Pitié pour tous ceux qui meurent de faim,
pour ces mains tendues qui ne rencontrent
que le vent et la poussière.
Pitié pour les mères qui serrent
un silence plus lourd qu’un tombeau,
et pour les enfants qui dorment
qu’avec des rêves troués.
Pitié pour les vieux qui ont compté
leurs jours sur des cailloux,
et qui n’ont plus rien à donner
que le souffle fragile d’un dernier espoir.
Pitié pour ceux qui marchent
d’un pays à l’autre,
cherchant un pain, un regard,
une minute d’humanité.
Pitié pour ma terre elle-même,
épuisée de porter nos indifférences
comme des pierres dans sa gorge.
Et pitié pour nous,
si riches de tout
mais si pauvres de nous.
Jean Venel Casséus


