Par Jean Wesley Pierre
Intervenant sur les ondes de (LRVM) à Paris ce dimanche 29 mars 2026, Afice Fresnel a livré une position tranchée sur la crise politique haïtienne : oui aux élections, mais à condition impérative de garantir la sécurité. Face à une transition jugée trop longue et inefficace, il appelle à une reconfiguration du jeu politique incluant pleinement la diaspora, tout en dénonçant la mauvaise gestion de fonds publics censés lui être destinés.
Pour le directeur Afice Fresnel, l’urgence électorale ne peut être dissociée de la question sécuritaire. Dans un pays où l’insécurité structurelle fragilise toute perspective institutionnelle, organiser des élections sans garanties minimales reviendrait, selon lui, à compromettre d’emblée leur crédibilité. Sa position est claire : le principe électoral reste indispensable, mais son application doit être conditionnée à un environnement stabilisé.
Cette exigence s’accompagne d’une critique directe de la durée de la transition politique. Jugée excessive, celle-ci alimente, d’après Fresnel, une forme d’enlisement institutionnel qui affaiblit davantage l’État. Plus la transition s’étire, plus elle perd en légitimité, tout en laissant le champ libre à des dynamiques informelles de pouvoir.
Au-delà de la question électorale, l’intervenant met en avant un enjeu souvent relégué au second plan : la participation politique de la diaspora haïtienne. Il ne s’agit pas, insiste-t-il, d’une contribution financière ponctuelle, mais d’une intégration réelle dans les processus décisionnels. Cette vision rompt avec une approche utilitariste de la diaspora, souvent réduite à ses transferts économiques, et appelle à une reconnaissance politique structurée.
Dans cette perspective, le directeur Afice Fresnel dénonce la gestion mauvaise gestion des prélèvements de « 1,50 $ US » sur chaque transfert international et « 0.05 $ US » par minute d’appel entrant de la diaspora, qu’il estime mal administré par le (FNE). Cette critique soulève une problématique plus large : celle de la gouvernance des ressources publiques et de la transparence dans leur utilisation. En mettant en cause ce mécanisme, il questionne indirectement la capacité de l’État à transformer les contributions de la diaspora en politiques publiques efficaces.
L’ensemble de ces positions dessine une ligne politique cohérente : refuser les solutions précipitées, exiger des conditions minimales de sécurité, raccourcir la transition et redéfinir le rôle de la diaspora dans la reconstruction institutionnelle. Mais cette vision pose aussi une équation complexe : comment instaurer la sécurité nécessaire sans institutions pleinement fonctionnelles, et comment relancer ces institutions sans passer par le suffrage ?
En filigrane, l’intervention de Mr Fresnel met en lumière une tension centrale de la crise haïtienne : la nécessité d’avancer vers des élections tout en reconnaissant que les conditions actuelles en limitent la portée. Entre exigence de légitimité et contrainte de réalité, son analyse invite à repenser les priorités de la transition politique.

