Par Jean Mapou
WASHINGTON.— Une juge fédérale américaine a autorisé, mardi, l’administration Trump à appliquer des frais exceptionnels de 100 000 dollars sur certains visas de travail très prisés, notamment dans le secteur technologique. Cette décision judiciaire entérine une mesure annoncée en septembre dernier, qui avait suscité une vive contestation de la part des milieux économiques et universitaires.
La mesure concerne les visas H-1B, destinés à des travailleurs étrangers hautement qualifiés, scientifiques, ingénieurs ou encore spécialistes en informatique, recrutés par des entreprises américaines. Ces visas constituent depuis des années un levier essentiel pour les industries technologiques et de recherche, confrontées à une pénurie de main-d’œuvre spécialisée sur le marché intérieur.
Depuis son premier mandat, Donald Trump a fait de la restriction de ces visas un axe central de sa politique migratoire, affirmant vouloir privilégier l’emploi des travailleurs américains et réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère qualifiée.
Face à cette décision, la Chambre de commerce des États-Unis, appuyée par l’Association des universités américaines (AAU), avait saisi la justice. Les plaignants estimaient notamment que l’instauration de frais aussi élevés ne relevait pas des prérogatives du président. Ils soulignaient également que les détenteurs de visas H-1B contribuent de manière significative à la productivité, à la prospérité et à l’innovation de l’économie américaine.
Dans son jugement, la juge fédérale Beryl Howell a rejeté ces arguments. Elle a estimé que le Congrès avait conféré au président de larges pouvoirs statutaires, dont celui-ci pouvait user pour promulguer une telle proclamation. Selon la magistrate, la mesure s’inscrit dans une logique de protection de la sécurité économique et nationale des États-Unis.
«Le Congrès a accordé au président de larges pouvoirs statutaires, dont il s’est servi pour traiter, de la manière qu’il juge appropriée, un problème qu’il estime relever de la sécurité économique et nationale», a-t-elle souligné.
La juge a conclu que la décision présidentielle, ainsi que sa mise en œuvre, étaient légales et résistaient aux recours introduits par les plaignants.
Cette validation judiciaire ouvre la voie à l’application effective de ces frais, qui pourraient profondément modifier l’accès des talents étrangers au marché du travail américain. Si l’administration y voit un outil de régulation et de protection de l’emploi national, ses détracteurs redoutent un affaiblissement de la compétitivité et de la capacité d’innovation des États-Unis dans des secteurs stratégiques.
Jean Mapou


