Alternative post-CPT, l’incertitude persiste
Par Jean Mapou · Port-au-Prince
· 3 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Cette proposition, portée par certains acteurs politiques, vise la mise en place d’un nouvel exécutif bicéphale, dirigé par un juge de la Cour de cassation, conformément à une interprétation stricte de la Constitution – version non amendée. Les partisans de cette option estiment qu’un tel schéma permettrait de rétablir une légitimité institutionnelle et de rompre avec une Transition jugée inefficace. Deuxième option : un exécutif monocephale autour d’un Premier ministre.
D’autres acteurs plaident pour le maintien d’un exécutif resserré, sans président, avec un Premier ministre à la tête soit d’un nouveau gouvernement, soit d’un gouvernement remanié. Cette formule est présentée comme plus pragmatique, permettant une continuité administrative tout en limitant les conflits internes au sommet de l’État, plaçant l’actuel premier ministre Fils-Aimé seul maître à bord à l’image d’Ariel Henry. Troisième option : le maintien d’un président issu du CPT.
Enfin, une troisième voie consiste à désigner un président parmi les neuf membres du CPT pour accompagner le gouvernement jusqu’à la fin de la Transition. Dans ce cadre, le conseiller-président Leslie Voltaire apparaît comme la figure bénéficiant du plus large consensus politique. Perçu comme plus rassembleur, il incarne, pour plus d’uns, une option viable de stabilité institutionnelle sans rupture brutale. Une transition sous pression Au-delà des jeux d’alliances et des calculs politiques, la réussite de l’une ou l’autre de ces options dépendra largement de la capacité des acteurs à s’accorder sur un minimum de consensus, dans un contexte marqué par l’insécurité, la fatigue sociale et la méfiance envers les institutions. À l’approche du 7 février 2026, Haïti se trouve donc face à un choix déterminant : soit parvenir à stabiliser la Transition autour d’une formule acceptable, soit s’exposer à une nouvelle phase d’incertitude politique. Les prochaines semaines seront décisives. Gesly Sinvilier/ Le Relief



