain !

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Savez-vous que selon les nouveaux règlements, le vote actuel est réservé uniquement aux journalistes des 100 premières nations du classement de la FIFA du moins de juin 2025? Auquel cas, il y a beaucoup moins de chances d’avoir, par exemple, un Azerbaïdjanais ou un Albanais dans le top 5, comme ça pouvait arriver dans un passé encore récent.

Haïti pointe actuellement à la 87ème place; une position qui octoierait à un représentant de la presse sportive le droit de vote. Et, sans avoir fait des recherches, j’imagine que Haïti était déjà dans le top 100 lorsque la date du début du vote avait été actée. C’est un détail, en principe, car les journalistes haïtiens qui ont déjà eu ce privilège, se sont souvent montrés assez lucides dans leurs choix ; même si on a quelques fois regretté, dans les années antérieures, certains choix influencés par leur malaise à accepter l’hégémonie de Leo sur le football mondial.

Ceci étant dit, il devient clair que France Football veut avoir un peu plus de contrôle sur le vote. Par la même occasion, les compagnies de lobbying qui travaillent avec les clubs qui positionnent des prétendants au Ballon d’or, ont moins d’effort à effectuer pour toucher ou influencer le vote en leur faveur.

À ce sujet, le Paris-Saint-Germain a été très actif cette année, car Ousmane Dembele était bien accroché à sa rampe de lancement. Et, quand le PSG, via les Qataris, veut quelque chose, il sait ce qu’il avait à faire. Le résultat du Ballon d’or de demain ne sera pas étrange aux tractations mises en place par le PSG pour le sacre de leur précédent. À moins que … Je ne dirai pas plus. Vinicius en sait quelque chose.

Quoi qu’il en soit, le Ballon d’or est désormais incontournable dans la vie du football. Des critiques ou suspensions, il y en aura toujours. Néanmoins, les acteurs (joueurs, dirigeants, entraîneurs, journalistes) savent combien c’est important, ne serait-ce que pour le côté business. On ne peut que s’y accommoder.

Guyto Rivière
Analyste de foot et

Quels sont tes âges ?

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Par Jean Venel Casséus

Hier, dans l’ambiance d’une nuit encore tiède quelque part en Pennsylvanie, mon ami Camille François et moi sirotions un whisky. La conversation, comme les volutes de l’alcool, se déployait librement, passant des souvenirs aux projets, des futilités aux grandes énigmes de l’existence. Et soudain, au détour d’une phrase lancée presque en jeu, surgit une question qui nous arrêta : quels sont tes âges ? Ces âges qui se tissent au fil de ta vie : l’âge de naissance, l’âge d’opportunité et l’âge de maturité. Trois visages du temps, trois manières de te mesurer à toi-même et au monde.

Ton âge de naissance est celui qui t’échappe totalement. Tu ne le choisis pas, tu ne le négocies pas : il est ce premier chiffre inscrit au fronton de ton existence. Être né en 1975 ou en 2005, dans une capitale vibrante ou dans un village oublié, cela trace d’emblée une ligne de destin. C’est un temps qui t’est imposé comme une fatalité originelle, une marque du sort. À ce niveau, nous sommes tous égaux dans l’inégalité : chacun reçoit une date, une époque, une terre, et c’est à partir de là que tout commence.

Mais au-delà de cette donnée biologique, il y a un autre âge : ton âge d’opportunité. Celui-ci n’a rien à voir avec le nombre de bougies sur un gâteau. Il est social, économique, culturel. Un enfant de dix ans né dans une famille royale n’a pas le même âge d’opportunité qu’un enfant de dix ans né dans un ghetto. L’un hérite de réseaux, d’accès, d’une ouverture précoce au monde ; l’autre hérite du poids des manques et de la rareté. À âge de naissance égal, vos horizons ne coïncident pas. Ton âge d’opportunité révèle que ta vie n’est pas seulement ce que tu fais de ton temps, mais aussi ce que tes conditions te permettent de faire avec ce temps. C’est l’âge de ton héritage social.

