Par Jean Wesley Pierre
Sous un ciel nuageux, le chef du gouvernement, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a procédé, ce mardi 7 avril 2026, au dépôt d’une gerbe de fleurs au pied du monument de Toussaint Louverture au centre-ville de Port-au-Prince, précurseur de l’indépendance, juste avant d’observer une minute de recueillement en l’honneur de ce géant, ce combattant hors pair, ce héros et figure emblématique et historique de la fière nation haïtienne, mère de la liberté.
Cet acte, en apparence protocolaire, intervient alors que le pays traverse une crise sécuritaire et économique sans précédent. En honorant Toussaint Louverture, symbole de résistance et d’unité nationale, le chef du gouvernement cherche peut-être à rappeler aux Haïtiens leur capacité à surmonter l’adversité. Pourtant, la mémoire du héros ne suffit pas à apaiser les manifestations contre la hausse des prix du carburant ni l’insécurité grandissante.
Les gestes mémoriels ont leur place, mais ils ne sauraient remplacer l’action concrète. Le peuple attend des décisions fortes : désarmement des gangs, maîtrise de l’inflation, dialogue social. Sans mesures tangibles, ces hommages risquent de paraître déconnectés des réalités quotidiennes. Toussaint Louverture lui-même était un homme d’action. Le Premier ministre gagnerait à s’en inspirer, non par des fleurs, mais par des réformes courageuses. La fierté nationale se reconstruit aussi par des résultats.


