Transition de rupture : l’échec patent des acteurs haïtiens ?
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 3 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Un aveu lourd de contradictions : comment prétendre respecter un accord dont les principales dispositions ne sont pas exécutées ? Cette reconnaissance officielle d’un possible report électoral jette une lumière crue sur l’impasse politique actuelle. Les préparatifs électoraux n’ont pas encore débuté, les institutions devant les encadrer (notamment le Conseil électoral provisoire) ne sont pas encore totalement opérationnelles, et les conditions minimales de sécurité pour un scrutin crédible demeurent absentes. Rivalités et fragilités internes au sommet de l’État À cette paralysie institutionnelle s’ajoutent des rumeurs persistantes de mésentente au sein du gouvernement. Plusieurs sources évoquent un possible remaniement ministériel, voire le remplacement du Premier ministre. Contactés par la rédaction, les porte-paroles de la Présidence et de la Primature n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Le silence de l’exécutif alimente les spéculations sur la profondeur des dissensions internes et sur la capacité du Conseil à maintenir une cohésion minimale pour conduire la transition à terme. Un horizon politique brouillé Face à ces incertitudes, la population reste dubitative. L’usure de la transition et le manque de résultats tangibles ont miné la confiance, tant au niveau national qu’international.
Les partenaires étrangers, qui avaient initialement salué la mise en place du CPT comme une étape vers la stabilité, observent désormais avec prudence et scepticisme la tournure des événements. À moins d’un sursaut politique majeur dans les prochains mois, le risque est grand que la transition s’enlise, prolongeant le cycle d’instabilité que le pays tente désespérément de rompre depuis des années. En somme, la transition devait être celle de la reconstruction politique et de la restauration de la confiance. Elle s’impose aujourd’hui comme celle de la désillusion et de l’attente. Et si le Conseil présidentiel dit vouloir « respecter l’accord du 3 avril », les faits, eux, semblent raconter une tout autre histoire.