Et pourtant, au-delà de la fatalité de ta naissance et de l’injustice de tes opportunités, il existe un troisième âge : ton âge de maturité. Celui-là ne s’impose pas, il se conquiert. C’est lui qui forge ton caractère, qui aiguise ta conscience, qui structure tes choix. Ton âge de maturité est ce moment où tu décides quel être humain tu veux devenir, indépendamment du hasard de tes origines ou de la chance de tes héritages. Il est ce qui guide tes paroles, discipline tes actes, oriente ta marche. Dans cet âge, tu deviens responsable de toi-même. Et si tu parviens à le calibrer avec justesse, ton âge de maturité peut décupler ton âge d’opportunité, l’amplifier de façon exponentielle. C’est là que l’enfant du ghetto peut espérer s’élever jusqu’à la grandeur, voire dépasser l’enfant du royaume : non pas par héritage, mais par la force d’une conscience éveillée, d’une volonté forgée et d’une vie gravée en lettres d’or dans l’éternité des mémoires.

Et parce que ton âge de maturité dépend de toi, il ne t’autorise plus à t’apitoyer sur ton sort. Te réfugier dans les excuses, accuser la fatalité ou les injustices, revient à refuser de grandir. Tu n’as pas choisi l’année où tu es né, tu n’as pas choisi non plus la famille, la classe ou le milieu qui t’offre ou te refuse des opportunités, mais tu as le pouvoir de choisir l’âge que tu veux avoir dans la conscience de ta maturité. Ce chiffre-là, nul ne peut le fixer à ta place. Ce que tu es et ce que tu seras tient dans cette décision : vieillir sans jamais mûrir, ou mûrir même avant de vieillir. C’est là que s’écrit la différence entre une vie subie et une vie assumée.

Aujourd’hui, peut-être que tu as trente ans de naissance, quinze ans d’opportunité et déjà cinquante ans de maturité. Peut-être l’inverse. Il n’est pas inutile d’y penser. Tes âges ne comptent pas les années, ils comptent la manière dont tu les as habitées.


Texas, 11 septembre 2025
Photo: RAMON ESPINOSA / AP

Et si nos frère Haïtiens pouvaient retrouver la force de notre solidarité!

La diaspora haïtienne est reconnue pour son dynamisme, sa créativité et sa résilience. Pourtant, elle se caractérise également par une fragilité relationnelle persistante, qui prend souvent la forme d’un déficit de solidarité interne. Cette réalité, maintes fois observée, s’exprime à travers un discours récurrent : « Moi, je n’irai jamais chez un mécanicien haïtien », « Je ne consulterai pas un médecin haïtien », « Je ne ferai pas confiance à un avocat haïtien ». Ces phrases, loin d’être anecdotiques, constituent des indicateurs d’un malaise profond : elles révèlent une méfiance généralisée à l’égard de ses propres compatriotes.

Les espaces numériques amplifient ce phénomène. Les réseaux sociaux, qui devraient être des lieux de connexion et de valorisation, deviennent souvent des arènes où les conflits interpersonnels et les accusations publiques déchirent la communauté haïtienne. Ce constat, dans le cadre d’une recherche qualitative que j’ai menée auprès de migrants hispaniques, ukrainiens et haïtiens, prend une dimension comparative éclairante.

Convergences et contrastes avec d’autres diasporas

Les résultats de mon enquête exploratoire montrent que les communautés migrantes étudiées mobilisent différemment les réseaux sociaux et les mécanismes de solidarité. Les Hispaniques, par exemple, utilisent prioritairement leurs espaces numériques comme des instruments de promotion mutuelle et de visibilité collective. Les Ukrainiens, malgré des clivages politiques profonds, préservent en contexte diasporique une cohésion minimale qui s’exprime par une défense commune de leurs intérêts. Quant aux Russes, souvent accusés de rivalités internes, ils s’abstiennent néanmoins de rendre publiques leurs divisions, privilégiant une gestion discrète des différends.

La diaspora haïtienne, à l’inverse, expose ses conflits au grand jour. Cette tendance à « laver son linge sale en public » affaiblit la perception externe de la communauté et entrave la construction d’un capital social positif (Putnam, 2000). En sciences sociales, ce capital social qui se manifeste par la confiance, la réciprocité et la coopération constitue l’un des fondements de la réussite collective des communautés immigrées.

Héritages et défis spécifiques à la diaspora haïtienne

Plusieurs éléments historiques et sociologiques permettent d’éclairer cette difficulté de cohésion :
• Un héritage de divisions politiques et idéologiques, qui structure encore aujourd’hui les rapports sociaux entre Haïtiens ;
• Une crise de confiance institutionnelle, héritée du rapport ambivalent avec l’État haïtien, souvent perçu comme défaillant, et transposée dans les interactions communautaires ;
• Un rapport complexe à la réussite individuelle, fréquemment interprétée comme une menace au lieu d’être perçue comme une ressource pour l’ensemble de la communauté.

