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Liquidation de la souveraineté nationale via des contrats léonins : La Fondasyon Je Klere (FJKL) crie au scandale

Le contrat prévoit également une redevance de performance de 20 % pendant les trois premières années, puis 15 % durant les sept années suivantes, calculée sur les recettes douanières dépassant un seuil annuel de 458 millions de dollars.

Selon la FJKL, ce seuil est largement inférieur aux recettes actuelles de l’Administration générale des douanes, qui génère environ 11 milliards de gourdes par mois, soit près de 1 milliard de dollars par an.

Dans ces conditions, la fondation estime que la firme pourrait engranger plus d’un milliard de dollars sur dix ans, même sans amélioration significative des performances douanières.

Un contrat de sécurité de 52 millions de dollars

Le rapport évoque également un troisième accord conclu avec la société Windward Wyoming LLC, visant à fournir un soutien tactique et stratégique à la Police nationale d’Haïti dans la lutte contre les gangs.
Ce contrat, dont la version officielle n’a pas été rendue publique selon la FJKL, prévoirait la mise en place d’une force opérationnelle d’environ 100 hommes, répartie sur trois bases dans le pays et chargée d’opérations contre les groupes armés.

La firme aurait promis notamment la neutralisation de plusieurs chefs de gangs, la réouverture de routes nationales stratégiques, la sécurisation de zones portuaires et la stabilisation de certaines régions en quelques semaines d’opérations.

Le montant du contrat serait estimé à 52 millions de dollars pour une année. Selon les informations obtenues par la fondation, l’État haïtien aurait déjà versé environ 35,5 millions de dollars à la firme durant les huit premiers mois du contrat, dont 20,89 millions de dollars pour le seul mois de novembre 2025.

Des résultats jugés insuffisants

La FJKL affirme toutefois qu’aucune des promesses faites dans ce contrat de sécurité n’a été tenue. L’aéroport international reste fermé, plusieurs routes nationales demeurent sous le contrôle de gangs et l’accès au port n’a pas été totalement rétabli.

L’organisation estime que les 52 millions de dollars engagés auraient pu permettre de renforcer significativement les forces de sécurité nationales. Avec un salaire mensuel moyen de 30 250 gourdes par policier, cette somme aurait pu financer le salaire annuel de plus de 17 000 policiers ou soldats pour les Forces armées d’Haïti.

Appel à des enquêtes

En conclusion, la FJKL considère que ces trois contrats conclus avec des firmes étrangères constituent une forme de délégation de compétences régaliennes et pourraient compromettre la souveraineté nationale. L’organisation appelle à des enquêtes approfondies par les institutions de lutte contre la corruption et par de futures commissions parlementaires afin de déterminer les responsabilités dans la signature de ces accords.

La rédaction

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