Par Jean Wesley Pierre
À l’occasion de la Journée de la main rouge, dédiée à la lutte contre le recrutement et l’utilisation des enfants par des groupes armés, l’UNICEF a publié, ce 12 février 2026, un communiqué de presse particulièrement préoccupant. L’agence onusienne y révèle une augmentation de 200 % des enrôlements d’enfants en 2025, soit un phénomène qui a triplé en l’espace d’un an.
Cette progression rapide illustre une détérioration profonde des conditions de protection de l’enfance. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par des déplacements massifs de populations : plus de 1,4 million de personnes sont aujourd’hui déplacées internes, dont plus de la moitié sont des enfants. Ces derniers vivent sous une menace permanente mêlant violence, extrême pauvreté et catastrophes naturelles, autant de facteurs qui accentuent leur vulnérabilité.
L’UNICEF souligne également une exploitation croissante des mineurs et rappelle que le recrutement d’enfants constitue une violation grave du droit international. Cette précision n’est pas anodine : elle renvoie à des obligations juridiques claires et à la responsabilité des acteurs impliqués, tout en soulignant l’ampleur des défis en matière de respect des droits fondamentaux des enfants.
Malgré ce tableau préoccupant, certaines initiatives de prise en charge existent. Depuis janvier 2024, plus de 500 enfants ont été identifiés et accompagnés vers un processus de réintégration. Ce chiffre témoigne d’efforts concrets, mais il souligne aussi, en creux, l’ampleur des besoins face à l’augmentation rapide des enrôlements.
Face à cette situation, l’UNICEF appelle à un renforcement urgent des mécanismes de protection de l’enfance et à un soutien accru de la communauté internationale. Cet appel met en évidence la nécessité d’une réponse collective structurée, tant sur le plan humanitaire que sur celui de la prévention, afin de limiter l’exploitation des mineurs et d’assurer leur protection durable.
Ainsi, les données publiées dans ce communiqué posent un constat clair : la protection des enfants confrontés aux groupes armés demeure un enjeu majeur, nécessitant des actions renforcées, coordonnées et immédiates.
Jean Wesley Pierre / Le Relief


