FNE et UNICEF : un partenariat renouvelé pour sauver l’avenir éducatif d’Haïti
, le 7 novembre 2025.
Par Jean Wesley Pierre · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Port-au-Prince, le 7 novembre 2025. — Dans un contexte haïtien marqué par la déscolarisation massive, la précarité des infrastructures scolaires et les multiples crises qui ravagent le système éducatif, le Fonds National de l’Éducation (FNE) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) ont décidé de renouveler leur engagement commun pour soutenir les enfants haïtiens.
Le Directeur général du FNE, M. Elysé Colagène, et Mme Adriana Valcarce, responsable en éducation au sein de l’UNICEF, se sont rencontrés ce jeudi dans les locaux de l’agence onusienne. L’idée principale est de définir une stratégie conjointe de renforcement du soutien éducatif haïtien, particulièrement en faveur de la petite enfance et des zones défavorisées.
Selon les données disponibles, en 2018, environ 500 000 enfants âgés de 6 à 12 ans n’étaient pas scolarisés en Haïti. Dans la tranche d’âge 5-15 ans, un million d’enfants n’avaient pas l’accès à l’éducation. En janvier 2024, le nombre de familles déplacées était passé de 200 000 en novembre 2023 à environ 314 000 et, parmi les personnes déplacées, 172 000 étaient des enfants.
De nombreuses écoles servent d’abris provisoires pour les familles déplacées, alors que d’autres établissements scolaires ont été séquestrés et pillés par les gangs armés. Par conséquent, les élèves et les jeunes déplacés sont privés de leur droit à la scolarisation et à la formation, les personnels éducatifs (directeurs d’école, enseignants, cadres administratifs, professeurs d’universités…) abandonnent leurs quartiers résidentiels à cause des menaces des gangs, et ceux et celles qui en ont les moyens, même très modestes, se dirigent vers un pays étranger, notamment les États-Unis et le Mexique.
Dans ce paysage sombre, le partenariat entre le FNE et l’UNICEF apparaît comme une bouffée d’oxygène, mais aussi comme une mise à l’épreuve de la gouvernance publique.
Les deux institutions se sont accordées sur la nécessité de mieux gérer les subventions et d’optimiser les ressources disponibles pour garantir la scolarisation du plus grand nombre d’enfants possible. Cette approche, si elle est suivie d’actions concrètes, pourrait contribuer à restaurer une certaine confiance dans la capacité de l’État haïtien à remplir son rôle social fondamental : offrir une éducation gratuite et de qualité.
L’un des points centraux de la rencontre fut la promotion du développement de la petite enfance, un maillon essentiel du système éducatif haïtien, mais trop souvent marginalisé dans les politiques publiques haïtiennes.
Comme l’a rappelé Mme Valcarce, « un enfant bien nourri, bien stimulé et bien accompagné dans ses premières années de vie a beaucoup plus de chances de réussir à l’école ».
Le FNE, pour sa part, s’est engagé à intégrer davantage de programmes de soutien à la petite enfance dans ses plans d’action, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers. Il s’agit d’un virage stratégique, susceptible de renforcer la base même du développement humain à long terme.



