mardi, février 10, 2026
8.2 C
Londres

Fin du mandat du CPT, bilan contrasté des conseillers et nouvelle phase autour du Premier ministre Fils-Aimé

Par Jean Wesley Pierre

La transition politique haïtienne franchit une nouvelle étape ce 7 février 2026 avec la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). Alors que la capitale s’est réveillée dans un calme relatif, les déclarations publiques des acteurs politiques, notamment celles des membres sortants du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition, témoignent à la fois d’un bilan nuancé, de préoccupations persistantes et d’attentes fortes autour du rôle désormais central du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Emmanuel Vertilaire : reconnaissance d’objectifs non atteints

Dans une déclaration adressée à la nation, Emmanuel Vertilaire, membre du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition, a reconnu que les objectifs majeurs assignés à la transition, notamment le rétablissement de la sécurité nationale, la création des conditions nécessaires à des élections crédibles et le retour à l’ordre constitutionnel n’ont pas été pleinement atteints.

Tout en soulignant les « efforts soutenus » et les « sacrifices consentis », il affirme quitter ses fonctions « paisiblement », en invoquant le respect de la légalité républicaine et de l’État de droit. Son message se veut à la fois lucide et porteur d’espoir, insistant sur la complexité des défis institutionnels et humains auxquels Haïti demeure confrontée.

Cette prise de position reflète une forme de bilan défensif : reconnaissance des limites, mais affirmation d’une action conduite selon les principes républicains.

Smith Augustin : entre inquiétude, défense du bilan et appel à la jeunesse

De son côté, Smith Augustin, autre membre du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition, a adopté un ton plus personnel et réflexif. Il affirme quitter ses fonctions « sans amertume », tout en exprimant une « réelle inquiétude » pour l’avenir du pays.

Il insiste sur certains acquis revendiqués durant la transition, notamment :

  1. la représentation diplomatique d’Haïti sur la scène internationale,
  2. des initiatives en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche,
  3. ainsi que des efforts visant à améliorer l’accès à la justice.

Smith Augustin reconnaît également l’existence d’erreurs et de décisions imparfaites, tout en affirmant avoir agi dans le respect des valeurs républicaines. Son discours inclut un appel appuyé à la jeunesse haïtienne à s’engager dans la vie publique, soulignant la nécessité d’une nouvelle génération de dirigeants compétents et intègres.

Une transition qui s’achève sans élections

Le constat commun à ces déclarations reste l’absence d’élections ayant permis le retour à un pouvoir démocratiquement élu, pourtant objectif central du mandat du CPT. Cette situation nourrit les critiques d’une partie de l’opinion publique, qui considère que la transition n’a pas produit les résultats attendus en matière de sécurité, de stabilité institutionnelle et de gouvernance.

Alix Didier Fils-Aimé désormais seul maître et seigneur

Selon plusieurs analyses politiques et informations circulant dans l’espace public, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé devrait désormais assumer un rôle élargi, cumulant de facto les fonctions de chef du gouvernement et celles associées à la direction de l’exécutif.

Certains observateurs estiment qu’il bénéficie d’un soutien significatif de partenaires internationaux, ce qui pourrait renforcer sa capacité d’action, mais aussi accroître les attentes à son égard.

Soutiens, critiques et attentes

Les réactions dans l’espace public restent contrastées. L’entrepreneur Brad Bartholy Cadet plaide pour une « rupture réelle » avec les pratiques politiques qu’il juge improductives et appelle à une nouvelle classe politique plus responsable, tout en exprimant son soutien au Premier ministre pour assurer stabilité et gouvernance.

À l’inverse, d’autres voix, comme celle de Richard Sénacal, soulignent que la concentration actuelle des leviers de pouvoir autour du chef du gouvernement signifie qu’aucune excuse ne pourra être invoquée en cas d’échec, pointant implicitement la nécessité de résultats tangibles.

Une nouvelle phase pleine d’incertitudes

La fin du CPT ne marque pas nécessairement la fin de la crise politique haïtienne. Elle ouvre plutôt une nouvelle phase dont les contours institutionnels restent encore débattus. Les défis sécuritaires, économiques et institutionnels persistent, tandis que la question de la légitimité démocratique demeure centrale.

Dans ce contexte, la capacité du nouvel exécutif à instaurer un climat de confiance, à améliorer la sécurité et à préparer un retour crédible à l’ordre constitutionnel constituera l’un des principaux tests politiques des prochains mois.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Hot this week

*Du silence des rues à la passation du pouvoir : Haïti tourne la page du conseil présidentiel de Transition^

Par Jean Wesley Pierre Port-au-Prince, 7 février 2026.-Alors que s’achève...

Le Parti Politique FONDEL interpelle le pouvoir sur la sécurité et le retour à l’ordre constitutionnel

Par Jean Valdonel CONSTANT La structure Politique Force Nationale d’Espoir...

HAÏTI : À L’HORIZON DU 7 FÉVRIER 2026

LE TEMPS D’UN VÉRITABLE DIALOGUE INTERHAÏTIEN Sortir de la transition...

Topics

*Du silence des rues à la passation du pouvoir : Haïti tourne la page du conseil présidentiel de Transition^

Par Jean Wesley Pierre Port-au-Prince, 7 février 2026.-Alors que s’achève...

HAÏTI : À L’HORIZON DU 7 FÉVRIER 2026

LE TEMPS D’UN VÉRITABLE DIALOGUE INTERHAÏTIEN Sortir de la transition...

7 Février 2026 : Une date historique qui n’a rien d’historique

Par Emmanuel Taulème BRINA, journaliste et juriste Ce 7 février...

Related Articles

Popular Categories