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Vertières : quand Napoléon reconnut sa plus grande défaite

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Le 18 novembre 1803, sur les hauteurs de Vertières, la machine militaire napoléonienne subit l’une des plus éclatantes défaites de son histoire. L’expédition Leclerc, envoyée pour rétablir l’esclavage à Saint-Domingue et briser l’ordre politique instauré par Toussaint Louverture, s’effondra face à la détermination de l’armée indigène dirigée par Jean-Jacques Dessalines.

Après la déportation de Toussaint et la politique de répression menée par le général Leclerc ( fusillades, exécutions, terreur) , les anciens comme les nouveaux libres se rassemblent autour de Dessalines, Pétion et des chefs marrons. La recomposition des forces indigènes, confirmée à l’Arcahaie par l’adoption du bicolore bleu et rouge, donne naissance à une armée unifiée, prête à rompre définitivement avec la domination française.

À la mi-novembre 1803, plus de vingt mille soldats sont regroupés autour de Dessalines près du Cap. Leur objectif : s’emparer des positions stratégiques de Vertières, Bréda, Champin et Pierre-Michel. L’assaut du 18 novembre, lancé sous des pluies battantes et sous un feu nourri de l’artillerie française, voit émerger une figure légendaire : Capois-la-Mort. À cheval, puis à pied après que sa monture a été fauchée, il entraîne ses hommes d’un cri resté célèbre :  » En avant ! ».
Sa bravoure et sa détermination forcent même l’admiration de la garde d’honneur française.

Au fil des heures, les positions françaises tombent les unes après les autres. Rochambeau, acculé, finit par abandonner le fort, livré aux flammes. Le lendemain, son adjoint Duverrier signe la reddition du Cap. La défaite est totale.

Le 29 novembre 1803, l’indépendance est proclamée à Fort-Dauphin avant d’être confirmée le 1ᵉʳ janvier 1804 aux Gonaïves avec la naissance de la République d’Ayiti.

Des années plus tard, Napoléon lui-même reconnaîtra l’étendue de son erreur. Dans le Mémorial de Sainte-Hélène, le 10 janvier 1817, il écrira :
 » L’affaire de Saint-Domingue a été une grande sottise de ma part… la plus grande faute que j’aie commise en administration ».
Vertières reste ainsi, plus de deux siècles après, dans la mémoire universelle, un modèle de résistance et l’un des plus grands triomphes d’un peuple en lutte pour sa liberté.

Pierre Josué Agénor Cadet

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