LE TEMPS D’UN VÉRITABLE DIALOGUE INTERHAÏTIEN
Sortir de la transition interminable, construire un accord rationnel, redonner une direction claire au pays et bâtir la Nation.
Par Evans PAUL
Centre ABC – ATIZAN BON CHANJMAN
Agir pour le Bien Commun
🚨 ALERTE NATIONALE
À l’horizon du 7 février 2026, Haïti se trouve face à une réalité incontournable :
le pays ne peut plus continuer à survivre de transition en transition, sans cap clair, sans stabilité durable, sans projet national partagé.
Cette date ne doit être ni réduite à une simple échéance constitutionnelle, ni utilisée comme prétexte à un nouveau bras de fer politique.
Elle constitue avant tout un moment de responsabilité historique, appelant à la lucidité, au courage et à la maturité collective.
Haïti est arrivée à la limite :
• de l’improvisation politique ;
• de la confrontation stérile ;
• des solutions provisoires ;
• des transitions sans horizon.
Le temps est venu de changer de méthode, de langage et de posture nationale.
CHANGER DE PARADIGME
Gérer la crise ne suffit plus.
Il faut désormais en sortir définitivement.
Cela exige une gouvernance efficace reposant sur cinq piliers fondamentaux :
1. un mécanisme crédible de sécurité publique et nationale ;
2. un système d’éducation et de formation professionnelle adapté aux réalités nationales ;
3. une économie productive, créatrice d’emplois ;
4. un cadre durable de stabilité politique et sociale ;
5. une compétition électorale crédible, garantissant l’alternance démocratique et la participation populaire.
Ces piliers constituent la base d’une nouvelle orientation nationale.
UNE CRISE DEVENUE STRUCTURELLE
La crise haïtienne n’est plus conjoncturelle.
Elle est globale, profonde et cumulative.
Elle se traduit par :
• l’effondrement de la sécurité ;
• la perte du contrôle du territoire ;
• la délégitimation des institutions ;
• la paralysie de l’État ;
• l’épuisement économique ;
• la pauvreté massive ;
• la désespérance sociale ;
• l’exode des forces vives.
À cette situation s’ajoute une dérive majeure :
la transition est devenue un mode de gouvernance permanent.
Ce qui devait être exceptionnel est devenu la norme —
une norme qui affaiblit chaque jour davantage la République.
LA TRANSITION INTERMINABLE : UN ÉCHEC COLLECTIF
Aucune transition récente n’a permis :
• de restaurer durablement la sécurité ;
• de rétablir l’autorité de l’État ;
• de stabiliser les institutions ;
• de reconstruire la confiance publique ;
• de fédérer un projet national crédible.
Privée de consensus, de vision et de légitimité populaire, la transition s’est muée en impasse politique.
La question centrale n’est donc plus seulement :
qui gouverne ?
mais bien :
comment, pourquoi et au nom de qui gouverne-t-on ?
LE TEMPS DE LA RAISON
Face à cette impasse, Haïti est convoquée à un acte de maturité nationale.
Il devient impératif de privilégier :
• la raison sur la passion ;
• le dialogue sur la confrontation ;
• la construction sur la destruction ;
• l’intérêt général sur les intérêts particuliers.
Aucun acteur ne détient seul la solution.
La sortie de crise ne peut être :
• ni imposée ;
• ni décrétée ;
• ni importée.
Elle ne peut être que concertée, assumée et interhaïtienne.
POUR UN DIALOGUE INTERHAÏTIEN RESPONSABLE
Le moment est venu d’engager un véritable dialogue interhaïtien, sérieux, structuré et inclusif, associant :
• les forces politiques responsables ;
• la société civile organisée ;
• le secteur privé productif ;
• les universités et intellectuels ;
• les confessions religieuses ;
• les organisations communautaires ;
• la diaspora haïtienne.
Ce dialogue ne doit être ni symbolique,
ni cosmétique,
ni fondé sur le partage de postes.
Il doit devenir :
un espace de vérité, de responsabilité et de décisions nationales.
VERS UN ACCORD RATIONNEL DE SORTIE DE CRISE
L’objectif du dialogue interhaïtien est clair :
aboutir à un accord politique rationnel,
fondé sur les réalités du pays et non sur les calculs de circonstance.
Cet accord doit reposer sur des priorités nationales non négociables :
• rétablissement effectif de la sécurité ;
• restauration de l’autorité de l’État ;
• stabilité institutionnelle garantie ;
• gouvernement de mission limité dans le temps ;
• relance économique d’urgence ;
• réhabilitation de la confiance publique ;
• préparation crédible de la refondation démocratique.
Il ne s’agit pas de gouverner indéfiniment,
mais de remettre l’État debout et la Nation en mouvement.
BÂTIR LA NATION
L’histoire enseigne une vérité fondamentale :
Les héros de 1804 ont fondé l’État haïtien.
La Nation, elle, demeure à construire.
Bâtir la Nation suppose :
• un pacte de responsabilité collective ;
• une culture de la respectabilité républicaine ;
• une volonté nationale fondée sur la sécurité, la stabilité et la prospérité ;
• une rupture définitive avec la violence, l’exclusion et le chaos.
Sans nation, il n’y aura jamais d’État fort.
Sans dialogue, il n’y aura jamais de nation.
À L’HORIZON DU 7 FÉVRIER 2026 : UN CHOIX HISTORIQUE S’IMPOSE
Le 7 février 2026 ne doit être :
- ni une nouvelle débandade ;
- ni un saut dans l’inconnu ;
- ni une victoire à la Pyrrhus ;
mais un acte de refondation nationale au service du bien commun.
Haïti est à la croisée des chemins :
• soit la transition perpétuelle ;
• soit le choix courageux du dialogue, de la raison et de la responsabilité.
SYNTHÈSE
Le temps n’est plus à la fuite en avant.
Le temps n’est plus à la domination d’un camp sur l’autre.
Le temps est venu :
• de se parler sans peur ;
• de s’écouter sans arrogance ;
• de décider sans égo ;
• d’agir pour le Bien Commun.
Haïti ne manque ni d’intelligence ni de courage.
Elle manque d’unité, de méthode et de vision partagée.
Le dialogue interhaïtien n’est pas une faiblesse.
Il est aujourd’hui la seule voie rationnelle pour sauver la République et bâtir la Nation.
CENTRE ABC
ATIZAN BON CHANJMAN
Agir pour le Bien Commun
Evans Paul
Ex Premier Ministre


