Par Yvon Bonhomme
1-Une transition qui annonce une recomposition politique majeure.
Depuis l’assassinat tragique du Président Jovenel Moïse, Haïti traverse une période d’incertitude institutionnelle comparable aux temps d’instabilité précédant la montée au pouvoir de Faustin Soulouque en 1847. Comme à cette époque, le pays est confronté à une succession de gouvernements éphémères, dépourvus de vision à long terme et incapables de restaurer l’autorité de l’État.
L’actuelle transition politique révèle un cycle de désordre et de fragmentation, où l’absence d’un projet national cohérent a laissé place à la gouvernance de circonstance. L’histoire montre pourtant que de telles périodes sont souvent les préludes à une restauration de l’ordre par des forces structurées, disciplinées et porteuses d’une vision de reconstruction nationale.
De la même manière que la crise post-indépendance a ouvert la voie à une redéfinition du pouvoir sous Soulouque, la situation actuelle prépare le terrain pour une droite moderne — non pas autoritaire, mais rationnelle, technocratique et souverainiste — capable de stabiliser durablement le pays.
2.- De l’histoire à la prospective : vers une droite moderne et républicaine.
L’évolution du contexte mondial montre une remontée des forces de droite pragmatiques à travers le continent américain : des États-Unis (avec la résurgence du courant conservateur incarné par la «nouvelle droite américaine») jusqu’à l’Amérique du Sud (Argentine, Uruguay, Paraguay, Équateur), sans oublier les courants modérés de gouvernance de centre-droit en République Dominicaine et au Salvador.
Ce retour s’explique par la volonté des peuples de replacer la sécurité, la discipline, l’investissement productif et la responsabilité nationale au cœur des politiques publiques, face à la crise du libéralisme désordonné et de la corruption systémique.
Haïti n’échappe pas à cette logique. Le pays, confronté à la désintégration sociale et à la défaillance institutionnelle, recherche instinctivement une gouvernance forte, mais éthique, capable de concilier ordre et inclusion. C’est cette droite scientifique, humaniste et républicaine, inspirée des valeurs de Dessalines et de la raison moderne, qui représente aujourd’hui la voie du salut national.
3.- Une lecture comparée : les gouvernements éphémères avant Soulouque et la crise actuelle.
L’instabilité chronique observée depuis 2021 rappelle de façon frappante les années de confusion politique qui ont suivi la mort de Jean-Pierre Boyer et précédé le régime impérial de Faustin Soulouque. À cette époque, plusieurs gouvernements faibles et divisés se sont succédé, incapables de répondre aux défis du pays. La population, lassée par la désorganisation, avait fini par se tourner vers une autorité capable de restaurer l’ordre et la cohésion nationale.
Aujourd’hui encore, l’histoire semble se répéter : la multiplicité des clans, la fragilité des institutions et la perte de repères collectifs témoignent d’un cycle de désorientation politique. Cependant, contrairement au XIXᵉ siècle, la nouvelle droite haïtienne à venir devra être moderne, démocratique et ouverte, fondée non sur la domination, mais sur la science, la planification et la moralité publique.
4.- Une dimension géopolitique incontournable : la montée de la nouvelle droite américaine.-
Sur le plan international, la montée en puissance de la nouvelle droite américaine, incarnée par le retour du courant trumpiste, influence désormais les équilibres diplomatiques du continent. Cette orientation met en avant le protectionnisme économique, la souveraineté nationale et la relocalisation industrielle, des valeurs qui pourraient inspirer Haïti dans sa quête d’autonomie économique.
Dans un monde en mutation, marqué par la compétition technologique et la reconfiguration des alliances, une droite haïtienne moderne devra savoir dialoguer avec cette tendance internationale, non par mimétisme, mais par convergence stratégique : affirmer la souveraineté d’Haïti tout en s’intégrant intelligemment dans les nouvelles dynamiques régionales.
Conclusion : vers un droite dessalinienne humaniste et scientifique.-
Face à la complexité de la crise actuelle, il apparaît évident qu’Haïti ne peut plus se contenter d’expériences improvisées ou d’idéologies dogmatiques déconnectées de la réalité. Le pays a besoin d’un leadership porteur d’une vision claire, pragmatique et fondée sur la recherche scientifique, capable de formuler des politiques publiques rationnelles et durables.
L’avenir d’Haïti réside dans l’émergence d’une droite moderne, humaniste et scientifique, héritière des principes de Dessalines, mais adaptée aux exigences du XXIᵉ siècle : une droite dessalinienne républicaine, éthique, disciplinée et ouverte sur le monde. Cette orientation ne prône ni la rigidité autoritaire ni la complaisance populiste, mais une gouvernance équilibrée, axée sur la science, la technologie, la rationalité économique et l’innovation sociale.
C’est précisément de cette droite dessalinienne humaniste et scientifique que s’inspire le programme du parti politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL), baptisé «Renaissance (Leave No One Behind)», articulé autour de Treize Commandements et développé dans un document de 1 500 pages définissant les bases de la Deuxième République, ou République Renaissante. Ce programme incarne la vision d’un État fort, juste et stratégiquement orienté vers le progrès durable, où la science, l’éthique et l’expérience remplacent enfin les pratiques d’amateurisme et d’improvisation politique.
Le temps n’est plus aux tâtonnements : il est venu pour Haïti de renouer avec la raison, la discipline, et la recherche scientifique appliquée à la gouvernance — les véritables fondements d’une renaissance nationale durable et inclusive.
Par Yvon Bonhomme
Président-Fondateur du parti politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL),
Ancien Directeur Général du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE)
Stoïcien – Chercheur engagé


