La Radio et la Tรฉlรฉvision nationales ne constituent plus, depuis longtemps, le cลur exclusif de la communication publique. Lโespace mรฉdiatique sโest fragmentรฉ, numรฉrisรฉ, dรฉsintermรฉdiรฉ. Plateformes numรฉriques, diffusion en continu, mรฉdias sociaux, production mobile de contenus, intelligence artificielle รฉditoriale, interaction en temps rรฉel avec les citoyens : lโรtat moderne ne communique plus par un canal unique, mais ร travers un systรจme intรฉgrรฉ de mรฉdias publics.
๐๐ง ๐ฅ๐ข๐๐ฎ ๐๐ญ ๐ฉ๐ฅ๐๐๐ ๐โ๐ฎ๐ง ๐๐ข๐ซ๐๐๐ญ๐๐ฎ๐ซ ๐๐ฬ๐ง๐ฬ๐ซ๐๐ฅ ๐๐ ๐ฅ๐ ๐๐๐๐ข๐จ ๐๐ญ ๐๐ฬ๐ฅ๐ฬ๐ฏ๐ข๐ฌ๐ข๐จ๐ง ๐๐๐ญ๐ข๐จ๐ง๐๐ฅ๐ (DGRTNH), ๐ฅ๐ ๐๐จ๐ง๐๐ญ๐ข๐จ๐ง ๐ ๐๐ ๐ง๐๐ซ๐๐ข๐ญ ๐ฬ ๐ฬ๐ฏ๐จ๐ฅ๐ฎ๐๐ซ ๐ฏ๐๐ซ๐ฌ ๐๐๐ฅ๐ฅ๐ ๐๐ ๐๐ข๐ซ๐๐๐ญ๐๐ฎ๐ซ ๐๐ฬ๐ง๐ฬ๐ซ๐๐ฅ ๐๐๐ฌ ๐๐ฬ๐๐ข๐๐ฌ ๐โ๐ฬ๐ญ๐๐ญ (DGME). La diffรฉrence ne tient pas ร une question de vocabulaire administratif. Elle concerne la maniรจre dont lโรtat conรงoit dรฉsormais sa prรฉsence dans lโespace informationnel.
Lโappellation ยซ Radio et Tรฉlรฉvision nationales ยป renvoie ร une configuration historique : celle dโun รtat qui sโadressait au pays ร travers deux antennes centrales, dans un paysage mรฉdiatique relativement stable et peu concurrentiel. Cette architecture correspondait ร une รฉpoque oรน la radio structurait lโespace public et oรน la tรฉlรฉvision reprรฉsentait le principal vecteur audiovisuel de diffusion nationale.
Ce paysage nโexiste plus. Lโinformation circule dรฉsormais dans un environnement hybride oรน les frontiรจres entre production, diffusion et rรฉception se brouillent. Les contenus migrent dโun support ร lโautre, les formats se recomposent en permanence et les publics naviguent entre radio, tรฉlรฉvision, plateformes numรฉriques, tรฉlรฉphones mobiles et rรฉseaux sociaux. Dans cet รฉcosystรจme mouvant, limiter lโaction publique ร la gestion de deux antennes historiques enferme lโรtat dans une reprรฉsentation rรฉductrice de sa propre communication.
Parler de mรฉdias dโรtat permet dโembrasser cette rรฉalitรฉ nouvelle. La radio nationale et la tรฉlรฉvision nationale y conservent leur place, mais comme composantes dโun ensemble plus vaste : plateformes numรฉriques publiques, services de diffusion en ligne, productions culturelles et รฉducatives, archives audiovisuelles, dispositifs dโinformation numรฉrique et futurs supports encore ร venir. Lโenjeu ne consiste plus ร administrer des stations, mais ร structurer un systรจme mรฉdiatique public capable dโaccompagner les transformations de lโespace informationnel.
Cette รฉvolution possรจde รฉgalement une portรฉe institutionnelle. Les mรฉdias dโรtat relรจvent de la continuitรฉ de la Rรฉpublique. Leur vocation consiste ร informer, documenter la vie nationale, transmettre la mรฉmoire collective et offrir un espace dโexpression au pluralisme social et culturel du pays. Ils appartiennent ร lโรtat, non aux gouvernements successifs.
Cโest prรฉcisรฉment cette distinction qui fonde leur crรฉdibilitรฉ. ๐๐ง ๐ฆ๐ฬ๐๐ข๐ ๐ ๐จ๐ฎ๐ฏ๐๐ซ๐ง๐๐ฆ๐๐ง๐ญ๐๐ฅ ๐ฉ๐๐ซ๐ฅ๐ ๐๐ฎ ๐ง๐จ๐ฆ ๐โ๐ฎ๐ง ๐ฉ๐จ๐ฎ๐ฏ๐จ๐ข๐ซ, ๐ฎ๐ง ๐ฆ๐ฬ๐๐ข๐ ๐โ๐ฬ๐ญ๐๐ญ ๐ฉ๐๐ซ๐ฅ๐ ๐๐ฎ ๐ง๐จ๐ฆ ๐๐ ๐ฅ๐ ๐ง๐๐ญ๐ข๐จ๐ง. Il inscrit lโaction publique dans la durรฉe, au-delร des alternances et des conjonctures.
Nommer un Directeur Gรฉnรฉral des Mรฉdias dโรtat, cโest prรฉparer lโinstitution ร รฉvoluer avec les technologies, avec les usages et avec les formes nouvelles de circulation de lโinformation. Autrement dit, cโest permettre ร lโรtat haรฏtien de penser ses mรฉdias non plus comme un hรฉritage administratif, mais comme une infrastructure stratรฉgique de la vie dรฉmocratique contemporaine.
5 Mars 2026


