Mes vœux pour Haïti à l’orée de 2026
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 2 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

À l’approche de l’année 2026, l’exercice des vœux ne saurait se réduire à une rhétorique de circonstance. Il doit être un acte de lucidité et d’engagement civique.
Mon premier vœu est la fin de l’insécurité généralisée. Aucun État ne peut survivre durablement lorsque son territoire est livré à la violence armée, à la peur et à l’effondrement de l’autorité publique. La sécurité est le socle de toute vie nationale. Sans elle, il n’y a ni économie viable, ni école fonctionnelle, ni coexistence citoyenne. Haïti doit retrouver la paix qui lui permettra de redevenir un pays hospitalier, ouvert et respecté.
Mon deuxième vœu est le rétablissement effectif des institutions républicaines par des élections crédibles, honnêtes et inclusives. Le pays a un besoin vital de dirigeants patriotes, compétents, intègres et conscients de la portée historique de leurs responsabilités. Il lui faut des décideurs capables de réconcilier la nation avec elle-même, de défendre avec fermeté les intérêts matériels et spirituels de l’État, de concevoir et d’appliquer de véritables politiques de développement, mais aussi de faire toute la lumière sur la gestion de ceux que l’opinion publique accuse de détournements et de malversations. Sans justice et sans reddition de comptes, la démocratie restera un mot creux.
Mon troisième vœu est le recouvrement de la souveraineté nationale dans sa plénitude. Le premier gouvernement légitime et constitutionnel issu de cette longue période de dérives devra entreprendre la réorganisation profonde de l’État, en particulier du service diplomatique et consulaire, afin de redonner à Haïti une voix crédible, digne et respectée sur la scène internationale.
Malgré l’ampleur du désastre, tout n’est pas irrémédiablement perdu. L’histoire haïtienne est jalonnée de sursauts inattendus. Il ne manque au pays ni intelligence ni courage, mais une prise de conscience collective et des femmes et des hommes convaincus, capables de placer l’intérêt national au-dessus des ambitions personnelles. L’année 2026 peut encore être celle du redressement, si la volonté de (re)construire l’emporte enfin sur la tentation de la ruine. Pierre Josué Agénor Cadet



