Par Jean Wesley Pierre
Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, et le président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, ont tenu une séance de travail ce mardi 31 mars 2026 à Port-au-Princes. La sécurisation du territoire pour permettre la tenue des prochaines compétitions électorales dans un climat acceptable était au cœur des échange, alors que plus d’une vingtaine de communes échappent encore au contrôle de l’État.
À l’approche des élections, les défis sécuritaires restent au premier plan des préoccupations des autorités haïtiennes. Réunis ce mardi au ministère de la Justice et de la Sécurité publique, le Dr Patrick Pélissier et le président du CEP, Jacques Desrosiers, ont fait le point sur les conditions de sécurité indispensables à la tenue du scrutin.
Selon le communiqué publié à l’issue de la rencontre, Jacques Desrosiers a salué les avancées enregistrées dans la planification du processus électoral, mais a alerté sur une difficulté majeure : l’incapacité de l’État à exercer son autorité dans une vingtaine de communes du pays. Ces zones, largement dominées par des gangs armés, représentent un obstacle de taille pour l’organisation d’élections libres et inclusives.
Le président du CEP a ainsi plaidé pour que les autorités gouvernementales mettent tout en œuvre afin de reprendre le contrôle de ces territoires avant le déroulement des compétitions.
En réponse, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique a réitéré la volonté du gouvernement de conduire le pays sur la voie des élections. Il a donné l’assurance que l’exécutif entend prendre « toutes les dispositions » nécessaires, avec l’appui de la Force de répression des gangs, pour créer un climat de sécurité acceptable.
« La détermination du gouvernement est totale », a martelé le ministre, selon le communiqué, tout en insistant sur la nécessité d’une coordination étroite entre les institutions impliquées dans le processus.
Pour cette séance de travail, le Dr Patrick Pélissier était accompagné de deux figures clés : Me Mosler Georges, expert en matière électorale, et l’Inspecteur général Fritz Saint-Fort, spécialiste du secteur de la sécurité. Leur présence témoigne de la volonté des deux parties d’aborder de manière technique et opérationnelle les défis liés à l’organisation du scrutin.
Si cette rencontre marque une étape importante dans la coordination entre le gouvernement et le CEP, elle soulève néanmoins des interrogations sur la faisabilité d’un scrutin dans les délais annoncés. La reprise du contrôle d’une vingtaine de communes, pour la plupart situées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et dans les départements de l’Artibonite et du Centre, représente un défi sécuritaire majeur pour les forces de l’ordre.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la capacité des autorités à sécuriser le territoire et à garantir des conditions de vote acceptables pour les électeurs et les acteurs du processus.


