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Le gouvernement célèbre la Journée internationale des droits des femmes: Fils-Aimé y voit une priorité nationale

Par Jean Wesley Pierre

Le Ministère de la Condition Féminine et des Droits des Femmes (MCFDF) a célébré, ce vendredi 6 mars 2026 à l’hôtel Montana, la Journée internationale des droits des femmes, placée sous le thème « Droits, Justice, Action pour toutes les Femmes et les Filles ». Une cérémonie qui a réuni les plus hautes autorités de l’État, dont le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que les représentants du système des Nations Unies en Haïti, du corps diplomatique et de nombreuses organisations féminines et féministes.

Au-delà des discours protocolaires, cette commémoration a été l’occasion de présenter des avancées concrètes dans la lutte pour l’égalité des genres. La restitution des deux journées de réflexion sur la mise en œuvre de la Politique d’Égalité Femmes-Hommes 2014-2034 et la présentation de la résolution finale de l’atelier interinstitutionnel sur la prise en charge des femmes survivantes de violences témoignent d’une volonté de passer des intentions aux actes. Ces documents, issus de concertations avec les secteurs concernés, pourraient constituer une feuille de route opérationnelle pour les années à venir.

Pourtant, un paradoxe frappant a traversé les allocutions : alors que les discours officiels célèbrent les droits des femmes, la réalité de leur représentation politique reste alarmante. La Conseillère électorale Yves Marie Edouard a livré un constat sans complaisance, qualifiant de « trop faible et fragile » la présence féminine dans les instances décisionnelles, avec un effectif « au plus bas ». Son appel à ne pas « attendre la permission » pour conquérir l’espace politique résonne comme un défi lancé à la fois aux femmes elles-mêmes et aux institutions censées garantir leur accès équitable au pouvoir.

Le nouveau décret de la loi électorale de 2025, visant à promouvoir la participation politique active des femmes, pourrait constituer un levier important. Mais comme l’a souligné la ministre Pedrica Saint Jean, c’est par « l’engagement collectif, la mobilisation et la solidarité » que les droits se traduiront en résultats tangibles dans la vie des Haïtiennes. Une position nuancée par le Premier ministre, qui a tenu à rappeler que cette lutte n’oppose pas les hommes aux femmes, mais construit une « société plus juste, plus équitable et inclusive pour toutes et tous ».

Allant plus loin dans son plaidoyer, le chef du gouvernement a livré une déclaration forte sur le rôle structurel des femmes dans la nation, affirmant que « la véritable force d’Haïti ne réside pas seulement dans son histoire ou dans ses institutions, la véritable force d’Haïti ce sont ses femmes », citant pêle-mêle les Madan Sara qui nourrissent des milliers de familles, les enseignantes, les infirmières, les mères et les jeunes filles qui rêvent d’un avenir meilleur. Avant de conclure sur un constat sans concession :

« Trop de femmes subissent la violence, ou voient leurs droits ignorés. Cela n’est pas acceptable. »

La dimension symbolique de la journée n’a pas été négligée, avec la remise de plaques d’honneur à six femmes remarquables, dont Me Darline Moïse et les magistrates Maguy Florestal et Gabrielle Domingue. Une manière de rappeler, à travers des figures d’exception, que les femmes haïtiennes sont, selon les mots du chef du gouvernement, « au cœur de la Nation », portant la vie, transmettant le savoir et faisant avancer le pays par leur courage quotidien. Reste à savoir si ces hommages individuels sauront se transformer en progrès collectifs durables.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

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