Ces facteurs, combinés, contribuent à une fragmentation interne qui limite la capacité de la diaspora haïtienne à se constituer en force collective sur la scène économique, politique et culturelle.

Vers une redéfinition de la solidarité

Il est donc impératif de repenser la solidarité comme une stratégie de survie et de prospérité collective. Les sciences sociales montrent que les diasporas qui réussissent à consolider leurs réseaux internes créent des « économies ethniques » puissantes (Light & Gold, 2000), dans lesquelles chaque cabinet médical, chaque bureau d’avocat, chaque garage ou commerce devient un bien commun, un maillon de la chaîne collective. Ne pas soutenir ces initiatives équivaut à fragiliser l’édifice communautaire dans son ensemble.

La solidarité ne se confond pas avec la complaisance. Elle suppose au contraire un engagement éthique fondé sur trois principes :

  1. Loyauté communautaire, en évitant la dévalorisation publique de ses compatriotes ;
  2. Critique constructive, exercée dans le but d’améliorer les pratiques et non de détruire les individus ;
  3. Promotion des réussites individuelles comme patrimoine collectif, afin que chaque succès soit perçu comme une victoire partagée.

Conclusion

La diaspora haïtienne aux États-Unis est aujourd’hui à la croisée des chemins. Son avenir dépend de sa capacité à transformer ses divisions en cohésion et ses différences en complémentarité. Comme l’enseigne l’histoire des migrations, les communautés qui cultivent la solidarité se renforcent et prospèrent, tandis que celles qui s’entre-déchirent s’exposent à l’effacement.

Nous ne serons forts que lorsque nous serons unis.

Yves Lafortune
Wichita, Kansas
Le 20 septembre 2025

Quels sont tes âges ?

Par Jean Venel Casséus

Hier, dans l’ambiance d’une nuit encore tiède quelque part en Pennsylvanie, mon ami Camille François et moi sirotions un whisky. La conversation, comme les volutes de l’alcool, se déployait librement, passant des souvenirs aux projets, des futilités aux grandes énigmes de l’existence. Et soudain, au détour d’une phrase lancée presque en jeu, surgit une question qui nous arrêta : quels sont tes âges ? Ces âges qui se tissent au fil de ta vie : l’âge de naissance, l’âge d’opportunité et l’âge de maturité. Trois visages du temps, trois manières de te mesurer à toi-même et au monde.

Ton âge de naissance est celui qui t’échappe totalement. Tu ne le choisis pas, tu ne le négocies pas : il est ce premier chiffre inscrit au fronton de ton existence. Être né en 1975 ou en 2005, dans une capitale vibrante ou dans un village oublié, cela trace d’emblée une ligne de destin. C’est un temps qui t’est imposé comme une fatalité originelle, une marque du sort. À ce niveau, nous sommes tous égaux dans l’inégalité : chacun reçoit une date, une époque, une terre, et c’est à partir de là que tout commence.

Mais au-delà de cette donnée biologique, il y a un autre âge : ton âge d’opportunité. Celui-ci n’a rien à voir avec le nombre de bougies sur un gâteau. Il est social, économique, culturel. Un enfant de dix ans né dans une famille royale n’a pas le même âge d’opportunité qu’un enfant de dix ans né dans un ghetto. L’un hérite de réseaux, d’accès, d’une ouverture précoce au monde ; l’autre hérite du poids des manques et de la rareté. À âge de naissance égal, vos horizons ne coïncident pas. Ton âge d’opportunité révèle que ta vie n’est pas seulement ce que tu fais de ton temps, mais aussi ce que tes conditions te permettent de faire avec ce temps. C’est l’âge de ton héritage social.

