PORT-AU-PRINCE.— Moins d’une semaine après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, dans un politique destinée à Alix Didier Fils-Aimé, le Parti Fusion des Sociaux-démocrates dit prendre acte que le pays se retrouve face à une réalité brutale: un exécutif désormais monocéphale, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pour les dirigeants du parti, la transition change de visage, mais la pression, elle, s’intensifie.
La feuille de route doit-être limpide: rétablir la sécurité et organiser des élections crédibles. Rien de plus. Rien de moins. Dans un pays où l’autorité de l’État est fragmentée, où les axes routiers stratégiques sont sous menace et où l’économie suffoque, le PFSDH rappelle que ces deux objectifs ne relèvent pas du slogan, mais de la survie institutionnelle.
Luttes d’influence ou culture du résultat?
Or, à peine le pouvoir consolidé, des signaux inquiétants émergent. Des courants internes s’activeraient déjà. D’un côté, les partisans d’une rupture totale: écarter les ministres associés à l’ancienne équipe pour installer de nouveaux visages, souvent proches politiquement. De l’autre, ceux qui plaident pour une ligne de compétence et d’efficacité, indépendamment des appartenances.
Le parti pense que le pays n’a plus le luxe des recompositions partisanes. Il ne s’agit pas de recycler des alliances sous couvert de représentation élargie. Il s’agit de produire des résultats mesurables, immédiatement.
La sécurité ne se décrète pas. Elle se constate. Elle se voit. Elle se vit.
Six semaines pour prouver l’autorité de l’État
Le gouvernement joue gros. Dans les six prochaines semaines, un signal fort doit être envoyé: la réouverture sécurisée d’au moins un corridor vital reliant la capitale aux grandes régions du pays, la RN #1 vers le Nord, la RN #2 vers le Grand Sud ou la RN #5 vers le Plateau Central.
Sans action tangible sur un axe stratégique, le message sera clair: hésitation, fragilité, incapacité. «Dans le contexte actuel, l’hésitation équivaut à un aveu d’impuissance» avance le parti.
«Ce gouvernement n’est pas en période d’apprentissage. Il est en période d’évaluation» ajoute le message.
Cap sur les résultats ou la chute annoncée
Pour le parti FUSION des Sociaux-Démocrates Haïtiens, la priorité doit être immédiate: concentrer toutes les ressources politiques, sécuritaires et administratives sur la reconquête des axes nationaux stratégiques et la stabilisation effective du territoire.
La FUSION appelle à une gouvernance responsable, compétente et orientée vers les résultats, loin des logiques de partage partisan. Elle plaide également pour un dialogue transparent et sincère entre les forces vives afin d’éviter une nouvelle impasse institutionnelle.
«L’équation est simple: restaurer l’autorité de l’État, sécuriser le territoire, ouvrir la voie à des élections crédibles», martèle le PFSDH.
«La mission est courte. Le temps est compté. Les résultats doivent parler. Sinon, le verdict politique tombera plus vite que prévu», conclut le message.
Jean Mapou / Le Relief


