Lettre ouverte à Matiado Vilmé
À toi, ma collègue, ma sœur de combat, Mati, Je t’écris avec le cœur serré, les yeux humides, non par faiblesse, mais parce que la mémoire insiste, parce que l’oubli serait une trahison. Je me souviens de la FANM VANYAN que j’ai rencontrée pour la première fois au Champs-de-Mars.
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 2 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Tu as toujours été ce rempart silencieux. Je me souviens du jour où un policier m’a agressé. La colère m’envahissait, je voulais répondre. Tu m’as regardé et tu as dit, simplement :
« Kanga, non. Laisse tomber. Faisons notre boulot. »
Ces mots m’accompagnent encore. Tu as été une boussole pour les jeunes journalistes, une voix sage dans le tumulte. Nul besoin de plaques, de décorations ou de discours officiels pour reconnaître ta valeur. Ton mérite est inscrit dans chaque reportage, chaque blessure, chaque pas fait au nom de la vérité. Tu as porté notre honneur, camarade. Aujourd’hui, te voir allongée sur un lit d’hôpital me brise le cœur. Si l’amour, le respect et la reconnaissance pouvaient guérir, tu serais déjà debout. Si j’avais le pouvoir de t’aider à te relever, je le ferais sans la moindre hésitation. Repose-toi, guerrière.
Nous porterons ta voix.
Nous refuserons l’oubli.
Et nous continuerons le combat. La presse haïtienne te doit beaucoup.
Et moi, je te dois le respect éternel.
Je t’aime, Mati. Reviens-nous vite. Ton collègue-frère. Sèl lanmou k ap rete ❤️ Kanga Zile



