Par Jean Wesley Pierre
Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique a pris une décision forte face à la recrudescence des enlèvements dans la capitale haïtienne. Depuis le 27 février 2026, la circulation des véhicules sans plaques d’immatriculation ou arborant des plaques anciennes non conformes est formellement interdite. Un ultimatum est donné aux propriétaires jusqu’au 6 mars 2026 pour régulariser leur situation, sous peine de sanctions.
Cette mesure n’est pas anodine. Dans un contexte où le département de l’ouest surtout les area de delmas est en proie à une vague de kidnappings sans précédent, les véhicules non identifiés constituent une faille majeure dans le dispositif de sécurité. Ils permettent aux criminels de circuler librement, de planifier leurs méfaits et de prendre la fuite sans pouvoir être identifiés.
En imposant une identification claire et visible de chaque véhicule, les autorités se donnent les moyens de tracer les déplacements suspects et d’identifier plus rapidement les auteurs d’actes criminels. La plaque d’immatriculation devient ainsi un outil de traçabilité au service des forces de l’ordre.
Les propriétaires de véhicules non conformés disposent d’un délai d’une semaine, soit jusqu’au 6 mars, pour se mettre en règle. Passé ce délai, des sanctions strictes seront appliquées.
Cette approche conjugue fermeté et pédagogie : le temps laissé aux contrevenants montre que l’État souhaite d’abord responsabiliser avant de réprimer.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les cas de kidnapping se multiplient à delmas, plongeant la population dans la psychose.
En restreignant la circulation des véhicules non identifiés, le gouvernement envoie un signal clair aux criminels : la clandestinité sur les routes n’est plus possible. C’est aussi un message de réconfort pour les citoyens, qui voient l’État se doter d’outils concrets pour les protéger.
Cette mesure, technique en apparence, revêt une dimension stratégique dans la lutte contre le grand banditisme. Elle s’inscrit dans une logique de contrôle renforcé de l’espace public, condition indispensable à la restauration de l’autorité de l’État. Reste à assurer son application rigoureuse sur le terrain.
Jean Wesley Pierre / Le Relief


