PORT-AU-PRINCE.— Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a commémoré, ce lundi, la Journée mondiale de lutte contre le Sida lors d’une cérémonie tenue à l’hôtel Montana, sous les thèmes: «Surmonter les perturbations, transformer la riposte au Sida» et «Sida: nou pap fè bak; n ap kontinye batay la».
L’événement s’est déroulé en présence du ministre de la Santé, Dr Sinal Bertrand, du directeur général du MSPP, Dr Gabriel Timothée, du représentant de l’ONUSIDA en Haïti, Dr Christian Mouala, du coordonnateur ad intérim du Système des Nations Unies, Ariel Pino, ainsi que de nombreux partenaires techniques et financiers.
Des progrès significatifs enregistrés, mais encore insuffisants
Selon les données couvrant octobre 2024 à septembre 2025, Haïti compte environ 150 000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Parmi elles, 145 648, soit plus de 90%, connaissent leur statut sérologique. Le pays enregistre 1 300 décès liés au Sida et environ 5 800 nouveaux cas sur la période.
Concernant l’accès aux soins:
–79% des personnes diagnostiquées suivent un traitement antirétroviral;
–67% ont bénéficié d’un test périodique de charge virale;
–57%présentent une charge virale indétectable, un élément essentiel pour interrompre la transmission du virus.
Si ces résultats témoignent d’avancées notables, ils restent en deçà des objectifs internationaux du « 90-90-90 » fixés pour 2020.
Un objectif encore en vue: éradiquer le VIH d’ici 2030
Le gouvernement réaffirme son ambition: placer Haïti sur la voie de l’élimination de l’épidémie à l’horizon 2030, avec une étape clé fixée à 2028 dans le cadre du Plan national multisectoriel de lutte contre le VIH/Sida.
«Nous allons poursuivre la bataille, malgré les défis», a insisté le ministre Sinal Bertrand, rappelant que l’insécurité persistante perturbe l’accès aux soins et fragilise les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants.
Face aux obstacles sécuritaires et logistiques, le MSPP assure maintenir ses efforts, en coordination avec ses partenaires internationaux, pour améliorer la prévention, renforcer les services de prise en charge et protéger les avancées acquises au fil des années.
Jean Mapou


