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«Il n’est pas possible de réaliser une élection avant le 7 février 2026 », selon l’ex PM Claude Joseph

Depuis après la sortie du chargé d’affaires américain en Haïti Henry H. Wooster le weekend écoulé, les débats autour de la réalisation des élections dans le pays et le départ du conseil s’agitent dans les médias et sur les réseaux sociaux. Dans sa déclaration, le diplomate a fait injonction aux autorités haïtiennes de mettre en branle la machine électorale.

Responsable de parti politique, l’ancien chef de gouvernement, Claude Joseph estime qu’il est impossible de réaliser des élections en 2025.

Intervenant à l’émission Impasse sur SCOOP FM, M Joseph a déclaré que la priorité de l’heure ne devrait pas être des élections. D’après lui, le cap doit être mis sur la sécurité. Il considère que l’amélioration des conditions sécuritaires comme la principale condition pour tout processus électoral réussi.

« Aujourd’hui, un citoyen ne peut pas aller de Port-au-Prince à Fontamara, ni de Carrefour à Léogâne sans risquer sa vie », a-t-il déploré. Pour lui, « la sécurité des populations doit être la priorité absolue avant d’envisager des élections ou un référendum ». Il reconnaît, toutefois, le rôle que peut jouer la force de répression des gangs. Il met en garde, cependant, contre toute lenteur bureaucratique. «Il faut entre trois et six mois avant que la présence des éléments de cette force soit effective. Ce qui rend improbable toute élection avant 2026 ».

Vers l’adoption d’un plan politique concerté

L’ancien chef de la Primature haïtienne constate que le conseil présidentiel de transition n’a pas rempli sa mission principale comme le prévoit l’accord du 3 Avril 2024. Selon lui, « le CPT a échoué sur toute la ligne », incapable de répondre aux aspirations du peuple haïtien ni de préparer les conditions nécessaires à la tenue des élections.

L’ancien Premier ministre considère cet échec comme « un constat clair et indiscutable », appelant à « un sursaut républicain » et à « une réorganisation nationale », impliquant les acteurs politiques et la société civile.

Pour le leader du parti EDE, le moment n’est plus à la division, mais à la concertation. « Il faut s’organiser avec les signataires de l’accord du 3 avril 2024, nos partenaires et nos alliés pour définir une formule pour remplacer le CPT », a-t-il insisté. Tout en prônant la mise en place d’un gouvernement de consensus, « Nous devons choisir des gens honnêtes, capables de ne pas utiliser l’appareil d’État pour favoriser un groupe contre un autre », a-t-il ajouté, tout en rejetant l’idée d’un transfert de pouvoir direct vers la Cour de cassation.

Enfin Claude Joseph appelle à un « départ ordonné » du Conseil présidentiel de transition, afin d’éviter une nouvelle crise politique. Selon l’ex-chef du gouvernement seule une démarche concertée, transparente et inclusive pourra sortir Haïti de « l’instabilité chronique » dans laquelle elle est plongée.

Gedeon Delva

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