Processus électoral en Haïti : La machine du CEP tourne en plein enlisement sécuritaire
que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé réunissait son gouvernement à la Villa d’Accueil ce samedi 7 mars 2026 pour « tracer la feuille de route » vers des élections crédibles, et que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) prolongeait jusqu’au 11 mars le recrutement des agents électoraux, une question existentielle traverse la
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 6 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé réunissait son gouvernement à la Villa d’Accueil ce samedi 7 mars 2026 pour « tracer la feuille de route » vers des élections crédibles, et que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) prolongeait jusqu’au 11 mars le recrutement des agents électoraux, une question existentielle traverse la classe politique : comment organiser un scrutin quand 60 % de l’électorat vit en zone de non-droit et que les partis ont perdu jusqu’à leur siège social ?
En apparence, tout fonctionne. D’un côté, la Primature publie un communiqué solennel où le Chef du gouvernement expose sa « vision stratégique » et fixe des « orientations précises » à ses ministres, notamment sur « la préparation des élections, conformément au cadre légal et au Pacte national ». De l’autre, le CEP annonce une prolongation technique du recrutement des Agents du registre électoral et se félicite qu’une « cinquantaine » de partis aient déjà entamé leur inscription.
Mais derrière cette façade de normalité administrative, l’analyse des déclarations du secrétaire général de parti FUSION des Sociaux-Démocrates Haïtiens et ancien locataire du ( MTPTC ) Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications, Mr Rosemond Pradel, révèle un effondrement systémique que les communiqués officiels semblent soigneusement éviter.
L’axiome sécuritaire : la variable que les calendriers ignorent
Le communiqué de la Primature énumère trois priorités nationales :
« le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, le redressement économique et social du pays et l’organisation d’élections libres ».
La formulation suggère une simultanéité, voire une synergie, entre ces objectifs.
Pourtant, l’analyse du terrain impose un ordre séquentiel rigoureux que le discours politique refuse d’assumer. Mr Rosemond Pradel est catégorique :
« L’environnement actuel, du point de vue sécuritaire, ne nous permet pas d’organiser des élections. » Il ne s’agit pas d’un simple constat d’insécurité, mais d’une équation géographique implacable. « Les départements du Centre, de l’Artibonite et de l’Ouest… représentent à eux seuls 60 % de l’électorat haïtien. »
Le raisonnement est imparable : ou bien le CEP organise des élections excluant de facto 60 % des électeurs, ce qui viderait le scrutin de toute légitimité démocratique. Ou bien il attend que ces zones soient sécurisées, ce qui, selon le secrétaire général du parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens, repousse l’échéance bien au-delà de 2026.
« Nous sommes à neuf mois de la fin de l’année 2026 et les forces de suppression des gangs annoncées par les autorités ne sont toujours pas en place. »



