Jean Mapou
PORT-AU-PRINCE.— Le Conseil National de la Jeunesse Chrétienne d’Haïti (CONJH) a dénoncé, mardi, une série de prises de position internationales qu’il qualifie d’ingérences flagrantes dans les affaires internes du pays. Pour l’organisation, ces pressions contreviennent au droit du peuple haïtien à l’autodétermination et menacent la continuité institutionnelle de l’État.
Dans un communiqué sans ambiguïté signé par son coordonnateur général Leconte Dor, le CONJH soutient le Dialogue inter-haïtien lancé par le Conseil présidentiel de Transition (CPT), présenté comme la seule voie politique réaliste pour débloquer la crise actuelle. L’organisation salue notamment la décision des Conseillers-Présidents d’écouter les partis politiques ayant réclamé la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qualifiée d’acte de responsabilité institutionnelle.
Mais le ton se durcit lorsqu’il s’agit de l’ingérence étrangère. Le Conseil dénonce des pressions politiques en provenance de certaines chancelleries, jugées contraires aux règles qui encadrent les relations entre États souverains. Il assure son soutien plein et entier au groupe majoritaire du CPT, en particulier aux Conseillers visés par Washington.
À l’approche des élections prévues en 2026, le CONJH met en garde contre toute tentative d’imposer de l’extérieur un arbitrage politique ou électoral. Une telle démarche, avertit-il, saperait la confiance populaire et minerait la crédibilité du futur scrutin.
Le message est clair: aucun processus électoral ne sera légitime s’il n’est pas intégralement décidé et validé par les Haïtiens eux-mêmes. Le Conseil appelle enfin les partenaires internationaux à renoncer aux postures intrusives et à se contenter d’un appui technique respectueux de la souveraineté nationale.
Jean Mapou / Le Relief


