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Technocrates vous dites ?

Lorsque le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait promis un gouvernement de technocrates, le message semblait clair : rompre avec les logiques partisanes, privilégier l’expertise, rassurer les partenaires internationaux et restaurer un minimum de confiance dans l’appareil d’État.

Mais à la lumière de la composition du nouveau cabinet, une question s’impose : la promesse a-t-elle été tenue ou reconfigurée sous la pression des réalités politiques ?

Un gouvernement technocratique suppose des profils choisis principalement pour leurs compétences sectorielles, leur indépendance relative vis-à-vis des partis et leur capacité à gérer des crises complexes.

Or, plusieurs nominations semblent plutôt répondre à une logique d’équilibre politique, voire de représentation d’intérêts spécifiques. Dans un contexte de transition fragile, le Premier ministre ne gouverne pas seul. Il doit composer avec des forces internes, des groupes d’influence, des alliances temporaires et les équilibres imposés par son entourage jamais en panne d’appétit. Le premier ministre était attendu au tournant. La composition annoncée de son nouveau cabinet ministériel fait tomber les doutes. Le premier ministre Fils Aimé ne diffère pas de ses prédécesseurs. Il est pour le maintien du statu quo ou encore la perpétuation de la classe politique corrompue et traditionnelle. L’impression dominante est celle d’un retour à une pratique bien connue : la répartition des postes comme instrument de stabilisation politique.

Dans un pays marqué par des accusations récurrentes de corruption, de gabegies administratives et de mauvaise gouvernance, ce signal est lourd de conséquences. La transition repose essentiellement sur un capital fragile : la confiance. Il y va, dans une perspective plus large, de la crédibilité du processus électoral.

Si la perception publique s’installe que les nominations obéissent davantage à des pressions politiques qu’à des critères de compétence, la crédibilité du processus pourrait s’éroder davantage. La communauté internationale, qui a donné caution au Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, comprend déjà le jeu. Ces partenaires internationaux vont très bientôt s’interroger sur la capacité réelle du gouvernement à engager des réformes structurelles. Les notes de presse sur la reddition de compte ne vont pas tarder.

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