Élections fixées au 30 août 2026 en Haïti : rendez-vous d’espoir démocratique ou nouvelle illusion ?
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

l’amélioration notable du climat sécuritaire et la mobilisation de ressources financières suffisantes pour mener à bien le processus. Une date électorale ne suffit pas Dans un pays fragmenté, où il s’agit de la première initiative électorale depuis 2015, la fixation d’une date était plus que nécessaire. Mais croire qu’elle suffit, sans rétablir une sécurité réelle, durable et visible, relève de l’aveuglement. Des élections crédibles exigent, avant tout, le rétablissement de la libre circulation sur l’ensemble du territoire. Aucune étape préélectorale ou électorale n’est envisageable tant que le référendum constitutionnel n’a pas été organisé, des centaines de milliers de personnes vivent dans la peur, des portions entières du pays restent occupées par des bandes armées. Dans une capitale où des quartiers entiers échappent au contrôle de l’État, l’idée d’un scrutin national apparaît pour l’heure irréaliste. Un dispositif institutionnel en question D’autres interrogations cruciales persistent. Le mandat du CPT prend fin le 7 février 2026 conformément à l’accord du 3 avril 2024, soit plus de six mois avant le premier tour prévu. Qui incarnera alors la légitimité nécessaire pour prendre les décisions stratégiques liées aux élections ? Le CEP, nommé par le CPT, jouit-il réellement de la crédibilité indispensable ? Faut-il envisager sa reconstruction sur de nouvelles bases : consensus national, autonomie financière, compétences techniques renforcées, transparence absolue Rappelons à cet égard que Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a récemment affirmé au micro d’un journaliste que seuls deux peut-être des neuf membres actuels du CEP bénéficient d’une certaine crédibilité. Haïti mérite des élections réelles, pas un rituel vide Toute élection fiable suppose un minimum de sécurité, de liberté de mouvement, de confiance dans l’institution électorale et dans l’État. Or ces conditions demeurent aujourd’hui largement absentes. Oui, Haïti a besoin d’un calendrier électoral. Oui, elle a besoin d’une date . Mais tant que le référendum constitutionnel n’aura pas eu lieu, tant que les gangs continueront à dicter leurs lois, tant que l’État n’aura pas recouvré la maîtrise de son territoire, parler d’élections revient à fabriquer un optimisme artificiel. Haïti ne mérite pas une mise en scène démocratique ou un rendez-vous de plus avec la déception, mais de véritables élections. Pierre Josué Agénor Cadet


