Par Gesly Sinvilier
Le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) a annoncé avoir échangé avec le Secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, autour des principaux défis auxquels fait face le continent américain, avec un accent particulier sur les situations au Venezuela et en Haïti. Cet échange de haut niveau confirme la volonté des deux organisations de renforcer leur coordination pour répondre à des crises politiques et sécuritaires persistantes.
Venezuela : dialogue, droits humains et prévention de l’instabilité
S’agissant du Venezuela, les deux responsables ont indiqué qu’ils suivraient de près l’évolution politique dans les prochains jours afin d’identifier les étapes à entreprendre. L’OEA et l’ONU ont insisté sur la nécessité de soutenir le peuple vénézuélien par des mécanismes fondés sur le dialogue, le respect du droit international et la protection des droits humains. L’objectif affiché est clair : prévenir toute nouvelle escalade de l’instabilité dans un pays déjà fragilisé par des années de crise institutionnelle, économique et sociale.
Cette position s’inscrit dans une approche multilatérale prudente, privilégiant la concertation et l’action collective plutôt que les mesures unilatérales, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions politiques.
Haïti : la transition politique au cœur des préoccupations
La situation haïtienne a également occupé une place centrale dans les discussions. Le Secrétaire général de l’OEA a souligné l’importance d’une coordination étroite entre l’ONU et l’OEA pour appuyer les efforts en matière de sécurité, de gouvernance et de préparatifs électoraux. Cette coopération est jugée essentielle dans la perspective d’élections démocratiques, explicitement évoquées « dans le contexte de la transition politique à venir ».
Cette mention de la transition politique confirme que la communauté internationale considère Haïti à un tournant décisif. Entre l’insécurité généralisée, l’effondrement institutionnel et l’absence d’autorités élues, le pays reste dépendant d’un accompagnement international structuré pour recréer les conditions minimales d’un retour à l’ordre constitutionnel.
Vers une action multilatérale coordonnée
Au terme de cet échange, l’ONU et l’OEA ont réaffirmé leur engagement commun en faveur d’une coopération renforcée et d’une action multilatérale coordonnée au service de la paix, de la démocratie et de la stabilité dans la région. Ce positionnement traduit une volonté de parler d’une seule voix face aux crises hémisphériques, tout en respectant les principes du droit international.
Pour Haïti comme pour le Venezuela, cette convergence diplomatique pourrait constituer un signal politique fort. Reste à savoir si cette coordination se traduira rapidement par des actions concrètes capables d’influer durablement sur des situations qui, jusqu’ici, ont résisté aux multiples initiatives internationales.
Gesly Sinvilier / Le Relief


