L’office national de la migration, créé pour accompagner les déplacés internes et les rapatriés, reste bloqué au stade embryonnaire sous un leadership aussi amorphe que insipide qui a trop duré.
Cette relativement jeune institution (décret du 27 juillet 1995) a vu le jour au retour d’exil du président Jean Bertrand Aristide après que le coup d’Etat militaire de 1991 ait accentué le fléau des voyages clandestins d’une population qui a toujours été contrainte d’échapper à la misère et la violence. Elle a une double mission :
· accompagner dans la dignité les compatriotes refoulés ;
· décourager ceux qui sont tentés à l’auto-exil par des moyens illégaux et dangereux.
La corruption comme seule politique
Mais depuis presque dix (10) ans, cet organe de l’Etat est pris en otage par un secteur politique à travers la personne de Jean Négot Bonheur Delva. L’institution est devenue la chasse gardée de ces mafieux qui n’ont guère considéré la mission pour laquelle elle a été créée. Elle fonctionne en toute opacité et la population reste orpheline des services qu’elle devrait lui offrir.
Tandis que les personnes déplacées internes (PDI) sont abandonnées à leur sort et les refoulés ne reçoivent qu’une maudite somme pour se débrouiller à retrouver leurs proches, les soupçons de corruption à grande échelle émergent à répétition et les circuits sont bien connus. Il suffit de monnayer pour garder son poste. Point besoin de servir la population.
Les refoulés ne reçoivent aucun accompagnement psychosocial, aucune analyse médicale de leur état de santé et encore moins du support pouvant faciliter leur réinsertion économique et sociale.
Cette capture perdure presque dix (10) ans et, pas une seule année un document de politique sur la question de la migration n’a été adopté par M. Bonheur Delva alors que l’article 6 du décret créant l’institution stipule que l’office a, entre autres spécificités, la responsabilité de « déterminer la stratégie idéale pour réaliser une insertion effective des rapatriés, déplacés internes et de formuler des réponses concrètes aux problèmes liés au phénomène migratoire ». En presque dix (10) ans, rien de tout cela.
Un « leadership » sans vision réelle
L’institution est rabougrie. Pauvre en vision et en leadership, pendant toutes ces années, l’actuel dirigeant n’a construit aucun bureau départemental, aucun espace sérieux pour accueillir nos compatriotes dans la dignité n’a été aménagé. Le personnel, privé d’outils adéquats et modernes pour travailler, fonctionne comme dans un autre temps dans l’incapacité de faire valoir son savoir-faire.
Cette inertie a trop duré
Au moment où le Pm Alix Didier Fils-Aimé tente de donner un nouveau souffle à l’administration, il paraît opportun de renvoyer ceux qui n’ont su faire montre de compétence. Le fonctionnement médiocre de cette institution qui devrait être au front pour répondre aux défis du moment (nombre élevé de déplacés internes, les nouvelles politiques migratoires adoptées par les EU, la RD et d’autres pays de la région) ne devrait durer un jour de plus. Il est temps qu’au plus haut sommet de l’Etat, on cherche à doter les institutions de compétences et de moyens afin qu’elles puissent remplir correctement leur mission.
« On ne peut pas faire du neuf avec du vieux », dit le vieil adage.


