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La DCPJ sous pression : le RNDDH dénonce des dérives graves dans un rapport explosif

*La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) est au cœur d’une tempête institutionnelle. Dans une correspondance adressée à l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) alerte sur une série de faits jugés « graves et préoccupants », susceptibles d’ébranler la crédibilité de l’une des principales unités de lutte contre la criminalité organisée du pays.*

Le document, transmis le 11 novembre 2026 également au ministre de la Justice, dresse un tableau troublant de pratiques internes, d’interférences judiciaires et de relations compromettantes au sein de la DCPJ, dirigée depuis le 18 août 2025 par le commissaire divisionnaire Justin Marc.

*Ingérences dans un dossier judiciaire sensible*

Le premier point soulevé par l’organisation de défense des droits humains touche l’affaire Anvayi Hôtel / RJ Rent a Car, l’un des dossiers criminels et patrimoniaux les plus volumineux de ces dernières années.

Le RNDDH accuse la direction actuelle de la DCPJ d’être intervenue de manière irrégulière dans une procédure encore en cours d’instruction. Selon le rapport, malgré des saisies et confiscations légalement ordonnées — plus de 60 véhicules et un immeuble — le directeur Justin Marc serait intervenu sans mandat judiciaire pour influencer le déroulement du dossier.

L’organisation affirme aussi avoir été informée qu’un montant de 10 000 dollars américains aurait été remis à la DCPJ le 10 septembre 2025, créant un climat de tension interne.

Pour le RNDDH, cette immixtion vise à faire porter l’entière responsabilité des dérives au Bureau d’Administration du Fonds Spécial (BAFOS), alors que « plusieurs policiers utiliseraient des véhicules saisis » dans le cadre de l’enquête.

*Une visite controversée d’Arnel Bélizaire*

Autre fait mis en lumière : la surprenante présence de l’ex-député Arnel Bélizaire dans les locaux de la DCPJ le 25 septembre 2025, trois jours seulement après avoir été sanctionné par les États-Unis pour soutien aux activités criminelles.

Selon le RNDDH, Bélizaire aurait bénéficié d’un accès facilité grâce aux liens qu’il entretient avec des responsables policiers. Après un entretien avec Magalie Habitant, il aurait menacé des enquêteurs, avant de se livrer, devant le bâtiment, à un direct en compagnie de figures de la coalition armée Viv Ansanm, dont Jimmy “Barbecue” Chérizier.

Pour l’organisation, cette séquence jette un doute profond sur la capacité de la DCPJ à maintenir son indépendance face aux groupes armés.

*Le dossier Guerrier Henri, un traitement jugé partial*

Le RNDDH revient également sur la gestion du dossier du journaliste Guerrier Henri, investigué depuis juin 2025 pour blanchiment, financement du terrorisme et enrichissement illicite.

Malgré plusieurs pièces versées au dossier — dont des interventions de chefs de gangs dans ses émissions — le directeur de la DCPJ aurait reçu le journaliste « comme un invité d’honneur » le 15 septembre 2025, avant de reprogrammer une audition officielle sous la pression de ses propres enquêteurs.

Le rapport dénonce ensuite un blocage interne : le BAFE, chargé de la partie financière, aurait été empêché de collaborer avec l’UCREF, tandis que la section criminelle n’aurait pas reçu les documents nécessaires pour poursuivre les investigations.

Selon l’organisation, ces manoeuvres pourraient viser à produire un rapport « favorable » au journaliste.

*Une saisie de drogue à l’Île de La Tortue entourée d’inquiétudes*

Enfin, le rapport évoque une opération menée le 13 juillet 2025 à l’Île de La Tortue, ayant conduit à la mort de plusieurs ressortissants jamaïcains et bahamiens.

Sans accuser directement la DCPJ, le RNDDH affirme que des zones d’ombre persistent quant au suivi judiciaire et administratif de cette opération d’envergure, notamment concernant la gestion des pièces saisies et la coordination entre les différentes unités.

*Le RNDDH réclame enquêtes, sanctions et réforme interne*

Face à l’accumulation de ces cas, l’organisation demande à l’IGPNH d’ouvrir des enquêtes disciplinaires et administratives contre plusieurs responsables et de garantir que les procédures judiciaires en cours ne soient pas altérées.

Dans sa correspondance, le RNDDH rappelle que la DCPJ a longtemps été perçue comme une institution essentielle dans la lutte contre la criminalité en Haïti. Les dérives actuelles, insiste-t-il, « risquent de saper la confiance des citoyens » si des mesures correctives rapides ne sont pas prises.

La rédaction

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