Iran, entre méconnaissance et puissance ??
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
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Sous le règne du Shah, la part des étudiants à l’université représentait environ 7 % de la population en âge d’étudier ; aujourd’hui, ce taux avoisine les 27 %, témoignant d’une massification de l’enseignement supérieur. Avec une population estimée à près de 92 millions d’habitants — soit davantage que l’Allemagne — et une superficie dépassant le million de kilomètres carrés, l’Iran constitue une puissance démographique et territoriale majeure au Moyen-Orient.
Malgré plus de quarante années d’embargos et de sanctions internationales, le pays forme chaque année un nombre d’ingénieurs supérieur à celui de nombreux pays occidentaux, ce qui illustre sa capacité de résilience, d’adaptation et d’investissement dans le capital humain. Les relations entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran n’ont pas toujours été marquées par l’hostilité. Sous le règne du Shah, l’Iran entretenait au contraire d’excellentes relations avec Washington et Tel-Aviv, caractérisées par une coopération étroite tant sur les plans militaire qu’économique. Cette dynamique s’est brutalement inversée après la révolution islamique de 1979, menée par le clergé chiite. Le nouveau régime iranien a alors adopté une idéologie ouvertement hostile à l’Occident, considérant les États-Unis comme le « Grand Satan » et Israël comme le « Petit Satan », rompant ainsi avec l’orientation diplomatique pro-occidentale de l’Iran impérial. Les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran se sont principalement affrontés à travers des conflits indirects, menés par acteurs interposés (proxy wars). L’Iran s’appuie notamment sur le Hezbollah libanais, sur son alliance stratégique avec la Syrie sous Bachar el-Assad, ainsi que sur les rebelles houthis au Yémen, afin d’étendre son influence régionale et de contenir ses adversaires sans confrontation directe. Par ailleurs, la République islamique d’Iran demeure l’un des plus grands producteurs mondiaux de gaz naturel et de pétrole, bien que son économie soit sévèrement affectée par des embargos imposés depuis plusieurs décennies. Pour contourner ces sanctions, Téhéran a développé des mécanismes parallèles, notamment une « flotte fantôme » destinée à exporter clandestinement ses hydrocarbures, tout en renforçant une coopération économique et stratégique étroite avec « l’Empire du Milieu », la Chine. La République islamique d’Iran est généralement présentée dans les médias occidentaux comme un pays autoritaire, où les femmes qui ne portent pas le voile seraient systématiquement violentées par la police des mœurs. Si certaines réalités répressives existent et ne peuvent être niées, cette représentation demeure toutefois partielle et souvent réductrice. L’Iran fait en effet partie des rares pays de la région où les femmes occupent des positions importantes dans la société, que ce soit au Parlement, dans l’enseignement supérieur, la recherche scientifique ou les professions intellectuelles. Les femmes iraniennes sont particulièrement présentes dans les domaines universitaires et scientifiques, ce qui témoigne d’un niveau élevé d’éducation et d’émancipation intellectuelle. Par ailleurs, malgré les limites imposées par le système politique, l’Iran se distingue dans son environnement régional par l’existence d’une culture politique et électorale ancienne, marquée par des débats publics, des élections régulières et une participation populaire significative — éléments rares au Moyen-Orient. Wilfrid Joseph



