Les tensions entre Washington et Caracas se sont fortement accrues après l’annonce par les États-Unis d’un « blocus total » visant les pétroliers sous sanctions se rendant au Venezuela ou en partant. Face au risque d’escalade, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé mercredi à la retenue et à un apaisement immédiat de la situation, selon l’un de ses portes-paroles.
Cet appel intervient au lendemain d’un entretien téléphonique entre M. Guterres et le président vénézuélien Nicolás Maduro. Dans un communiqué, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères indique que le chef de l’État a dénoncé des déclarations du président américain Donald Trump, jugées inacceptables, selon lesquelles le pétrole, les ressources naturelles et le territoire du Venezuela appartiendraient aux États-Unis. Caracas y voit une menace directe contre sa souveraineté, le droit international et la paix régionale.
Malgré l’annonce du blocus, la compagnie pétrolière nationale PDVSA affirme que les exportations de brut et de produits dérivés se poursuivent normalement et que les pétroliers continuent de naviguer en sécurité. L’annonce américaine a néanmoins provoqué une hausse des prix du pétrole sur les marchés internationaux.
Pour justifier cette mesure, Donald Trump accuse le Venezuela d’utiliser ses revenus pétroliers pour financer le narcotrafic, la traite d’êtres humains et d’autres activités criminelles. Il a également mis en avant le déploiement militaire américain dans les Caraïbes, évoquant un encerclement du pays par la plus grande armada jamais assemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud, tout en maintenant le flou sur une éventuelle intervention terrestre.
Les réactions internationales se multiplient. Le Mexique a appelé l’ONU à prévenir toute effusion de sang et réaffirmé son opposition aux interventions étrangères. La Chine a dénoncé toute forme d’intimidation unilatérale et réaffirmé son soutien à la souveraineté vénézuélienne, tandis que l’Iran a qualifié le blocus de piraterie d’État. Aux États-Unis mêmes, des voix s’élèvent: le député démocrate Joaquin Castro a estimé que le blocus naval constituait un acte de guerre non autorisé par le Congrès.
Dans ce climat de fortes tensions diplomatiques et militaires, l’appel de l’ONU à la désescalade apparaît comme une tentative de prévenir un conflit ouvert aux conséquences régionales et internationales potentiellement graves.
Jean Mapou


