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Rétention de Rosemilla Petit Frère à la DCPJ : la FJKL dénonce la lenteur du dossier, mais reste prudente

PORT-AU-PRINCE. — Dans une entrevue exclusive accordée au Relief, Marie Yolène Gilles, directrice exécutive de la Fondasyon Je Klere (FJKL), s’est exprimée avec prudence sur le cas de Rosemilla Petit Frère, retenue à la DCPJ depuis près de deux semaines. Pour la militante des droits humains, cette situation illustre à la fois la lenteur et la nonchalance de la justice haïtienne.

La dirigeante de la FJKL a toutefois précisé que Rosemilla Petit Frère n’était pas officiellement en détention, bien qu’elle ne soit pas libre de ses mouvements. Marie Yolène Gilles préfère parler de rétention à la DCPJ, puisque les chefs d’accusation la concernant n’ont pas encore été énoncés ni clarifiés. « Elle n’est pas dans une situation de détention, elle est simplement retenue à cause de petits problèmes dans la correspondance de la Police du Nord et des mentions pas très claires du rapport de police de la République voisine », a-t-elle souligné.

Arrêtée en République dominicaine et remise aux autorités haïtiennes, Rosemilla Petit Frère fait aujourd’hui face à des soucis de santé. Une délégation de la FJKL s’est rendue vendredi dernier à la DCPJ afin de vérifier si ses droits n’avaient pas été violés.

« Nous avons voulu constater si elle avait accès à un médecin pour ses traitements, ce qui était le cas », a indiqué Marie Yolène Gilles, tout en appelant les autorités à agir avec célérité pour donner suite à ce dossier. Elle a rappelé que « nul ne peut être privé indéfiniment de sa liberté sans qu’une décision de justice ait été prise à son encontre ».

Selon elle, le cas de Mme Petit Frère ne peut être dissocié du contexte politique. Cette rétention s’apparente à un règlement de comptes d’État et illustre comment certains dossiers judiciaires sont instrumentalisés à des fins politiques.

Sans vouloir interférer, la militante estime que les avocats de Petit Frère pourraient introduire une requête en habeas corpus afin d’obtenir sa remise en liberté. Qu’il s’agisse de rétention ou de détention préventive, Rosemilla Petit Frère reste bloquée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire, sans qu’aucune charge formelle ne pèse sur elle. Son cas illustre de manière symptomatique les dérives de la justice haïtienne.

Jean Mapou

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