Port-au-Prince, 20 novembre 2025— Face à la montée des tensions politiques et à l’enlisement de la crise institutionnelle en Haïti, les États-Unis haussent le ton. Dans un message publié mercredi soir sur le réseau X, le secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau, a adressé une mise en garde explicite contre toute initiative visant à exacerber l’instabilité ou à fragiliser davantage les institutions nationales.
«Il est temps que cessent la violence des gangs et les luttes intestines entre acteurs politiques», a déclaré le diplomate américain. Appelant à un sursaut d’unité parmi les responsables haïtiens, il a insisté sur l’urgence de mettre fin à des comportements qu’il juge nuisibles à la stabilité politique du pays.
Washington, qui multiplie depuis plusieurs mois les signaux d’impatience, envisage désormais de recourir à des mesures coercitives ciblées. Selon Landau, les États-Unis élaborent, en coordination avec plusieurs partenaires du continent, un ensemble de sanctions comprenant la révocation de visas et d’autres restrictions destinées à frapper les acteurs accusés de saboter le processus politique.
Cette approche s’inscrit dans la stratégie américaine visant à freiner la violence des groupes armés et à dissuader les manœuvres politiques jugées déstabilisatrices.
Cette mise en garde intervient alors que la capitale est secouée par un regain de tensions. Des rumeurs insistantes laissent entendre que le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, pourrait être révoqué, alimentant une atmosphère d’incertitude politique. Dans un pays privé d’élections depuis des années, sans Parlement fonctionnel et en quête d’un nouveau cadre de transition, cette situation fragilise davantage un exécutif déjà contesté.
L’absence d’un calendrier électoral clair continue de nourrir la frustration d’une population confrontée à l’effondrement des services publics, à la recrudescence des violences armées et à la paralysie administrative.
En menaçant de sanctions, Washington cherche clairement à envoyer un signal: aucune tentative de renverser l’ordre institutionnel ou de prolonger la crise ne sera tolérée. Les États-Unis rappellent ainsi leur engagement en faveur d’un processus politique stable, d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel et de la création de conditions propices à la tenue d’élections crédibles.
Pour Christopher Landau, le moment est déterminant pour l’avenir d’Haïti. Le diplomate exhorte les acteurs nationaux à mettre fin aux stratégies d’obstruction et à privilégier le dialogue, avertissant que la communauté internationale ne restera pas spectatrice face à d’éventuelles dérives.
Jean Mapou