Et pourtant, au-delà de la fatalité de ta naissance et de l’injustice de tes opportunités, il existe un troisième âge : ton âge de maturité. Celui-là ne s’impose pas, il se conquiert. C’est lui qui forge ton caractère, qui aiguise ta conscience, qui structure tes choix. Ton âge de maturité est ce moment où tu décides quel être humain tu veux devenir, indépendamment du hasard de tes origines ou de la chance de tes héritages. Il est ce qui guide tes paroles, discipline tes actes, oriente ta marche. Dans cet âge, tu deviens responsable de toi-même. Et si tu parviens à le calibrer avec justesse, ton âge de maturité peut décupler ton âge d’opportunité, l’amplifier de façon exponentielle. C’est là que l’enfant du ghetto peut espérer s’élever jusqu’à la grandeur, voire dépasser l’enfant du royaume : non pas par héritage, mais par la force d’une conscience éveillée, d’une volonté forgée et d’une vie gravée en lettres d’or dans l’éternité des mémoires.

Et parce que ton âge de maturité dépend de toi, il ne t’autorise plus à t’apitoyer sur ton sort. Te réfugier dans les excuses, accuser la fatalité ou les injustices, revient à refuser de grandir. Tu n’as pas choisi l’année où tu es né, tu n’as pas choisi non plus la famille, la classe ou le milieu qui t’offre ou te refuse des opportunités, mais tu as le pouvoir de choisir l’âge que tu veux avoir dans la conscience de ta maturité. Ce chiffre-là, nul ne peut le fixer à ta place. Ce que tu es et ce que tu seras tient dans cette décision : vieillir sans jamais mûrir, ou mûrir même avant de vieillir. C’est là que s’écrit la différence entre une vie subie et une vie assumée.

Aujourd’hui, peut-être que tu as trente ans de naissance, quinze ans d’opportunité et déjà cinquante ans de maturité. Peut-être l’inverse. Il n’est pas inutile d’y penser. Tes âges ne comptent pas les années, ils comptent la manière dont tu les as habitées.


Texas, 11 septembre 2025
Photo: RAMON ESPINOSA / AP

Trafic drogue: Jean Eliobert Jasme, alias « Eddy One », condamné à neuf ans de prison fédérale aux États-Unis

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Le trafiquant de drogue haïtien Jean Eliobert Jasme, surnommé « Eddy One », a été condamné jeudi 18 septembre à neuf ans de réclusion par un tribunal fédéral américain. Extradé en 2022, il doit également verser une amende d’un million de dollars après avoir reconnu sa participation à un vaste complot de trafic de cocaïne entre l’Amérique latine, les Caraïbes et les États-Unis.

19 septembre 2025 – La justice américaine a tranché dans l’affaire Jean Eliobert Jasme, plus connu sous les pseudonymes « Eddy One », « ED1 » ou « Tio Loco ». Le narcotrafiquant haïtien de 63 ans a écopé, jeudi 18 septembre, de neuf ans de prison fédérale, assortis de quatre ans de libération surveillée et d’une amende d’un million de dollars.

Selon le Miami Herald, il a plaidé coupable de complot visant à distribuer plus de 500 grammes de cocaïne destinée aux États-Unis, a indiqué le procureur par intérim du district est du Wisconsin, Richard G. Frohling.

Cette condamnation survient plus de trois ans après son arrestation à Port-au-Prince et son extradition vers les États-Unis en 2022. La Police nationale d’Haïti (PNH), en collaboration avec la Drug Enforcement Administration (DEA), l’accusait d’avoir dirigé un réseau international reliant la Colombie, le Venezuela, Haïti, la République dominicaine, les Bahamas et les États-Unis.

Les documents judiciaires révèlent qu’il utilisait avions et bateaux pour transporter d’importantes cargaisons de drogue et avait projeté, en 2022, l’expédition de plus de 8 800 livres de cocaïne via Haïti et les Bahamas.

Récidiviste, Jasme avait déjà été condamné en 2004 à Miami pour des faits similaires, avant de coopérer avec la justice américaine dans une enquête sur les liens entre le trafic de drogue et l’administration de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.

Cette fois, il a tenté de revenir sur son plaidoyer, affirmant avoir été mal conseillé par ses avocats et invoquant des problèmes de santé, mais ses arguments ont été rejetés.

Pour la DEA, ce verdict représente un coup majeur porté au narcotrafic haïtien et illustre la détermination des autorités américaines à freiner les réseaux de drogue opérant entre l’Amérique latine et les Caraïbes.

