PORT-AU-PRINCE.— Deux personnalités influentes du secteur privé haïtien, Andy Apaid Junior et Charles-Henri Baker, ont été auditionnées mardi par le Bureau de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS), a confirmé la Direction de la Communication de la Police nationale d’Haïti (DICOP). Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours, dont les autorités n’ont pour l’instant livré aucun détail substantiel.
Selon les informations disponibles, ces auditions font partie des efforts de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour intensifier les enquêtes menées par ses unités spécialisées sur plusieurs dossiers qualifiés de sensibles, notamment en matière de trafic de stupéfiants.
Les autorités n’ont pas précisé les raisons exactes des convocations, ni indiqué si des suites judiciaires immédiates étaient envisagées.
À ce stade, aucune mesure conservatoire ou décision additionnelle n’a été annoncée à l’issue des auditions. La PNH n’a pas non plus indiqué si d’autres personnalités du secteur privé ou politique pourraient être appelées à comparaître dans le cadre de ces investigations.
Des vidéos virales alimentent les spéculations, mais aucune confirmation officielle
Cette évolution intervient alors que circulent sur les réseaux sociaux des vidéos montrant le chef de gang Wilson Joseph, alias «Lanmò san jou», affirmant avoir découvert des substances ressemblant à de la marijuana dans une usine qu’il attribue à Andy Apaid.
Ces allégations, largement relayées en ligne, n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle. Aucune relation n’a été établie par les autorités entre ces contenus viraux et la procédure judiciaire actuellement menée par le BLTS.
Alors que ces accusations deviennent persistantes, elles ne sont pas corroborées. Cependant la convocation des ces magnas du secteur privé par le BLTS intervient suite à la diffusion sur les réseaux sociaux des vidéos montrant un champ de plantes ayant l’apparence de la feuille de cannabis.
Un rebondissement entre Apaid et les hommes armés dans un contexte sécuritaire fragile
Parallèlement Andy Apaid a déjà été visé par des rumeurs et accusations publiques provenant d’acteurs armés, notamment au sujet d’activités présumées liées au trafic illicite. Toutefois, aucune preuve, ni de décision de justice ou conclusion d’enquête n’a été rendue publique jusqu’à présent. Ces affirmations demeurent donc, à ce jour, des déclarations non vérifiées.
Cette double audition intervient dans un climat national tendu, marqué par une recrudescence des violences criminelles et les soupçons d’implication de certains acteurs économiques dans des réseaux illégaux.
Pour la police, il s’agit d’un signal d’une enquête qui se veut «rigoureuse et impartiale», selon la DICOP, avec pour objectif de faire toute la lumière sur les dossiers en cours, alors que le pays tente de lutter contre la criminalité organisée et de restaurer la confiance dans l’État de droit.
Jean Mapou


