Politique Égalité femmes-hommes : le MCFDF fait son autocritique
À l’approche du 8 mars, le ministère évalue les avancées et admet des « lacunes persistantes » face aux violences basées sur le genre. Du concret ou des discours ?
Par Jean Wesley Pierre · Port-au-Prince
· 3 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

À l’approche du 8 mars, le ministère évalue les avancées et admet des « lacunes persistantes » face aux violences basées sur le genre.
Du concret ou des discours ? Ce mercredi 4 mars 2026, à l’Hôtel Montana, le Ministère de la Condition Féminine et des Droits des Femmes (MCFDF) a lancé deux journées de réflexion autour de la Politique d’Égalité Femmes-Hommes 2014-2034 et son Plan d’Action National (PANEFH).
Objectif affiché : évaluer les progrès, identifier les failles et renforcer la cohérence de l’action publique en matière de genre.
Sous la houlette de la directrice générale Sandy François, en présence des cadres du ministère, des agences onusiennes (UNFPA), des organisations féministes et de la société civile, l’exercice se veut participatif. Mais au-delà du décorum institutionnel, les interventions ont laissé transparaître une réalité plus nuancée.
« Un regard exigeant sur les résultats obtenus »
La ministre Pedrica Saint Jean a donné le ton : si l’adoption de la politique en 2014 a constitué « un tournant décisif », il est désormais temps de « porter un regard exigeant » sur le chemin parcouru.
Pour beaucoup d’analystes les avancées existent — intégration progressive du genre dans les politiques publiques, programmes de protection sociale, initiatives pour la santé reproductive et l’éducation des filles — mais elles restent insuffisantes face à l’ampleur des défis.
Car les « inégalités structurelles et les violences basées sur le genre demeurent préoccupantes ». Un aveu qui résonne comme un constat d’échec partiel, dans un pays où les femmes continuent de subir discrimination, insécurité et sous-représentation dans les instances de décision.
La communauté internationale veille
Samir Anouti, représentant de l’UNFPA en Haïti, a salué « l’engagement du gouvernement » tout en rappelant le partenariat stratégique sur des dossiers sensibles comme la santé sexuelle et reproductive, lutte contre les VBG, renforcement institutionnel. Un rappel discret mais clair, les bailleurs de fonds attendent des résultats mesurables, pas seulement des intentions.
Le soutien politique en question
La ministre a tenu à souligner l’appui du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, louant « une volonté politique constante ». Une déclaration qui tombe à point nommé, alors que le gouvernement est critiqué sur d’autres fronts. Mais au-delà des paroles, c’est sur le terrain que se jouera la crédibilité de cet engagement.
« Garantir la participation effective des femmes dans les espaces décisionnels, c’est approfondir la démocratie », a martelé Pedrica Saint Jean. Reste à savoir si les postes stratégiques, les budgets alloués et les politiques publiques suivront.



