Par Jean Wesley Pierre
Port-au-prince, 2 octobre 2025 – Lors de son intervention à l’émission « Micro Vérité », Me Jean Henry Céant, notaire retraité, a apporté des précisions concernant l’investissement de l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA) dans la société RBI liée à Dr Réginald Boulos, sur instruction du président de l’époque, Jovenel Moïse.
Selon l’ancien premier ministre, Jean Henry Céant, l’affaire remonte à un accord intervenu entre le chef de l’État et l’homme d’affaires autour d’un projet immobilier destiné aux cadres de l’administration publique à Thomassin 39.
Le montage prévoyait une participation de l’ONA à hauteur de 22 % des actions de la société RBI, en échange d’un financement de 65 millions de gourdes.
Le notaire explique avoir été sollicité par l’ONA pour authentifier et exécuter la transaction. Dans ce cadre :
- L’ONA devait obtenir 22 % d’actions dans la société RBI, matérialisées par un certificat d’action.
- L’ONA bénéficiait d’une exclusivité : tout prêt hypothécaire lié au projet devait passer par l’institution.
- L’ONA siégeait au conseil d’administration de la société partenaire.
- L’ONA percevrait des dividendes en priorité, avant tout autre actionnaire.
Céant précise que la Banque de la République d’Haïti (BRH) avait effectivement décaissé les fonds, lesquels ont, ensuite, été remis à RBI, la société dont le Dr Réginald Boulos est le Président-directeur général, via son étude notariale, dans le strict respect des instructions officielles.
Un rôle d’exécutant
Face aux critiques qui ont circulé après la mort du président Jovenel Moïse, Céant insiste : son rôle fut exclusivement celui d’un notaire instrumentant c’est-à-dire chargé d’exécuter une opération, définie par les parties, sans pouvoir de décision sur les choix financiers ou politiques sous-jacents.
Une affaire toujours sensible
Si les précisions de Céant replacent son intervention dans le cadre légal de sa profession, le dossier reste symbolique d’un mode de gouvernance controversé sous Jovenel Moïse :
- usage récurrent des ressources publiques à travers l’ONA,
- choix d’investissements orientés vers de grands groupes privés,
- et tensions récurrentes entre institutions de contrôle et acteurs politiques.
En livrant ces détails, Me Céant cherche avant tout à dissiper l’ambiguïté sur son rôle personnel. Mais l’affaire ONA–RBI reste un révélateur des rapports complexes entre pouvoir politique, secteur privé et institutions publiques en Haïti, à un moment où la question de la transparence et de la bonne gouvernance demeure centrale.


