Selon l’UNICEF, le nombre d’enfants recrutés et utilisés par les groupes armés en Haïti a augmenté de 200 % en 2025, soit trois fois plus qu’en 2024. Cette tendance alarmante menace directement la sécurité des jeunes et complique le retour à la stabilité dans le pays.
Si l’UNICEF avait fait mention en 2024 que les gangs sont formés a moitié des enfants, le phénomène prend une ampleur inquiétante en 2025. Utilisés comme guetteurs, surveillants d’otages ou même envoyés en première ligne lors d’affrontements, des milliers de mineurs se retrouvent exposés à des violences extrêmes.
L’information sur l’augmentation est relayée dans une note parue ce 12 février 2026 sur le site de l’UNICEF à l’occasion de la Journée de la main rouge. Une date de sensibilisation contre l’enrôlement et l’utilisation des enfants par des acteurs armés.
L’UNICEF souligne que cette pratique constitue une violation grave du droit international et compromet durablement la santé, l’éducation et l’avenir de ces enfants.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements massifs de population — plus de 1,4 million de personnes étant aujourd’hui déplacées à l’intérieur du pays, dont une majorité d’enfants —, la vulnérabilité des plus jeunes ne cesse de s’aggraver. Beaucoup sont contraints de rejoindre des groupes armés pour survivre, d’autres y sont poussés sous la menace ou après avoir été séparés de leur famille.
« Les droits des enfants sont non négociables », a rappelé la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, appelant à la libération et à la prise en charge de tous les mineurs associés aux groupes armés. Depuis janvier 2024, plus de 500 enfants ont déjà pu être identifiés et orientés vers des programmes de protection et de réintégration, en collaboration avec les institutions haïtiennes et les partenaires humanitaires.
Mais l’agence onusienne prévient : sans un renforcement rapide des mécanismes de protection de l’enfance et un soutien financier accru aux programmes de prévention et de réinsertion, la spirale du recrutement risque de se poursuivre. En cette Journée de la main rouge, l’UNICEF lance un nouvel appel à l’action pour éviter qu’une génération entière ne soit sacrifiée à la violence.
La rédaction


