samedi, janvier 24, 2026
7.1 C
Londres

Perquisition au domicile du maire de Port-au-Prince : Ralph Youri Chevry écrit au CPT

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 19 décembre 2025 —L’affaire opposant le maire de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) et le commissaire du gouvernement prend une tournure institutionnelle majeure.

Une semaine après la perquisition à son domicile, le président de la commission communale de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, a adressé une correspondance au conseil présidentiel de transition pour dénoncer les faits jugés graves dont il a été l’objet.

Chevry a aussi saisi le tribunal de première instance de Port-au-Prince par citation directe contre Justin Marc, directeur de la DCPJ. Les griefs évoqués sont lourds : violation de domicile, dégradations, atteinte à la liberté individuelle, violences alléguées sur un employé, mort d’un animal domestique et intervention policière supposément menée sans mandat judiciaire.

La sortie du CPT, un signal politique fort

Le conseiller-président, Fritz Alphonse Jean, a confirmé la correspondance officielle du maire de la capitale, dénonçant une « intervention policière irrégulière ».

En réactions Fritz Alphonse Jean a écrit au garde des sceaux de la République pour lui demander m des éclaircissements sur cette perquisition jugé tendancieuse. Avec cette démarche, il ne se contente pas de relayer une plainte : il engage la responsabilité politique de l’exécutif et de l’appareil sécuritaire, qualifiant l’intervention d’« acte odieux ».
« Son chien abattu, la barrière de la propriété défoncée caractérisent la violence de l’action perpétrée ce jour-là contre le premier citoyen de la ville. »

Cette prise de position publique, rare à ce niveau de l’État, confère à l’affaire une portée institutionnelle qui dépasse désormais le cadre d’un simple différend entre responsable d’une collectivité locale et la police judiciaire. Le CP place désormais ce dossier au cœur du débat national sur le respect de l’État de droit.

Des versions contradictoires

Selon une source interne à la DCPJ, relayée par plusieurs médias, trois armes à feu et un drone auraient été saisis lors de la perquisition. Toutefois, à ce jour, aucune communication officielle de la police ou du parquet n’est venue préciser le fondement légal de l’intervention, ni les infractions éventuellement reprochées au magistrat communal.

Malgré tout, la DCPJ a convoqué le maire pour le lundi 22 décembre 2025. Déjà,!l’édile avait dénoncée la persécution de son domicile comme un acte politique, tout en annonçant avoir engagé des poursuites judiciaires contre l’institution.

De la sécurité à légalité… la ligne rouge en question

Le cas de Ralph Youri Chevry illustre une tension centrale dans la gouvernance actuelle : comment concilier l’impératif sécuritaire avec le respect strict des procédures légales ?

Certes, le maire de Port-au-Prince est un agent public et un magistrat communal, soumis à la loi comme tout citoyen. Mais ce statut n’annule en rien ses droits constitutionnels, notamment l’inviolabilité du domicile et les garanties procédurales prévues par la loi.

Dans un contexte où la police est appelée à agir avec fermeté contre l’insécurité, toute opération menée en dehors du cadre légal si elle est avérée fragilise la crédibilité même de l’État et nourrit la défiance généralisée envers les institutions.

Ce dossier constitue ainsi un test décisif pour l’État de droit en Haïti, dans une période de transition déjà marquée par la fragilité institutionnelle. Il impose aux autorités judiciaires et sécuritaires une obligation de transparence, de rigueur et de reddition de comptes.

À défaut de clarifications rapides et crédibles, l’affaire risque de devenir un symbole supplémentaire de la crise de gouvernance et d’alimenter les soupçons d’instrumentalisation politique des forces de sécurité.

Au 19 décembre 2025, une certitude s’impose : seule une procédure judiciaire indépendante, respectueuse du droit et menée en toute transparence permettra d’éviter que cette affaire n’érode davantage la confiance déjà fragile entre l’État et les citoyens.

Hot this week

«L’État ne cedera aucun terrain», l’appel du DG de la PNH aux gangs à déposer les armes

Par Jean Mapou PORT-AU-PRINCE.— Dans un contexte sécuritaire de plus...

Une mobilisation pour le document d’identité en pleine crise politique

Par Jean Wesley Pierre Le Collectif Défenseurs Plus a organisé...

L’Eternel est grand mais le Blanc est encore plus grand, Haïti mon Amour !

L’Éternel est grand, dit-on.Mais le Blanc est plus grand...

Crise au sommet: Le CPT envisage de révoquer le Premier ministre Fils-Aimé en dépit d’une mise en garde de Washington

Par Jean Mapou Port-au-Prince.— Une nouvelle escalade institutionnelle s’est produite...

Ligue des champions: Quand Prague gèle, Barcelone s’enflamme

Par Jean Wesley Pierre Mené très tôt au score sur...

Topics

«L’État ne cedera aucun terrain», l’appel du DG de la PNH aux gangs à déposer les armes

Par Jean Mapou PORT-AU-PRINCE.— Dans un contexte sécuritaire de plus...

Une mobilisation pour le document d’identité en pleine crise politique

Par Jean Wesley Pierre Le Collectif Défenseurs Plus a organisé...

L’Eternel est grand mais le Blanc est encore plus grand, Haïti mon Amour !

L’Éternel est grand, dit-on.Mais le Blanc est plus grand...

Crise au sommet: Le CPT envisage de révoquer le Premier ministre Fils-Aimé en dépit d’une mise en garde de Washington

Par Jean Mapou Port-au-Prince.— Une nouvelle escalade institutionnelle s’est produite...

Ligue des champions: Quand Prague gèle, Barcelone s’enflamme

Par Jean Wesley Pierre Mené très tôt au score sur...

CPT : la farce finale d’une transition sans honneur

Par Pierre Josué Agénor Cadet À l’agonie de son prétendu...

Related Articles

Popular Categories