PORT-AU-PRINCE.— Sous le haut patronage de la Présidence et de la Primature, et avec l’appui du Ministère de la Justice, une série d’ateliers de formation destinée aux partis politiques a été lancée cette semaine dans la capitale. L’initiative, pilotée, dans l’Ouest, par le Centre de Promotion de la Démocratie et de l’Éducation Participative (CPDEP), s’inscrit dans un programme national déployé dans les dix départements du pays.
Pendant trois jours, responsables de partis, cadres administratifs et représentants de la société civile ont été réunis pour travailler sur des thématiques essentielles à l’approche d’un processus électoral jugé déterminant pour l’avenir du pays.
Plusieurs formations politiques majeures dont PHTK, Fanmi Lavalas, OPL, AAA, Pitit Dessalines ou encore EDE ont pris part aux sessions.
Les échanges ont porté sur le cadre légal régissant les partis, la participation citoyenne, la gouvernance démocratique, ainsi que la transparence et la responsabilité politique. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité d’un dialogue interpartis et d’une formation continue pour garantir des élections crédibles et inclusives.
Un espace de réflexion sur le rôle des partis dans la crise
Les participants ont été invités à examiner les fondements idéologiques de leurs organisations et à réfléchir à leur rôle dans un pays frappé par une crise multidimensionnelle. Un exercice collectif, intitulé «Quel rôle doivent jouer les partis politiques dans la crise que traverse Haïti?», a permis de dégager plusieurs pistes sur la responsabilité de ces structures dans la reconstruction du système démocratique.
Une initiative saluée par les participants
Considérée comme une démarche constructive dans un contexte national instable, cette première série de formations a reçu un accueil favorable.
Pour Amos Piard, dirigeant du parti konbit pou demokrasi, ces ateliers représentent «un espace d’échanges ouverts et de réflexion stratégique sur l’avenir des partis et la transition politique». Il a toutefois rappelé que la participation citoyenne reste un défi majeur en raison de l’insécurité et des déplacements massifs de population.
De son côté, Sheila Pélissier, coordonnatrice genre du parti Ayiti An Aksyon (AAA), a salué une initiative nécessaire: «On ne peut pas envisager d’élections sans des partis structurés. La formation est indispensable, tout comme la participation politique des femmes pour redresser la société haïtienne».
D’autres sessions sont d’ores et déjà planifiées dans les différents départements. Le CPDEP affirme que ce programme vise à contribuer à la refondation d’un système politique crédible, fonctionnel et véritablement tourné vers les besoins de la population.
Jean Mapou


