Près de deux mois après la nomination de Vladimir Paraison à la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (PNH), son bilan divise et suscite de vives inquiétudes. Deux structures, Rescapés pour l’Avenir (REA) et Mouvement pour la Sauvegarde de la Démocratie (MSD) ne tardent pas à critiquer sa gestion.
Dans une note politique conjointe rendue publique ce jeudi 2 octobre 2025, ces organisations dressent un constat sévère de la gestion de Paraison, évoquant une « purge institutionnelle » et une « paralysie sécuritaire » dans un contexte marqué par la montée continue de l’insécurité.
Selon le document signé par Me Tarly Guirand, coordonnateur exécutif du REA, et M. Lickel Pierre, président du MSD, le nouveau directeur général de la PNH a procédé à une série de remplacements ciblés au sommet de l’institution. Plusieurs hauts gradés expérimentés auraient ainsi été écartés au profit d’individus réputés proches de l’ancien président Michel Martelly. Cette pratique, dénoncent les deux organisations, fragilise la chaîne de commandement et remet en cause la neutralité républicaine de la police.
Sur le plan opérationnel, la note relève l’absence de résultats tangibles face aux groupes armés. Aucune opération d’envergure n’a été menée dans les principaux foyers de violence que sont Cité Soleil, Martissant, Croix-des-Bouquets, Bel-Air ou encore Torcel. Les interventions ponctuelles organisées par la PNH se sont soldées par un lourd bilan, avec plus d’une dizaine de policiers assassinés ou blessés et plusieurs blindés incendiés.
La situation est aggravée par une coordination jugée inexistante entre la PNH, les Forces armées d’Haïti, la Mission multinationale de sécurité et les mercenaires engagés par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. L’absence de synergie entre ces différentes entités laisse les zones critiques livrées aux gangs et alimente le sentiment d’abandon de la population.
Dans ce climat de méfiance, la population s’interroge sur la réelle capacité du nouveau directeur général à redresser la barre. Le Conseil présidentiel de transition, qui lui avait investi en fonction attendait des résultats concrets avant le 30 septembre, pourrait rester sur sa faim en raison de l’absence d’une stratégie claire et visible.
Les promesses d’opérations renforcées n’ont pas été suivies d’actions concrètes, et aucun plan de redéploiement des unités, d’utilisation de nouvelles technologies ou de protection accrue des policiers n’a été annoncé.
Face à ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire et clientéliste, le REA et le MSD réclament la mise en place immédiate d’un plan stratégique national contre les groupes armés, la restauration d’une chaîne de commandement basée sur la compétence et l’intégrité, ainsi qu’une transparence totale sur les engagements de la Mission multinationale et des mercenaires étrangers. « La République est en péril. La sécurité des citoyens ne peut attendre », préviennent les deux organisations, qui exhortent les autorités à agir avec responsabilité, courage et impartialité.
La rédaction