La rédaction
Avec Miami Herald

L’Affaire Lüders : un révélateur de la fragilité de la souveraineté haïtienne face aux pressions impérialistes

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Par Pierre Josué Agénor Cadet
L’Affaire Lüders constitue l’un des épisodes les plus marquants des relations inégales entre Haïti et les puissances étrangères à la fin du XIXᵉ siècle. Elle illustre à la fois la vulnérabilité de l’État haïtien, soumis aux intimidations diplomatiques et militaires, et l’injustice des rapports de force internationaux qui conditionnaient l’exercice de sa souveraineté. Cet incident, survenu en 1897 sous la présidence de Tirésias Simon Sam, met en évidence la manière dont une affaire judiciaire ordinaire devint un casus belli (un cas de guerre) diplomatique entraînant l’humiliation d’Haïti sur la scène internationale.

Les origines judiciaires de l’affaire

Le 21 septembre 1897, la police haïtienne arrêta Dorléus Présumé, recherché pour vol, alors qu’il se trouvait devant les  » Écuries Centrales » de Port-au-Prince, propriété d’Émile Lüders, un commerçant d’origine allemande. Présumé opposa une vive résistance, bientôt appuyée par Lüders qui agressa les agents de l’ordre en plein exercice de leurs fonctions . Arrêté pour voies de fait, Lüders fut jugé le jour même par le tribunal de police et condamné à un mois de prison.

Cependant, la situation prit une tournure inattendue lors du procès en appel. Le 14 octobre 1897, le tribunal cirrectionnel considéra que Lüders et son protégé s’étaient rendus coupables non seulement de voies de fait mais également de rébellion contre la force publique. En conséquence, la première sentence fut annulée et remplacée par une peine beaucoup plus lourde : un an d’emprisonnement.

La réaction allemande et l’escalade diplomatique

Cette décision judiciaire, conforme au droit haïtien, déclencha une réaction virulente de l’Allemagne qui considérait que la condamnation d’un de ses ressortissants constituait une offense à son prestige national. Le comte Schwerin, chargé d’affaires allemand à Port-au-Prince, exigea non seulement la libération immédiate d’Émile Lüders, mais également la destitution des juges et la révocation des agents de police impliqués.

Devant le refus des autorités haïtiennes de céder à cette ingérence, l’Empire allemand choisit l’intimidation militaire. Le 6 décembre 1897, deux navires de guerre, la Charlotte et le Stein, jetèrent l’ancre dans la rade de Port-au-Prince. Leur commandant, Thiele, remit au gouvernement haïtien un ultimatum d’une extrême brutalité : dans un délai de quatre heures, Haïti devait libérer Lüders, présenter des excuses officielles, hisser le drapeau allemand et le saluer par vingt et un coups de canon.

La capitulation d’Haïti

Confronté à une menace militaire directe et n’ayant pas les moyens de résister, le gouvernement haïtien céda. Le drapeau blanc fut hissé sur le palais présidentiel, Lüders gracié et libéré, et les juges impliqués sanctionnés. Cet acte d’humiliation publique porta un coup fatal au prestige du président T. Simon Sam, accusé d’avoir sacrifié l’honneur national sous la pression étrangère.

Analyse et portée historique de cet incident dégradant

L’Affaire Lüders met en lumière plusieurs éléments fondamentaux de l’histoire politique et diplomatique d’Haïti, notamment sa vulnérabilité . Une simple affaire judiciaire fut rapidement instrumentalisée sur le plan international, révélant la faiblesse de l’appareil d’État face aux puissances coloniales ou encore la fragilité institutionnelle.
Les rapports de force sont inégaux. La décision souveraine d’un tribunal haïtien fut effacée par la menace militaire allemande, ce qui souligna l’impossibilité pour Haïti d’exercer pleinement son indépendance judiciaire et politique.
Pour ce qui est des effets politiques internes , la capitulation entacha durablement l’image du président Simon Sam, fragilisa son pouvoir et nourrit un sentiment nationaliste blessé.

L’Affaire Lüders, bien plus qu’un simple incident diplomatique, apparaît comme un miroir des rapports de domination internationale du XIXᵉ siècle. Elle rappelle combien Haïti, malgré son statut de première République noire indépendante, demeura vulnérable aux ingérences et humiliations imposées par les puissances occidentales. Plus d’un siècle plus tard, cet épisode résonne encore comme un avertissement sur la nécessité, pour les petits États, de construire des institutions solides et une diplomatie capable de défendre leur souveraineté face aux pressions extérieures.

