Par Jean Wesley Pierre
Caracas / Washington — Quatre jours après l’opération américaine baptisée « Absolute Resolve », menée dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier 2026 à Caracas et ayant abouti à la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro, le bilan humain demeure lourd et encore incertain, en l’absence de chiffres officiels communiqués par les autorités vénézuéliennes.
Selon plusieurs sources concordantes citées par les médias internationaux, entre 70 et 80 personnes auraient été tuées lors des frappes aériennes et des affrontements au sol. Une organisation regroupant des médecins au Venezuela a indiqué à l’AFP un bilan provisoire d’environ 70 morts et 90 blessés, tandis qu’une source militaire anonyme évoque au moins quinze tués confirmés. De son côté, le New York Times fait état de 80 décès, citant une source gouvernementale.
Les autorités vénézuéliennes ont publié un bilan officiel, de 55 morts. Dimanche, le principal hôpital militaire du pays a refusé de fournir des informations, invoquant des consignes de sécurité. Des journalistes de l’AFP se sont rendus dans plusieurs centres hospitaliers de Caracas sans pouvoir accéder aux données médicales. Mais ce mardi elles ont affirmé une soixantaine de victimes.
Pertes vénézuéliennes et cubaines
Le gouvernement cubain a annoncé la mort de 32 ressortissants cubains déployés au Venezuela au moment de l’opération. Selon La Havane, il s’agissait de membres des forces armées ou du ministère de l’Intérieur cubains, présents dans le cadre de la coopération sécuritaire entre les deux pays. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a décrété deux jours de deuil national, saluant des soldats tombés « au combat » face aux forces américaines.
Les médias vénézuéliens rapportent par ailleurs la publication, par un journaliste local, d’une liste de 18 militaires vénézuéliens appartenant au cercle de sécurité présidentielle qui auraient été tués lors de l’assaut.
Accusations d’exécutions et zones d’ombre
Le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino, a dénoncé des exécutions « de sang-froid », affirmant que certaines victimes auraient été abattues après la neutralisation des combats. Il accuse également les forces américaines d’avoir touché des zones civiles lors des bombardements préalables à l’assaut terrestre.
Des responsables hospitaliers ont confirmé l’admission ponctuelle de militaires et de civils blessés dans plusieurs établissements publics de la capitale, notamment à l’hôpital Pérez Carreño, dans l’ouest de Caracas, où deux militaires et un civil auraient été soignés. Les hôpitaux militaires, selon des sources médicales, auraient été rapidement saturés.
Aucun mort américain confirmé
Du côté américain, les autorités assurent que aucun soldat américain n’a été tué lors de l’opération. Un hélicoptère aurait été touché par des tirs, sans provoquer de pertes humaines. Washington qualifie l’intervention de succès militaire, soulignant la précision de l’opération et la coordination entre les moyens aériens, terrestres et cybernétiques.
Un bilan encore provisoire
Alors que Nicolas Maduro a été enlevé par les États-Unis, le bilan définitif de l’opération reste provisoire. Les organisations de défense des droits humains appellent à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin de faire la lumière sur les pertes civiles et les accusations d’exécutions extrajudiciaires.
Sur le plan international, si l’opération est saluée par certains alliés de Washington comme un coup porté à un régime autoritaire, elle suscite également de vives interrogations quant à ses conséquences humanitaires, juridiques et diplomatiques à long terme.
Jean Wesley Pierre/ Le Relief


