Par Jean Mapou
PORT-AU-PRINCE.— Le Chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Brandon Wooster, a participé vendredi à la cérémonie de graduation de près de 900 cadets issus du Projet P4000 de l’École nationale de Police (ENP), réaffirmant à cette occasion le soutien de Washington aux efforts de stabilisation et de renforcement institutionnel engagés par les autorités haïtiennes.
Lors de l’événement, organisé en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, le diplomate américain a salué le rôle stratégique du programme P4000, soutenu par les États-Unis, pour augmenter les effectifs de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans un contexte sécuritaire marqué par la montée des violences armées.
M. Wooster a qualifié le leadership du chef du gouvernement haïtien d’essentiel pour les efforts de stabilisation en cours, soulignant que la coopération sécuritaire entre les deux pays demeure une priorité de Washington. «Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la PNH», a déclaré le diplomate, entouré de ses collaborateurs de l’ambassade.
Au-delà du volet opérationnel, le Chargé d’affaires a insisté sur la nécessité d’un renforcement des mécanismes de gouvernance et de redevabilité au sein des institutions publiques. «La stabilité et la sécurité nécessitent une surveillance et une responsabilisation», a rappelé Wooster, estimant que l’impunité administrative nuit autant à l’État que l’impunité pour les crimes. Selon lui, de nombreux fonctionnaires continuent à percevoir leur salaire et à bénéficier de privilèges sans assumer pleinement leurs fonctions, un phénomène qu’il juge préjudiciable à l’État haïtien, au peuple haïtien et aux intérêts américainsk.
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement de transition multiplie les annonces relatives au redéploiement de l’autorité de l’État, au renforcement des capacités de la PNH et à la préparation des prochaines échéances électorales. Le Projet P4000 vise à former 4 000 policiers supplémentaires entre 2026 et début 2027, dans le but d’accélérer la reconquête des territoires sous l’influence de groupes criminels et de restaurer durablement l’ordre public.
Jean Mapou / Le Relief


