Par Jean Mapou
PORT-AU-PRINCE.— Alors que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) arrive à échéance le 7 février 2026, les négociations sur la gouvernance de remplacement restent bloquées. Aucun consensus n’émerge entre les principaux acteurs politiques et sociaux, accentuant un climat d’incertitude institutionnelle et de tension sécuritaire.
Depuis plusieurs semaines, les discussions menées autour de l’architecture de l’après-CPT peinent à déboucher sur une solution viable. Les partis politiques, les organisations de la société civile et plusieurs secteurs influents ne parviennent pas à s’entendre sur une formule de succession. L’absence de feuille de route claire fait craindre la répétition de crises de transition déjà vécues par le pays.
Des propositions, mais aucun accord, le paysage politique reste divisé
Plusieurs options circulent dans les milieux politiques et diplomatiques. Certains optent pour un nouveau compromis politique, incluant davantage d’organisations de la société civile, pour désigner une nouvelle équipe de transition.
D’autres pensent qu’il faut aller vers la Cour de Cassation comme solution institutionnelle. Cette institurion, certains acteurs la considérant comme la seule entité capable de fournir une transition jugée légitime.
En fin l’option d’une désignation sectorielle d’un Premier ministre, impliquant notamment les secteurs protestant, vodou, universitaire, politique et associatif. À ce jour, aucune de ces propositions n’a su rallier un soutien majoritaire.
Héritage d’un bilan controversé du CPT, la crise sécuritaire, obstacle majeur à toute transition
La violence des gangs continue de paralyser la capitale et plusieurs régions. Les enlèvements, affrontements armés et blocus territoriaux provoquent des déplacements massifs de population et freinent toute tentative de normalisation. Ce contexte rend la tenue d’élections techniquement et politiquement difficile, voire impossible à court terme.
Appels au dialogue pour éviter une rupture institutionnelle
Face au blocage actuel, des acteurs nationaux et internationaux pressent le CPT d’ouvrir un dialogue de rattrapage afin de réviser ses objectifs, garantir une sortie négociée de la transition et éviter un chaos institutionnel plus profond à partir du 7 février.
Les pourparlers sont encore dans l’impasse. Monseigneur Pierre André Dumas s’est retiré laissant planer le doute sur l’ensemble du processus. Quant à la possibilité d’une médiation de la société civile, elle paraît un peu trop intéressée et parfois trop impliquée dans les crises, alors qu’avec la communauté internationale c’est une demarche risquée.
À moins d’un mois de l’échéance, le paysage demeure dominé par la fragmentation des propositions, le manque de confiance et une insécurité galopante, laissant planer la menace d’un vide institutionnel. L’issue dépendra de la capacité des forces politiques haïtiennes à trouver un compromis minimal, condition essentielle à une transition ordonnée et à la reconstruction progressive des institutions démocratiques.
Jean Mapou/ Le Relief