Pierre Josué Agénor Cadet

L’Affaire Lüders : un révélateur de la fragilité de la souveraineté haïtienne face aux pressions impérialistes

Par Pierre Josué Agénor Cadet
L’Affaire Lüders constitue l’un des épisodes les plus marquants des relations inégales entre Haïti et les puissances étrangères à la fin du XIXᵉ siècle. Elle illustre à la fois la vulnérabilité de l’État haïtien, soumis aux intimidations diplomatiques et militaires, et l’injustice des rapports de force internationaux qui conditionnaient l’exercice de sa souveraineté. Cet incident, survenu en 1897 sous la présidence de Tirésias Simon Sam, met en évidence la manière dont une affaire judiciaire ordinaire devint un casus belli (un cas de guerre) diplomatique entraînant l’humiliation d’Haïti sur la scène internationale.

Les origines judiciaires de l’affaire

Le 21 septembre 1897, la police haïtienne arrêta Dorléus Présumé, recherché pour vol, alors qu’il se trouvait devant les  » Écuries Centrales » de Port-au-Prince, propriété d’Émile Lüders, un commerçant d’origine allemande. Présumé opposa une vive résistance, bientôt appuyée par Lüders qui agressa les agents de l’ordre en plein exercice de leurs fonctions . Arrêté pour voies de fait, Lüders fut jugé le jour même par le tribunal de police et condamné à un mois de prison.

Cependant, la situation prit une tournure inattendue lors du procès en appel. Le 14 octobre 1897, le tribunal cirrectionnel considéra que Lüders et son protégé s’étaient rendus coupables non seulement de voies de fait mais également de rébellion contre la force publique. En conséquence, la première sentence fut annulée et remplacée par une peine beaucoup plus lourde : un an d’emprisonnement.

La réaction allemande et l’escalade diplomatique

Cette décision judiciaire, conforme au droit haïtien, déclencha une réaction virulente de l’Allemagne qui considérait que la condamnation d’un de ses ressortissants constituait une offense à son prestige national. Le comte Schwerin, chargé d’affaires allemand à Port-au-Prince, exigea non seulement la libération immédiate d’Émile Lüders, mais également la destitution des juges et la révocation des agents de police impliqués.

Devant le refus des autorités haïtiennes de céder à cette ingérence, l’Empire allemand choisit l’intimidation militaire. Le 6 décembre 1897, deux navires de guerre, la Charlotte et le Stein, jetèrent l’ancre dans la rade de Port-au-Prince. Leur commandant, Thiele, remit au gouvernement haïtien un ultimatum d’une extrême brutalité : dans un délai de quatre heures, Haïti devait libérer Lüders, présenter des excuses officielles, hisser le drapeau allemand et le saluer par vingt et un coups de canon.

La capitulation d’Haïti

Confronté à une menace militaire directe et n’ayant pas les moyens de résister, le gouvernement haïtien céda. Le drapeau blanc fut hissé sur le palais présidentiel, Lüders gracié et libéré, et les juges impliqués sanctionnés. Cet acte d’humiliation publique porta un coup fatal au prestige du président T. Simon Sam, accusé d’avoir sacrifié l’honneur national sous la pression étrangère.

Analyse et portée historique de cet incident dégradant

L’Affaire Lüders met en lumière plusieurs éléments fondamentaux de l’histoire politique et diplomatique d’Haïti, notamment sa vulnérabilité . Une simple affaire judiciaire fut rapidement instrumentalisée sur le plan international, révélant la faiblesse de l’appareil d’État face aux puissances coloniales ou encore la fragilité institutionnelle.
Les rapports de force sont inégaux. La décision souveraine d’un tribunal haïtien fut effacée par la menace militaire allemande, ce qui souligna l’impossibilité pour Haïti d’exercer pleinement son indépendance judiciaire et politique.
Pour ce qui est des effets politiques internes , la capitulation entacha durablement l’image du président Simon Sam, fragilisa son pouvoir et nourrit un sentiment nationaliste blessé.

L’Affaire Lüders, bien plus qu’un simple incident diplomatique, apparaît comme un miroir des rapports de domination internationale du XIXᵉ siècle. Elle rappelle combien Haïti, malgré son statut de première République noire indépendante, demeura vulnérable aux ingérences et humiliations imposées par les puissances occidentales. Plus d’un siècle plus tard, cet épisode résonne encore comme un avertissement sur la nécessité, pour les petits États, de construire des institutions solides et une diplomatie capable de défendre leur souveraineté face aux pressions extérieures.

Pierre Josué Agénor Cadet