Perquisition au domicile du maire de Port-au-Prince : Ralph Youri Chevry écrit au CPT
, 19 décembre 2025 —L’affaire opposant le maire de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) et le commissaire du gouvernement prend une tournure institutionnelle majeure.
Par Jean Wesley Pierre · Port-au-Prince
· 3 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

« Son chien abattu, la barrière de la propriété défoncée caractérisent la violence de l’action perpétrée ce jour-là contre le premier citoyen de la ville. » Cette prise de position publique, rare à ce niveau de l’État, confère à l’affaire une portée institutionnelle qui dépasse désormais le cadre d’un simple différend entre responsable d’une collectivité locale et la police judiciaire. Le CP place désormais ce dossier au cœur du débat national sur le respect de l’État de droit. Des versions contradictoires Selon une source interne à la DCPJ, relayée par plusieurs médias, trois armes à feu et un drone auraient été saisis lors de la perquisition. Toutefois, à ce jour, aucune communication officielle de la police ou du parquet n’est venue préciser le fondement légal de l’intervention, ni les infractions éventuellement reprochées au magistrat communal. Malgré tout, la DCPJ a convoqué le maire pour le lundi 22 décembre 2025. Déjà,!l’édile avait dénoncée la persécution de son domicile comme un acte politique, tout en annonçant avoir engagé des poursuites judiciaires contre l’institution. De la sécurité à légalité… la ligne rouge en question Le cas de Ralph Youri Chevry illustre une tension centrale dans la gouvernance actuelle : comment concilier l’impératif sécuritaire avec le respect strict des procédures légales ? Certes, le maire de Port-au-Prince est un agent public et un magistrat communal, soumis à la loi comme tout citoyen. Mais ce statut n’annule en rien ses droits constitutionnels, notamment l’inviolabilité du domicile et les garanties procédurales prévues par la loi. Dans un contexte où la police est appelée à agir avec fermeté contre l’insécurité, toute opération menée en dehors du cadre légal si elle est avérée fragilise la crédibilité même de l’État et nourrit la défiance généralisée envers les institutions. Ce dossier constitue ainsi un test décisif pour l’État de droit en Haïti, dans une période de transition déjà marquée par la fragilité institutionnelle. Il impose aux autorités judiciaires et sécuritaires une obligation de transparence, de rigueur et de reddition de comptes. À défaut de clarifications rapides et crédibles, l’affaire risque de devenir un symbole supplémentaire de la crise de gouvernance et d’alimenter les soupçons d’instrumentalisation politique des forces de sécurité. Au 19 décembre 2025, une certitude s’impose : seule une procédure judiciaire indépendante, respectueuse du droit et menée en toute transparence permettra d’éviter que cette affaire n’érode davantage la confiance déjà fragile entre l’État et les citoyens.



