Haïti au bord du naufrage: Pour une ultime transition de technocrates patriotes
Haïti est arrivée à un point de rupture historique. L’État ne fonctionne plus, l’autorité publique a disparu de larges portions du territoire national . L’économie est paralysée et la population livrée à une insécurité permanente.
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 3 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Haïti est arrivée à un point de rupture historique. L’État ne fonctionne plus, l’autorité publique a disparu de larges portions du territoire national . L’économie est paralysée et la population livrée à une insécurité permanente. La Première République noire du Nouveau-Monde, née d’une révolution fondatrice de la modernité politique, se trouve aujourd’hui menacée de disparition fonctionnelle.
Depuis la chute de la longue dictature des Duvalier en 1986, le pays s’est enlisé dans instabilité chronique. En près de quarante ans, treize gouvernements à caractère de transition se sont succédé. Aucun n’est arrivé à refonder l’état en le dotant d’un nouveau projet de société , à restaurer la souveraineté nationale ni à instaurer des institutions durables. La transition, censée être un passage exceptionnel, est devenue un système de gouvernance perpétuel, marqué par l’improvisation, l’irresponsabilité et l’échec.
Ces transitions ont produit un résultat : l’affaiblissement continu de l’État. Elles ont échoué parce qu’elles ont été conçues sans vision nationale, capturées par des intérêts mesquins ou particuliers et souvent soumises à des logiques extérieures du pays. Loin de répondre aux aspirations populaires, elles ont aggravé la fracture entre la société et ceux qui prétendent la diriger.
La plus récente et catastrophique expérience transitionnelle n’a fait que confirmer l’épuisement total de ce modèle. Incapable de rétablir la sécurité publique et nationale, de gouverner dignement et efficacement ou de restaurer la confiance collective, elle a renforcé le sentiment d’abandon et de colère. Une évidence s’impose désormais: la crise ne peut plus être gérée par les mécanismes politiques traditionnels qui sont à la base des dérives du Conseil présidentiel de transition (CPT) et de presque toutes les transitions antérieures.
Face à l’effondrement quasi total de l’Etat, une nouvelle transition s’impose de fait. Mais elle ne peut ni doit être une transition de plus pour permettre à des opportunistes de préparer leurs vieux jours. Reproduire les mêmes schémas reviendrait à précipiter le pays vers le cahos irréversible. Cette transition doit être ultime, non par opportunisme naïf, mais parce qu’Haiti n’a plus de marge d’erreur.
Cette ultime transition doit rompre clairement avec les pratiques partitocratiques qui ont conduit à l’échec: le partage du pouvoir comme but en soi, la privatisation de l’Etat, la course à la richesse facile, la corruption institutionnalisée et la dépendance structurelle. Il ne s’agit plus de gérer la crise, mais de « sauver » ce qui reste de l’Etat haïtien.



