Par Jean Wesley Pierre
La Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulemon, a réuni ce vendredi 13 mars 2026 les Unités d’Études et de Programmation (UEP) des ministères sectoriels pour amorcer l’élaboration du Programme d’Investissement Public (PIP) rectificatif 2025-2026. Une rencontre technique en apparence banale, mais qui porte en elle les ambitions d’un gouvernement contraint de concilier urgence et vision à long terme.
Cet atelier visait à rappeler aux techniciens que l’investissement public ne peut plus se contenter d’être une simple formalité administrative. Dans un contexte national marqué par l’insécurité, la paralysie économique et l’urgence électorale, chaque gourde investie doit désormais répondre à une logique de résultats tangibles.
La ministre Paulemon a, d’ailleurs, insisté sur un triptyque devenu incontournable : sécurité, redressement économique et organisation des élections.
Ces trois priorités, issues du Pacte national signé le 21 février, doivent désormais irriguer l’ensemble des projets proposés par les ministères. Un cadrage politique certes nécessaire, mais qui interroge sur la capacité réelle de l’administration à transformer ces intentions en actions concrètes sur le terrain.
Car le défi n’est pas tant de planifier que d’exécuter. La ministre elle-même a rappelé aux UEP la nécessité de tenir compte de la « capacité réelle d’exécution des institutions publiques ». Un aveu implicite que trop de projets, trop de promesses, trop de budgets sont restés lettre morte faute de suivi, de compétences ou simplement de volonté politique.
Les UEP, premiers maillons de cette chaîne de programmation, portent une responsabilité immense. C’est à leur niveau que se joue la pertinence des projets, leur alignement sur les besoins réels des populations, leur faisabilité technique et financière. Les exigences de la ministre sur la fiabilité des informations et la clarté des objectifs visent à mettre fin à l’époque des projets fantômes ou des chiffres gonflés pour séduire les bailleurs.
Reste que ce travail technique, aussi rigoureux soit-il, ne vaudra que par sa traduction concrète. Dans un pays où les infrastructures se dégradent plus vite qu’elles ne se construisent, où les écoles manquent, où les routes sont impraticables, où l’eau potable reste un luxe, la population n’attend plus des programmes : elle exige des réalisations.
Le PIP rectificatif 2025-2026 peut être un instrument pertinent. Il peut même incarner une rupture avec les pratiques passées. Mais pour cela, il faudra que les projets identifiés aujourd’hui ne finissent pas, comme tant d’autres, dans les tiroirs poussiéreux de l’administration. La ministre Paulemon a donné le ton. Reste à savoir si l’administration saura suivre le rythme.
Jean Wesley Pierre / Le Relief

